28/11/2025
L'avis du secrétaire général de l'Union nationale des mutualités socialistes Solidaris ...
Les mesures prises concernant les malades de longue durée sont purement budgétaires et ne constituent ni une politique de santé, ni une politique d'accompagnement de retour au travail.
Les estimations budgétaires s’appuient sur une étude de l’INAMI, basée sur un échantillon de cas très spécifiques de 768 cas seulement, sur un total de 526 000 personnes. Dans cet échantillon non représentatif, les experts de l’INAMI divergeaient de l’avis des médecins-conseils dans 17 % des cas. Selon ces experts, ces 17 % de personnes pouvaient reprendre le travail. Le gouvernement a ensuite extrapolé ce chiffre en estimant que 20 % de l’ensemble des malades pourraient, eux aussi, retourner au travail.
Un raisonnement douteux et plus que contestable.
Cette mesure ne fonctionnera jamais, à moins de forcer les malades à retourner au travail contre l’avis des médecins.
Mais le vrai problème ce ne sont pas les malades, c'est le travail qui les rend malades. Le gouvernement résume, dans un son budget, le paradoxe fondamental de son approche. D'un côté, il renforce les contrôles et multiplie les sanctions contre celles et ceux qui ne reviennent pas assez vite au travail. De l'autre, il aggrave les causes structurelles de la maladie : flexibilité, travail de nuit et le dimanche, allongement des carrières, suppression d’emplois dans le non-marchand et les services publics qui alourdit la pression pour ceux qui restent, etc.
Ce sont des pyromanes déguisés en pompiers: ils allument l'incendie et puis punissent les victimes en les rendant responsables.
72 % des personnes en incapacité travaillaient dans des secteurs à hauts risques professionnels. Ces secteurs regroupent la majorité des emplois en pénurie aujourd’hui : construction, transports, soin, HORECA, nettoyage… Ce sont dans ces secteurs que l’Arizona souhaite envoyer, sans amélioration structurelle, 180 000 personnes exclues du chômage, en 2026 et 100 000 personnes malades. Pour rappel, 63 % des malades ont plus de 50 ans.
Il y a là un risque élevé de fabriquer les malades de demain.
Pour diminuer le nombre de malades de longue durée, le travail doit s'adapter aux besoins de l'humain, pas l'inverse.
1️⃣ Pour guérir les personnes déjà malades, il faut investir davantage dans des accompagnements réellement humains.
2️⃣ Il faut s’attaquer aux causes :
- Il faut arrêter les mesures d’austérité et de flexibilité qui rendent les travailleurs malades.
- Ensuite, il faut améliorer fortement les conditions de travail, avec des mesures particulièrement ambitieuses dans les secteurs les plus pénibles.
- Enfin, il faut repenser la fin de carrière.
Un travail qui rend heureux est un travail qui respecte le corps, la tête, et qui contribue positivement à la société. Notre société n’a jamais été aussi riche. Nous pouvons le faire.