07/09/2026
Critique de film : EVIL DEAD BURN
De : Sébastien Vaniçek
Année : 2026
Genre : Horreur
Pays : États-Unis
Attention, la critique qui va suivre est rédigée par un fan hardcore de la saga, du genre à se pointer dans la salle de ciné avec son t-shirt Evil Dead (l'original). Cet avis sera donc certainement biaisé et manquera sûrement d'objectivité, après tout, mon travail ici consiste à vous donner envie de voir des films, logique donc qu'une petite quantité d'affect rentre en compte dans mon appréciation globale de l'œuvre.
Pour les ignares ne connaissant pas la saga EVIL DEAD, c'est non seulement une des rares à ne comporter aucun mauvais film en 6 longs-métrages et 1 série de 3 saisons, mais en plus, l'œuvre originelle de base, est pour moi le meilleur film d'horreur de tout les temps, grâce à son inventivité f***e.
Normal donc d'être présent au rendez-vous pour ce 6ème opus : EVIL DEAD BURN, réalisé par le français Sébastien Vaniçek, à qui l'on doit l'excellent VERMINES (2023 déjà), et co-écrit par son comparse Florent Bernard (petite fierté régionale), tout en étant adoubé par messires Sam Raimi et Bruce Campbell, qu'on retrouve ici à la production. Une belle équipe pour un film qui tient toutes ses promesses.
Les attentes étaient énormes, la crainte de la déception également, mais bien heureusement, ce EVIL DEAD BURN surpasse de loin toutes mes espérances. Quel plaisir immense, pour moi le meilleur film de l'année, et pourtant j'écris ces lignes au lendemain du visionnage, à froid, après avoir pris du recul sur l'excitation à la sortie de projection.
Pour ce sixième opus, nouveaux décors, nouveaux personnages, tout en gardant un lien ténu avec l'ensemble de la saga, comme on le découvrira au fil du récit, parfois lors de très courts clins d'œils dissimulés avec subtilité. À ce propos, je vous conseille vivement de rester pour la scène post-générique qui relance l'intrigue pour une éventuelle suite (déjà prévue pour l'an prochain, ça va s'appeler EVIL DEAD WRATH). Mais il y a également une autre scène post-post-générique qui sert de liant avec un autre épisode de la saga, je ne vous dit pas lequel, restez bien jusqu'au bout.
Pour ce nouvel épisode d'Evil Dead, l'intrigue se déroule comme pour le précédent dans un cadre familial, puisqu'on retrouve une famille endeuillée par la perte mystérieuse d'un de leur fils, qui se réunit dans leur lugubre demeurre laissée à l'abandon pour un dernier au-revoir, qui ne va évidement pas se passer comme prévu.
Comment faire du neuf et relancer la mythologie autour du maudit Necronomicon avec des éléments nouveaux, tout en restant fidèle à l'esprit Evil Dead ? C'est là toute la tâche ardue à laquelle s'attaque ce petit génie de l'horreur qu'est Sébastien Vaniçek, qui apporte là sa "french touch" à une saga qui débordait déjà d'inventivité et de créativité.
Et quel travail incroyable il accomplit ici.
Le film déborde de créativité et d'idées de mise en scène absolument géniales, du dîner de famille qui installe une tension palpable jusqu'au point de non retour (grosse inspiration MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE), à ce plan-séquence mythique où la caméra suit l'héroïne qui rampe à même le sol pendant que le chaos s'abat autour d'elle, quasiment tout le film est baigné dans une fougue démesurée et une envie de se défouler, sans pour autant faire dans la surenchère. EVIL DEAD BURN n'est pas le plus sanglant ni le plus gore de la saga, mais c'est de loin le plus viscéral et le plus extrême.
Une déferlante de violence se déchaîne de façon quasi ininterrompue du début à la fin dans un rythme effréné absolument dingue.
Les seuls moments de répit, si on peut appeler ça du répit, sont les quelques dialogues assez minces mais plutot bien écrits pour saisir l'intrigue et les intentions des personnages, qui laissent place parfois aux quelques sursauts d'humour dont on est coutumier avec Evil Dead.
Mais bon c'est pas franchement le plus fendard de la saga, et son ton très sérieux égale presque la méchanceté du remake de 2013.
Le récit est concis, simplifié pour plaire aux néophytes, mais colle à merveille à la mythologie originale, sans trop rentrer dans les détails, ni chercher à développer une histoire trop complexe qui aurait décrédibilisé les épisodes précédents. Moins on creuse le sujet, mieux c'est, ça évite de tomber dans le ridicule, le réalisateur vise pile là où il fallait. Et ça fait un bien fou, c'est exactement dans cette direction qu'Evil Dead garde son attractivité et son intérêt.
Et la french touch dans tout ça ? Honnêtement, l'équipe du film s'en sort avec les honneurs, en insufflant une énergie incroyablement débridée propre à l'horreur moderne "à la française", tout en conservant la recette de ce qui a fait le succès de la franchise.
On sent que le réal a pris un pied énorme à faire ce film, et qu'il y a mis toute sa hargne et sa générosité. EVIL DEAD BURN prend une direction radicalement opposée à EVIL DEAD RISE, son grand frère, en traitant approximativement le même sujet, la famille éclatée, mais d'une façon totalement différente.
De ce côté là, il éclipse carrément son prédécesseur quasiment à tout les niveaux, narration, mise en scène, réalisation. Peut être un peu moins généreux en hémoglobine, mais foutrement plus viscéral. Ça fait mal au bide dans tous les sens du terme, vraiment.
Je suis sincèrement navré de n'avoir pas parlé des défauts du film, à part un final un poil en dessous du reste du massacre, on va quand même pas faire la fine bouche, ça reste hautement divertissant, et bien bourrin jusqu'au bout (tronçonneuse ou marteau-piqueur ?).
La photographie en teintes ternes pourra également en déconcerter quelques uns, surtout avec BURN dans le titre on s'attend à du rouge vif évoquant les flammes de l'enfer, comme l'avait fait RISE, ou bien le final du remake. Là on est plus sur du gris maladif, qui retransmet à la perfection le côté malédiction/mal insidieux qui s'agrippe au malheur des gens pour leur faire vivre un enfer, littéralement. Une petite touche bien vue, qui rappelle VERMINES, et son immeuble délabré infesté d'araignées.
Le sous texte sur les secrets familiaux et les violences conjugales est également trop brièvement évoqué, et pas franchement subtil, on comprend très vite que la final girl va devoir affronter ses propres démons, en plus de ceux libérés par la lecture du livre maudit.
Quelques petits défauts qui au final ont leur charme, et s'imbriquent parfaitement dans ce que voulait faire Sébastien Vaniçek de sa version personnelle, débridée et généreuse d'Evil Dead. Ce EVIL DEAD BURN brille par sa déferlante de méchanceté, bien aidé par des idées croustillantes de mise en scène, et viscéralement douloureuses de ce qu'est sa vision du mythe. Une saga qui a appris à se renouveler en tentant diverses approches, toujours pertinentes, tout en restant fidèle à sa sacro-sainte trilogie originelle. On redemanderait presque du rab, tiens.
Mon excitation n'est pas redescendue et j'ai déjà envie de le revoir 24h plus t**d, tellement je n'en revient pas d'avoir assister à un film d'horreur aussi parfait, qui comble mes attentes exactement de la façon dont je m'y attendais et même au delà.
Sébastien Vaniçek est déjà un grand nom de l'horreur, on le savait avec VERMINES, il confirme de la plus belle des manières avec EVIL DEAD BURN.
Quel plaisir incommensurable, vive l'horreur, vive Evil Dead, définitivement la meilleure saga d'horreur de tous les temps, indémodable, en constante évolution, dont les différents réalisateurs qui se sont succédés récemment arrivent à s'approprier à merveille le mythe, en y incorporant leur vision d'artistes.
Ma note : 9/10
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