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Critique de film : SWEETNESSDe : Emma HigginsAnnée : 2026Genre : ThrillerPays : CanadaAprès s’être fait la main sur des ...
07/21/2026

Critique de film : SWEETNESS
De : Emma Higgins
Année : 2026
Genre : Thriller
Pays : Canada

Après s’être fait la main sur des vidéos de clip musicaux, la canadienne Emma Higgins s’essaie enfin à la réalisation d’un long-métrage, et si elle conserve les codes de la pop culture pour édulcorer son thriller dramatique, c’est pour mieux illustrer ce mal de notre époque qu’est la frustration émotionnelle. SWEETNESS est-il donc un simple plagiat assumé de MISERY, où une proposition innovante qui mérite le coup d’œil ?

Nous suivons une adolescente mal dans sa peau et plutôt solitaire, qui par un concours de circonstances, va recueillir le chanteur dont elle est fan, et prendre soin de lui, après qu'il ait fait une overdose. Mais le fanatisme maladif de la jeune fille va rapidement prendre le dessus sur ses bonnes intentions, et la mener dans une folie destructrice.
Oui, vu comme ça c’est carrément du MISERY sauce teen movie, mais par chance, la réalisatrice arrive à en faire autre chose qu’un simple hommage tourné à sa façon.
Car je cite MISERY, mais les influences sont bien plus nuancées que ça. On pourrait très bien faire la comparaison avec BECKY et son héroïne adolescente badass qui n’a pas froid aux yeux, où bien encore JENNIFER’S BODY, pour le début du film, et son rapport au fanatisme et à l’idolâtrie.

Il n’en demeure pas moins que SWEETNESS, derrière ses faux airs naïfs de pellicule adolescente, aux couleurs rose-bonbon et à la BO très typée feuilleton américain, cache un véritable thriller tendu, qui ne fait pas dans la demi-mesure, et sait être cruel avec ses personnages quand il le faut, comme dans un roman de S.King en fait, on en revient à notre point de départ.
Le discours sur les fans toxiques est un peu ambigu, contrairement à celui sur l'abus de drogue, ou de la dépendance affective pour surmonter un deuil, qui eux enfoncent des portes ouvertes. À ce propos, la fin du film prend de grosses facilités avec son scénario, ce qui pourra en décontenancer certains.

En ce qui concerne le jeu d’acteur, on retiendra surtout la prestation solide de Kate Hallett dans le rôle de l’ado perturbée et instable, mais diablement maligne, ça ne m’étonnerait guère qu'on la revoit dans de plus grosses productions dans les années à venir. Son personnage égocentrique et manipulateur porte à lui tout seul le récit d’une descente aux enfers inéluctable.
Le script glisse de plus en plus vers l’imprévisible, même s’il ne s’épargne pas quelques invraisemblances douteuses, certains rebondissements sont parfois poussifs, limite outranciers. Ça reste cependant un agréable divertissement avec son lot d’idées tordues, et pour une petite production, la mise en scène est vraiment soignée, rappelons quand même que la réalisatrice vient du milieu du clip musical.

En définitive, SWEETNESS, s’il n’arrive pas vraiment à se détacher de ses influences et qu'il pêche parfois par trop de facilités dans sa narration, est toutefois un divertissement pas si désagréable, qui ose aller au bout de ses idées, et rien que pour ça il mérite un peu de considération.
Plus divertissant et moins long que le TRAP de Shyamalan, dans le genre film qui utilise comme décors un concert et une imagerie pop très adolescente, il est avant tout un reflet du malaise de cette société autocentrée sur elle même, qui n’accepte plus la frustration et le refus.
L’idée est intéressante, le talent de réalisation bien présent, avec un peu plus de moyens et une écriture plus travaillée, l’exécution aurait pu être excellente, mais ce n’est qu’un premier film, tout est perfectible.

Ma note : 6/10

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Critique de film : SUNSET STRIP KILLERSDe : Chad FerrinAnnée : 2026Genre : ThrillerPays : États-UnisPetite découverte, p...
07/19/2026

Critique de film : SUNSET STRIP KILLERS
De : Chad Ferrin
Année : 2026
Genre : Thriller
Pays : États-Unis

Petite découverte, pour ma part, avec ce réalisateur complètement inconnu, dont je n'avais jamais entendu parler, qui sort ici un film de serial killer inspiré d’une histoire vraie.
Après avoir pris quelques renseignements sur le bonhomme, il est coutumier du fait, puisqu'il a déjà réalisé le même genre de film en 2022 avec PIG KILLER, et son dernier travail est un biopic sur le tueur en série ED KEMPER. Il a déjà aussi œuvré sur des slashers avec NIGHT CALLER et SCALPER. Autant de péloches restées dans l’anonymat le plus total, en tout cas mal distribuées hors US, et apparemment de piètre qualité, si l’on en croît leur notation ImDB.
Alors de quoi est fait ce SUNSET STRIP KILLERS, film de tueur en série au nom sans équivoque, qui s’inspire de l’histoire réelle de Doug Clark et Carol Bundy ?

Los Angeles, années 80, un couple sème la terreur auprès des prostituées et autres filles de joie des quartiers sulfureux. Sous les néons des strip clubs, un tueur en série maniaque, entraîne sa compagne dans une folie meurtrière semant la terreur dans la ville.
Voilà donc une histoire vraie, celle de Doug Clark et Carol Bundy, un couple de dangereux criminels, dont le récit oublié de cette grande et longue histoire qu’entretiennent les États-Unis avec les tueurs en série, est ici abordé du point de vue de Carol Bundy. Cette infirmière quinquagénaire sans grande histoire, va être prise sous son aile par le charismatique Doug Clark, ingénieur du son de métier, mais qui cache un terrifiant secret, puisqu'il est émotionnellement très instable et en proie à des pulsions violentes.

Une histoire vraie, un parti prit d’exploiter le récit au plus près du quotidien d’un dangereux psychopathe, et une violence graphique et crue suffisent-ils à faire un bon film de serial killer ?
Non, assurément pas, tant la réalisation souffre ici d’un amateurisme flagrant, tant au niveau de l’écriture, que de la mise en scène. On tient peut être là la réponse à pourquoi ce réalisateur n’a jamais connu le succès. SUNSET STRIP KILLER a tout de la petite production indé confidentielle, trop poussive pour plaire aux amateurs du genre, et à l’inverse, trop rentre-dedans et viscérale pour faire office de feuilleton télé "truecrime" destiné à la ménagère.
Le film est constamment le cul entre deux chaises, et bo**el que c'est énervant.

On ne lui reprochera pas d’aller loin dans le démonstratif, les scènes de meurtres sont assez explicites et pour le coup surprenantes, elle dénotent presque avec le ton très documentaire du film. Le récit est linéaire, monotone, pas franchement aidé par deux personnages principaux qui sont ici campés par des acteurs qui n’y croient pas vraiment et rendent le minimum syndical. Pour les personnages secondaires c’est encore pire, on a ce désagréable sentiment qu’ils sont juste là pour remplir des cases.
Une narration sans surprise donc, si ce n’est dans l’épopée meurtrière et sanguinolante de ce couple de criminels, de la première rencontre au dénouement, on sait exactement à quoi s’en tenir, reste que les exécutions apportent quand même un peu de spectacle.

Pas grand chose d’intéressant à en retenir donc, à part de la violence graphique, mais aussi psychologique. Il y a un aspect intéressant qui est exploité dans la personnalité des deux criminels. D’un côté, elle, se retrouve sous l’emprise de son conjoint, victime de sa manipulation, et de l’autre, lui, confronté à ses propres démons, perd peu à peu le contrôle de la situation. Les rôles s’inversent petit à petit, à mesure que leur relation évolue, la violence augmente exponentiellement avec la complexité de leur amour victime/bourreau.

Une petite pellicule sans grande ambition autre que de spéculer sur une histoire vraie pour tenter d’en faire du sensationnel, SUNSET STRIP KILLER, rempli son contrat de divertissement moyen pour combler les trous dans un catalogue de plate-forme (ici Apple TV). Un film qui ressemble plus à une commande de producteurs plutôt qu’à une œuvre personnelle, de la part d’un réalisateur qui restera dans l’anonymat. Pourtant, les tentatives d’incursion dans le cinéma de genre sont à souligner, mais l’effet retombe vite à plat. Une façon assez veine de traiter le sujet de l’obsession et de l’emprise psychologique entre une victime et son agresseur.

Ma note : 4/10

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Critique de film : BLACK BOXDe : Steven QualeAnnée : 2026Genre : Science-Fiction/ThrillerPays : États-UnisJe n'aime pas ...
07/15/2026

Critique de film : BLACK BOX
De : Steven Quale
Année : 2026
Genre : Science-Fiction/Thriller
Pays : États-Unis

Je n'aime pas dire du mal des films en temps normal, je vais donc essayer de parler en bien de ce film catastrophe, qui n'en pas totalement une, mais qui ne vole toutefois vraiment pas haut, sans mauvais jeu de mot.
Steven Quale est certainement un réalisateur dont le nom ne vous dit rien, pourtant c'est à lui qu'on doit DESTINATION FINALE 5, son seul fait d'arme honorable. À part ça, il a réalisé quelques séries B à petit budget, pas nanardesques, mais pas loin. On lui doit entre autres: le très médiocre BLACK STORM, film catastrophe lamba avec CGI bas de gamme, pas mieux avec ALPHAS et ses orques tueuses, l'actioner débilos BRAQUEURS D'ÉLITE, sans oublier son tout premier film, le soporifique SUPERFIRE, où des pompiers combattent un incendie pendant 3 putains d'heures et demi !

Pas le plus qualitatif ni le plus talentueux des réals me direz vous, et pourtant, je me suis laissé séduire par ce BLACK BOX, film de catastrophe aérienne, notamment grâce à son affiche alléchante, avec ces tentacules évoquant la cosmogonie lovecraftienne. Uniquement grâce à ça en fait.
On suit donc les dernières heures des passagers d'un vol, d'abord par le biais de leurs téléphones portables retrouvés, puis ensuite de façon plus conventionnelle et cinématographique, dont l'avion a rompu tout contact avec l'extérieur après avoir traversé un violent orage.
Un petit thriller mélangeant horreur et science-fiction, sans grandes ambitions, si ce n'est de divertir l'amateur de péloche anonyme, du genre qu'on trouve en dvd à 1€ dans les boutiques de reventes.

Car BLACK BOX, s’il rempli son contrat de série B vite oubliable, au mieux un brin divertissante, ne brille sincèrement pas par ses qualités.
On exclura d’avance les mauvais effets spéciaux et les créatures en CGI dégueulasses, ce n’est pas franchement un défaut quand on parle d’un film de ce calibre, c’est même la normalité. On ne parlera pas non plus de la direction d’acteur inexistante ni du jeu digne d’un feuilleton télé, avec évidemment son lot de clichés dans la distribution des rôles.
Inutile non plus de fustiger la photographie ultra moche, ni la narration trop naïve, limite complotiste si l’on prend le film au premier degré.
On ne va pas tirer sur l’ambulance, on sait à quoi s’attendre avec ce genre de film, on peut trouver de la beauté dans la laideur, et ce n’est pas les spectateurs qui ont déjà vu DES SERPENTS DANS L’AVION qui me contrediront.

Mais que reste t-il alors à BLACK BOX pour qu’on puisse en tirer quelque-chose de positif. Et bien sincèrement... difficile de lui trouver des qualités.
Une fois écartés tout les défauts précédemment cités, même en activant notre "suspension consentie d’incrédulité", on peine à passer un bon moment.
Même au niveau du rythme, le film est lent à se mettre en place, l’exposition des personnages est horriblement et inutilement trop longue. Heureusement que l’action s’accélère dans la seconde partie pour livrer un récit, convenu, mais toutefois pas si déplaisant à se dénouer.
Avec une fin pessimiste qui fait franchement plaisir à voir, le clou aurait été enfoncé avec une "happy end hollywoodienne et son super héros patriotique qui libère la nation". Là ça se termine mal, et c’est temps mieux. Désolé du spoil, mais honnêtement vous ne ratez pas grand chose.

Dans la droite lignée de ses films précédents, Steven Quale nous pond avec BLACK BOX, un énième film fantastique à petit budget, au demeurant très médiocre, mais qui se prend trop au sérieux pour se catégoriser comme un nanar, c’est franchement décevant. Si le propos général du long-métrage reste sombre, son manque cruel de moyens et surtout d’ambition, décrédibilise l’ensemble, quitte à faire dans la série B, autant y aller franco dans le too-much, après tout on est dans un huis clos aérien, on aurait pu se permettre de grosse libertés scénaristiques, mais non.

BLACK BOX se prend trop au sérieux pour se qu'il raconte, et de la façon dont il le raconte. Un thriller baigné dans une ambiance cosmique, qui n’a pas les moyens d’aller sur le terrain onéreux de la science-fiction dans l’espace (ou du moins en altitude).
Je doute sincèrement qu’à part les amateurs de raretés anonymes fantastiques tout juste assez médiocres pour une sortie DTV, ce film ne trouve jamais son public, car même en prenant énormément de recul et de dérision, on ne passe pas un bon moment, dommage il y avait un petit potentiel à exploiter.
Si je peux vous aiguiller vers d’autres films "aériens" dans la même veine, mais autrement plus qualitatifs et divertissants, je vous conseille vivement PLANE DEAD et ses zombies dans l’avion, où bien encore le segment Live And Let Dive dans V/H/S BEYOND, nettement plus fun (et en plus dispo gratuitement sur Youtube).

Ma note : 3/10

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Possession, L'Antre de la Folie, Event Horizon, Jurassic Park, etc...RIP SAM NEILL
07/13/2026

Possession, L'Antre de la Folie, Event Horizon, Jurassic Park, etc...
RIP SAM NEILL

C’est avec une tristesse infinie que nous disons adieu à Sam Neill, acteur légendaire dont la filmographie, en particulier dans le cinéma de genre, est proprement hallucinante : Possession d'Andrzej Żuławski (1981), Calme blanc de Phillip Noyce/George Miller (1989), À la poursuite d'Octobre rouge de John McTiernan (1990), Les Aventures d'un homme invisible de John Carpenter (1992), Jurassic Park de Steven Spielberg (1993), L'Antre de la folie de John Carpenter (1994), Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà de Paul W. S. Anderson (1997)… Le comédien, né en Irlande mais néo-zélandais de cœur, a imprimé la pellicule de sa personnalité minérale et de son humour pince-sans-rire. Il était par ailleurs féru de vin (il possédait ses propres vignobles) et fervent militant de la cause écologique, à travers de multiples engagements et des participations à des documentaires. Il s’est éteint ce 13 juillet à Sydney, après avoir annoncé en avril 2026 qu’il avait vaincu son cancer du sang. Il avait 78 ans.

Critique de film : EVIL DEAD BURNDe : Sébastien VaniçekAnnée : 2026Genre : HorreurPays : États-UnisAttention, la critiqu...
07/09/2026

Critique de film : EVIL DEAD BURN
De : Sébastien Vaniçek
Année : 2026
Genre : Horreur
Pays : États-Unis

Attention, la critique qui va suivre est rédigée par un fan hardcore de la saga, du genre à se pointer dans la salle de ciné avec son t-shirt Evil Dead (l'original). Cet avis sera donc certainement biaisé et manquera sûrement d'objectivité, après tout, mon travail ici consiste à vous donner envie de voir des films, logique donc qu'une petite quantité d'affect rentre en compte dans mon appréciation globale de l'œuvre.
Pour les ignares ne connaissant pas la saga EVIL DEAD, c'est non seulement une des rares à ne comporter aucun mauvais film en 6 longs-métrages et 1 série de 3 saisons, mais en plus, l'œuvre originelle de base, est pour moi le meilleur film d'horreur de tout les temps, grâce à son inventivité f***e.
Normal donc d'être présent au rendez-vous pour ce 6ème opus : EVIL DEAD BURN, réalisé par le français Sébastien Vaniçek, à qui l'on doit l'excellent VERMINES (2023 déjà), et co-écrit par son comparse Florent Bernard (petite fierté régionale), tout en étant adoubé par messires Sam Raimi et Bruce Campbell, qu'on retrouve ici à la production. Une belle équipe pour un film qui tient toutes ses promesses.

Les attentes étaient énormes, la crainte de la déception également, mais bien heureusement, ce EVIL DEAD BURN surpasse de loin toutes mes espérances. Quel plaisir immense, pour moi le meilleur film de l'année, et pourtant j'écris ces lignes au lendemain du visionnage, à froid, après avoir pris du recul sur l'excitation à la sortie de projection.
Pour ce sixième opus, nouveaux décors, nouveaux personnages, tout en gardant un lien ténu avec l'ensemble de la saga, comme on le découvrira au fil du récit, parfois lors de très courts clins d'œils dissimulés avec subtilité. À ce propos, je vous conseille vivement de rester pour la scène post-générique qui relance l'intrigue pour une éventuelle suite (déjà prévue pour l'an prochain, ça va s'appeler EVIL DEAD WRATH). Mais il y a également une autre scène post-post-générique qui sert de liant avec un autre épisode de la saga, je ne vous dit pas lequel, restez bien jusqu'au bout.

Pour ce nouvel épisode d'Evil Dead, l'intrigue se déroule comme pour le précédent dans un cadre familial, puisqu'on retrouve une famille endeuillée par la perte mystérieuse d'un de leur fils, qui se réunit dans leur lugubre demeurre laissée à l'abandon pour un dernier au-revoir, qui ne va évidement pas se passer comme prévu.
Comment faire du neuf et relancer la mythologie autour du maudit Necronomicon avec des éléments nouveaux, tout en restant fidèle à l'esprit Evil Dead ? C'est là toute la tâche ardue à laquelle s'attaque ce petit génie de l'horreur qu'est Sébastien Vaniçek, qui apporte là sa "french touch" à une saga qui débordait déjà d'inventivité et de créativité.

Et quel travail incroyable il accomplit ici.
Le film déborde de créativité et d'idées de mise en scène absolument géniales, du dîner de famille qui installe une tension palpable jusqu'au point de non retour (grosse inspiration MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE), à ce plan-séquence mythique où la caméra suit l'héroïne qui rampe à même le sol pendant que le chaos s'abat autour d'elle, quasiment tout le film est baigné dans une fougue démesurée et une envie de se défouler, sans pour autant faire dans la surenchère. EVIL DEAD BURN n'est pas le plus sanglant ni le plus gore de la saga, mais c'est de loin le plus viscéral et le plus extrême.
Une déferlante de violence se déchaîne de façon quasi ininterrompue du début à la fin dans un rythme effréné absolument dingue.

Les seuls moments de répit, si on peut appeler ça du répit, sont les quelques dialogues assez minces mais plutot bien écrits pour saisir l'intrigue et les intentions des personnages, qui laissent place parfois aux quelques sursauts d'humour dont on est coutumier avec Evil Dead.
Mais bon c'est pas franchement le plus fendard de la saga, et son ton très sérieux égale presque la méchanceté du remake de 2013.
Le récit est concis, simplifié pour plaire aux néophytes, mais colle à merveille à la mythologie originale, sans trop rentrer dans les détails, ni chercher à développer une histoire trop complexe qui aurait décrédibilisé les épisodes précédents. Moins on creuse le sujet, mieux c'est, ça évite de tomber dans le ridicule, le réalisateur vise pile là où il fallait. Et ça fait un bien fou, c'est exactement dans cette direction qu'Evil Dead garde son attractivité et son intérêt.

Et la french touch dans tout ça ? Honnêtement, l'équipe du film s'en sort avec les honneurs, en insufflant une énergie incroyablement débridée propre à l'horreur moderne "à la française", tout en conservant la recette de ce qui a fait le succès de la franchise.
On sent que le réal a pris un pied énorme à faire ce film, et qu'il y a mis toute sa hargne et sa générosité. EVIL DEAD BURN prend une direction radicalement opposée à EVIL DEAD RISE, son grand frère, en traitant approximativement le même sujet, la famille éclatée, mais d'une façon totalement différente.
De ce côté là, il éclipse carrément son prédécesseur quasiment à tout les niveaux, narration, mise en scène, réalisation. Peut être un peu moins généreux en hémoglobine, mais foutrement plus viscéral. Ça fait mal au bide dans tous les sens du terme, vraiment.

Je suis sincèrement navré de n'avoir pas parlé des défauts du film, à part un final un poil en dessous du reste du massacre, on va quand même pas faire la fine bouche, ça reste hautement divertissant, et bien bourrin jusqu'au bout (tronçonneuse ou marteau-piqueur ?).
La photographie en teintes ternes pourra également en déconcerter quelques uns, surtout avec BURN dans le titre on s'attend à du rouge vif évoquant les flammes de l'enfer, comme l'avait fait RISE, ou bien le final du remake. Là on est plus sur du gris maladif, qui retransmet à la perfection le côté malédiction/mal insidieux qui s'agrippe au malheur des gens pour leur faire vivre un enfer, littéralement. Une petite touche bien vue, qui rappelle VERMINES, et son immeuble délabré infesté d'araignées.
Le sous texte sur les secrets familiaux et les violences conjugales est également trop brièvement évoqué, et pas franchement subtil, on comprend très vite que la final girl va devoir affronter ses propres démons, en plus de ceux libérés par la lecture du livre maudit.

Quelques petits défauts qui au final ont leur charme, et s'imbriquent parfaitement dans ce que voulait faire Sébastien Vaniçek de sa version personnelle, débridée et généreuse d'Evil Dead. Ce EVIL DEAD BURN brille par sa déferlante de méchanceté, bien aidé par des idées croustillantes de mise en scène, et viscéralement douloureuses de ce qu'est sa vision du mythe. Une saga qui a appris à se renouveler en tentant diverses approches, toujours pertinentes, tout en restant fidèle à sa sacro-sainte trilogie originelle. On redemanderait presque du rab, tiens.
Mon excitation n'est pas redescendue et j'ai déjà envie de le revoir 24h plus t**d, tellement je n'en revient pas d'avoir assister à un film d'horreur aussi parfait, qui comble mes attentes exactement de la façon dont je m'y attendais et même au delà.
Sébastien Vaniçek est déjà un grand nom de l'horreur, on le savait avec VERMINES, il confirme de la plus belle des manières avec EVIL DEAD BURN.
Quel plaisir incommensurable, vive l'horreur, vive Evil Dead, définitivement la meilleure saga d'horreur de tous les temps, indémodable, en constante évolution, dont les différents réalisateurs qui se sont succédés récemment arrivent à s'approprier à merveille le mythe, en y incorporant leur vision d'artistes.

Ma note : 9/10

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Critique de film : BODYCAMDe : Brandon ChristensenAnnée : 2026Genre : Horreur/Found-FootagePays : CanadaCeux qui me lise...
07/03/2026

Critique de film : BODYCAM
De : Brandon Christensen
Année : 2026
Genre : Horreur/Found-Footage
Pays : Canada

Ceux qui me lisent habituellement savent que j’ai de la sympathie pour le réalisateur canadien Brandon Christensen, puisque j’ai récemment chroniqué son précédent film sorti fin 2025, NIGHT OF THE REAPER, un honnête slasher en hommage direct à l'âge d’or du genre dans les années 80. C’est à lui qu'on doit également l’excellent SUPERHOST, un found footage datant de 2021 déjà, de loin son meilleur film.
Il revient donc pour son sixième film en à peine 10 ans, avec cette fois-ci encore un found footage, pas des plus originaux, mais suffisamment correct pour qu'on s'y att**de.

BODYCAM, comme son nom l’indique, suit une intervention policière dans un logement d’un quartier marginal, suite à une dispute conjugale. Lorsque l’un des deux agents de police fait une bavure, il tente alors de dissimuler son acte, mais il semblerait que la brigade d’intervention soit épiée par quelque chose qui les dépasse.
Rien de bien nouveau, on n’est pas du tout dans un film qui va chercher à réinventer le genre, mais plutôt à jouer sur les variations qu’offrent le principe du found footage.
C’est à dire que l’action se passe quasiment en temps réel, et est suivie par le spectateur par l’intermédiaire des 2 bodycams, ces caméras embarquées fixées sur les poitrines des policiers, censées enregistrer les interventions, ainsi que de la dashcam de leur véhicule, comme caméra d’appoint.

S’il pêche par un manque d’originalité, on croirait voir un segment de la saga V/H/S étiré sur la durée d’un long-métrage, on se concentrera plus sur l’exécution, qui elle, est assez réussie. On passera évidemment sur les inévitables clichés du film de possession, et les jumpscares pas vraiment subtils, pour se focaliser sur la cohérence de l’ensemble. D’un postulat de base pas très novateur, le réalisateur arrive à en tirer une intrigue qui tient la route, sans temps mort, ce qui fait qu’on accroche très vite à l’histoire et qu’on suit facilement le développement du récit, encore une fois cousu de fil blanc certes, mais pas déplaisant pour autant. Un film d’horreur qui se regarde très facilement en somme.

D’où le défaut principal de BODYCAM, s’il est très simple à regarder, il ne laisse pour autant pas un souvenir impérissable, le genre de film qu’on oublie très vite. Même s'il se veut assez sérieux et pas avare en scènes de flippe, difficile de le voir sortir du lot, par manque d’ambition et de moyens bien sûr, mais surtout dans ce genre précis de l’horreur, aucune scène ni image n’est vraiment impactante au point de donner des cauchemars. Ce qui est plutôt ennuyant pour du found footage, un genre qui regorge de pellicules amateures à la qualité discutables, mais où il est très difficile de tirer son épingle du jeu.
Soit les films brillent par leur authenticité, leur sincérité, soit à l’inverse, certaines images marquantes imprègnent durablement la mémoire. Ce film se situe malheureusement un peu entre les deux.

Sans être une totale déception, BODYCAM, malgré le fait qu'il parvient à installer une petite tension qui tient le rythme toute la durée du visionnage, grâce à son procédé de filmer une intervention de police à la première personne en temps réel, ne restera cependant pas en mémoire bien longtemps.
La faute à un manque cruel d’ambition, de la part d’un réalisateur qui a l’habitude des petites série B dignes d’être distribuées uniquement sur plate-formes, on ne pourra pas lui en vouloir, même si ça reste en deçà de ses travaux précédents.
Le thriller immersif se transformant au fil du récit en cauchemar démoniaque, plaçant les 2 protagonistes (et nous avec) dans une posture de victimes potentielles, réussi à immerger le spectateur dans l’ambiance du film, qui a parfois la fâcheuse tendance à dériver vers le jeu vidéo à la première personne, en raison de certains effets numériques assez moches (la scène de fuite en voiture vers la fin).
BODYCAM n’est pas un mauvais film, il est plein de qualités, c’est juste un film moyen, à voir une fois pour la curiosité, mais qui restera probablement noyé dans la masse des found footage classiques. Sur ce, je retourner mater la pépite SUPERHOST.

Ma note : 5/10

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Critique de film : HUNGRYDe : James NunnAnnée : 2026Genre : Horreur/SurvivalPays : Royaume-Uni Petite série B de monstre...
06/29/2026

Critique de film : HUNGRY
De : James Nunn
Année : 2026
Genre : Horreur/Survival
Pays : Royaume-Uni

Petite série B de monstre aquatique ma foi plutôt originale sur l'espèce concernée, HUNGRY, est en toute honnêteté loin du nanar auquel on aurait pu s'attendre, avec un budget limité et une idée aussi saugrenue.
Pourtant tout laissait présager le pire avec un réalisateur habitué aux mauvais films d'action, qui s'est déjà essayé en 2022 au film de monstre marin, en l'occurrence un requin, dans SHARK BAY, que personnellement je n'ai pas vu, mais dont les retours étaient catastrophiques.

HUNGRY, "affamé" en français, titre plutôt mal choisi pour un animal herbivore, puisque vous l'aurez compris, l'animal tueur dont il est question ici est un... hippopotame.
Une idée assez farfelue, mais pas tant que ça, quand on sait que c'est le mammifère marin qui fait le plus de victimes humaines dans le monde, c'est d'ailleurs une anomalie qu'on n'ai pas eu plus de films mettant en scène ce genre de mastodonte.
Pour ce qui est qu pitch du film, c'est tout simple et calqué sur la plupart des survivals animaliers : un petit groupe de touristes parcourt le bayou en bateau à la recherche du plus gros alligator de Louisiane, ils vont cependant se retrouver sur le territoire d'un hippopotame encore plus immense et pas franchement amical. Voilà.

Alors pourquoi voir ce film si c'est pour se taper un énième film de créature sanglante qui dévore un à un des personnages futiles jusqu'au dernier survivant ?
Et bien tout simplement parce que HUNGRY est une série B honnête, pas franchement novatrice dans son schéma narratif, elle comble toutefois les attentes du spectateur à la recherche de divertissement. Et c'est déjà pas mal.
On est agréablement surpris de ne pas avoir affaire à une série Z en mode mauvais CGI, animal surdimensionné ou à la génétique improbable (genre des requins volants émergeants d'une tornade), le film prend le parti de miser sur une intrigue plausible et réaliste. À ce propos, c'est très étonnant que le film soit si crédible historiquement et scientifiquement, on sent que des recherches sérieuses ont été faites sur le sujet avant de balancer un scénario.

Niveau cohérence et réalisme on est plutôt dans les clous, les protagonistes sont en revanche assez clichés sans réelle profondeur, même concernant la final girl, on se contrefout sincèrement de leur survie ou non, c'est même assez ludique d'essayer de deviner qui sera le prochain à succomber aux mâchoires démesurément puissantes de l'hippo.
Ce qui nous amène à la mise en scène des scènes d'attaques, ce qui nous intéresse réellement. Et là pour le coup, elles sont assez intelligentes pour ne pas trop en dévoiler et jouer sur la suggestion, c'est toujours une meilleure idée que du spectaculaire avec des effets spéciaux low-cost. Mais néanmoins, ça reste globalement décevant car prévisible, les décisions des personnages, le schéma narratif, tout est téléphoné et pour le moins banal, classique, pour un film de monstre, qui plus est au budget restreint.

Pour un film pop-corn à regarder entre potes, à la place d'un sempiternel film de requin, essayez-donc plutôt l'hippopotame tueur de HUNGRY, petite série B modeste mais sérieuse, qui elle, ne se moque pas du spectateur avec des effets bas de gamme et des personnages à la ramasse.
Même si le scenario est cousu de fil blanc, et que le film ne restera pas dans les annales, ça reste un divertissement convenable qui a au moins le mérite de faire dans l'orignal dans le choix de sa créature.
Doté d'une mise en scène assez correcte et d'une écriture sérieuse, il manque cependant de générosité. Avec cette magnifique affiche alternative aux tons fluo évoquant un album de Thrash Metal, je m'attendais sincèrement à un nanar gore et puéril, c'est un peu le contraire, ce qui ne m'a pas forcément dérangé. HUNGRY est cependant voué à rester un petit film anonyme de plateforme, mais au moins il a le mérite d'exister.

Ma note : 5/10

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