04/11/2025
Welcome to Derry – Épisode 2 (avec spoilers) 🤡🎈
L’épisode reprend immédiatement après le choc final du premier. Pas de rêve, pas d’illusion : trois enfants ont bien été tués. On reste collé à la survivante, Ronnie Grogan, encore traumatisée.
Très vite, une scène marque les esprits : Ronnie se retrouve face à une vision terrifiante de sa propre mère, difforme, monstrueusement agrandie, comme si son corps avait été étiré au-delà de toute logique.
Dans cette hallucination, la mère enfle jusqu’à remplir la pièce et Ronnie est littéralement expulsée de son corps, projetée au sol comme lors d’un accouchement. Une mise en scène organique, dérangeante, qui détourne l’image de la naissance pour en faire un cauchemar à la Cronenberg. C’est viscéral, symbolique et franchement perturbant.
L’épisode se recentre ensuite sur sa réalité : Ronnie est la fille de Hank Grogan, employé au cinéma de la ville, désormais considéré comme le suspect numéro un dans la disparition des enfants.
Le surnaturel continue de s’immiscer partout. L’entité prend plusieurs formes : mère déformée, silhouettes dans l’obscurité, murmures d’égouts… Mais la scène du supermarché reste l’autre grand moment : des bocaux de cornichons contiennent des formes organiques non identifiables, comme des morceaux de chair ou de créatures difformes. Le tout évoque un cauchemar éveillé, renforcé par un clin d’œil évident à Les Griffes de la nuit avec la langue sortant du combiné téléphonique. Et détail savoureux : la marque des bocaux est la même que dans Shining.
Du côté de la base militaire, l’enquête progresse. L’épisode se termine sur la découverte d’une voiture immergée pleine de cadavres, probablement ceux de l’épisode 1 (l’introduction).
Visuellement, ça reste impeccable : une photo sombre, sale, maîtrisée. Pas de Pennywise clownesque pour l’instant, mais ce n’est pas un manque : la série compense par des visions, des monstruosités et un body horror assumé.
À ce stade, deux épisodes, et Welcome to Derry n’a pas faibli.
Texte de Jean-Louis Colaci.