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Critique de film : MONKEY'S MAGIC MERRY GO ROUNDDe : Aidan LearyAnnée : 2024Pays : États-UnisGenre : Horreur/Comédie?Il ...
05/26/2026

Critique de film : MONKEY'S MAGIC MERRY GO ROUND
De : Aidan Leary
Année : 2024
Pays : États-Unis
Genre : Horreur/Comédie?

Il y a des films comme ça, qu’on aime autant qu’on déteste, dont le premier visionnage était aussi douloureux que fascinant, dont on se fait la réflexion que c’était trop long, mais en même temps on a rarement vu un truc aussi passionant.
Ce premier long-métrage du réalisateur américain Aidan Leary, dont c’est le premier essai, fait partie de ce genre de film, et il vient d’arriver sur Shadowz, éternels dégotteurs de bizarreries en tout genre.

MONKEY’S MAGIC MERRY GO ROUND, et c’est l’unique et dernière fois que j’écris ce pu**in de titre, est une parodie de programme audiovisuel pour enfant, sorte d’ÎLE AUX ENFANTS, pour ceux qui sont assez vieux pour avoir connus.
On retrouve un animateur, joué avec une justesse et une variation f***es par Michael Gillio, dans un décors de studio aux allures de jardin d’enfants, qui entre deux comptines inoffensives sur l’amitié, évoque la perte de mémoire dont il a apparemment été frappé.
Ses amis, des marionnettes à voix humaine, le poussent à se souvenir de son passé, quitte à raviver des souvenirs douloureux et à lui faire perdre pied avec la réalité.

Bon. Difficile de donner un avis tranché, tant ce film est un condensé de cauchemar, aussi éprouvant sur la durée, qu’intéressant dans sa forme.
Dès les premières secondes de cette "émission pour enfants en direct" on se rend compte que quelque-chose cloche. L’animateur, seul humain en scène au beau milieu de créatures animées, sorte de marionnettes ultra flippantes qui n’ont rien à faire dans un programme pour enfants, nous met tout de suite en garde du cauchemar insidieux qui s’est produit, où qui va se produire.
Regard fuyant, sourire faux et visage crispé, hésitations dans la voix, tant de petits détails pour nous alerter qu’on est pas en lieu sûr dans cette émission, que ce soit sur le plateau de tournage ou devant notre écran.

La suite confirme très vite le côté déviant et la tournure cauchemardesque des évènements, pour notre personnage principal, qui met en scène son trauma d’enfance, puisqu’il est à la fois acteur et spectateur du malaise qui va s’installer dans le programme.
Et c’est là où la prise de risques tentée par le réalisateur flirte dangereusement avec le flop. Une fois qu’on a saisi la finalité d’une telle proposition, on attend impatiemment le développement de son personnage, son côté hésitant et ses non-choix, donnent ce sentiment de très vite patiner, d’avancer très lentement dans le récit et ce, de manière très répétitive.

L’exercice de style est franchement audacieux et intéressant, mais sacrément casse-gueule, et c’est difficile de tenir 1h30 sans lâcher le train en route à plusieures reprises.
Heureusement, les quelques sursauts narratifs entretiennent le malaise, que ce soit dans les scènes d’action qui partent assez loin dans leur délire, ou bien ces moments hallucinés dans la psyché d'un personnage torturé, qui n’aura de cesse de distordre le réel, bien aidé par ses inquiétants camarades de jeu, aussi rebutant par l’apparence physique que dans leurs intentions.

Je comprend que beaucoup seront vite perdus, avec ce rythme lent et ce manque d’action flagrant, mais la force de cette œuvre c’est de cultiver le malaise jusque dans les moindres détails.
Comme le décrit si bien Shadowz, nous avons là un cauchemar fiévreux qui détourne tout les codes de l’émission télé innocente pour enfant, pour les pervertir de l’intérieur, c’est plutôt bien résumé et l’effet est réussi, on se sent vraiment mal à l’aise du début à la fin pour le coup.

Un film expérimental à ne pas mette entre toutes les mains, plombé par son manque de rythme et son développement plus que prévisible, mais fort heureusement qui va au bout de ses idées quand il s’agit de mettre le spectateur dans un situation inconfortable, face à ses peurs les plus enfouies. En pervertissant un programme télévisé destiné à être perçu comme un refuge réconfortant, le réalisateur bouscule nos repères et nous prend en otage dans ce jardin d’enfant, pas si innocent, dont aucun échappatoire n’est possible avant le dénouement final.
L’exorcisme d’un trauma d’enfance, mis en scène dans une parodie oscillant entre le MUPPET SHOW et MEET THE FEEBLES.

Critique de film : PASSENGERDe : Andre ØvredalAnnée : 2026Genre : Épouvante-HorreurPays : États-UnisAprès la grosse surp...
05/22/2026

Critique de film : PASSENGER
De : Andre Øvredal
Année : 2026
Genre : Épouvante-Horreur
Pays : États-Unis

Après la grosse surprise de l'année avec OBSESSION, voici que sort une semaine plus t**d au cinéma, ce qui pour l’instant, est ma plus grosse déception de cette année 2026 en terme de cinéma d’horreur : PASSENGER, du norvégien Andre Øvredal. Lui qui s'est fait remarqué avec l'excellent found footage TROLL HUNTER en 2012, puis avec le très flippant film de sorcière THE JANE DOE AUTOPSY en 2016, avant de complètement sombrer dans le patos et le réchauffé avec la purge LE DERNIER VOYAGE DU DEMETER sorti il y a 2 ans.
Pas de quoi rassurer donc, avant la sortie de sa nouvelle réalisation, même si sur le papier ça semblait très prometteur au premier abord.

PASSENGER, nous raconte l’histoire d’un jeune couple qui part vivre l’aventure sur la route, dans leur van aménagé. Alors qu'ils roulent de nuit sur une route isolée, ils sont témoins d’un violent accident de la route, causé par une entité démoniaque qui s'en prend aux rouleurs nocturnes égarés.
Plutôt original comme synopsis, on a donc là le tout premier film d’horreur sur la van life, si on exclut évidement les slashers et autres road movies d’horreur, du genre LA COLLINE A DES YEUX et sa scène traumatisante de l’attaque de la caravane.

Un postulat de départ novateur et sacrément séduisant, mais l’enthousiasme retombe malheureusement très vite.
Dès la scène d’intro, pourtant très tendue et superbement mise en scène, on sait qu'on va se diriger vers un film d’épouvante ultra classique, avec une narration et un dénouement convenus, quasiment aucune surprise à se mettre sous la dent, tellement le réal a activé le mode pilote automatique dans son scénario.
Une frustration d’autant plus grande, que les idées de mise en scène dans les moments d’horreur sont très intéressantes, mais à chaque fois désamorcées par une absence de prise de risque.
On passera sur les jumpscares trop appuyés et pas franchement bien utilisés, avec cette ambiance sonore agressive, on les voit venir à 10km et on s'en lasse très vite.

Même si la mise en scène est bien foutue dans les scènes de flippe, on a le sentiment que tout est fait avec retenue, il y avait pourtant un potentiel énorme à exploiter, entre les routes forestières mal éclairées de nuit et les scènes à l’intérieur du van (notamment avec la dashcam), qui auraient méritées d’être plus développées, on passe à côté de choses énormes pour se contenter de suivre une route toute tracée vers de l’épouvante de fan service. On ne retiendra pas les décisions absurdes des personnages, les avancées stupides dans le récit (toutes les 10 minutes à peu près on a le droit à du "comme par hasard") et ce dénouement christique tellement grotesque.

Bon on est tout de même pas sur du naufrage total comme avec LE DERNIER VOYAGE DU DEMETER, mais on est bien loin du prime dans la carrière de réalisateur d’Øvredal.
La tension est quasi inexistante, peut être à cause du jeu très médiocre des personnages, ou alors est-ce en raison d’une narration trop lisse, trop prévisible, ce qui gâche grandement les frissons qu’on aurait été é droit d’attendre avec un tel pitch. Deux ou trois bonnes idées sont à souligner, cette scène sur le parking où encore celle avec le vidéo projecteur dans la forêt, mais le suspens retombe hélas beaucoup trop vite.

En résumé, PASSENGER est une grosse déception. D’un scénario innovant sur le papier, on ne retrouve pas beaucoup le suspens qu’on attendait, les qualités indéniables de mises en scène sont automatiquement plombées par une narration trop convenue qui ne prend aucun risque et reste dans les sentiers balisés du film surnaturel classique.
Rester sur le routes balisées de l’horreur, sans emprunter des chemins de traverse inconnus et risqués, c’est un peu un comble pour un film sur la van life, non ? En tout cas ce film est très frustrant, au moins l'affiche est magnifique et le générique de fin signé Iggy Pop rehaussent mon avis global.

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Critique de film : OBSESSIONDe : Curry BarkerAnnée : 2026Genre : Épouvante-Horreur Pays : États-Unis Parfois les bonnes ...
05/19/2026

Critique de film : OBSESSION
De : Curry Barker
Année : 2026
Genre : Épouvante-Horreur
Pays : États-Unis

Parfois les bonnes surprises viennent de nulle part quand on s'y attend le moins.
C'est complètement le cas avec ce premier film de Curry Barker, jeune réalisateur qui s'est fait connaître sur YouTube par ses vidéos humoristiques avant de prendre le chemin de l'horreur.
Son premier court métrage de 2022, THE CHAIR, était d'ailleurs une pépite de créativité et de flippe, mais c'est avec son moyen-métrage en found foutage MILK & SERIAL, entièrement auto-produit avec les moyens du bord, que sa réputation s'est amplifiée jusqu'à atterrir entre les mains des studios Focus Feature (je vous invite à regarder ces 2 films, ils sont gratuits sur YouTube)
De quoi piquer la curiosité de Blumhouse qui a acquéri les droits de distribution, mais aussi de quoi refroidir notre enthousiasme, quand on sait que ce studio à la fâcheuse tendance à transformer en m***e tout ce qu'il touche ces dernières années.
Comme quoi il ne fait jamais dire jamais, on tient ici leur meilleure production depuis GET OUT en 2017, rien que ça.
Je vous explique pourquoi OBSESSION, c'est génial.

Nous suivons donc Bear, jeune homme timide et introverti, secrètement amoureux de sa collègue de travail Nikki, à qui il peine à déclarer ses sentiments.
Un soir alors qu'il est au fond du trou après une série de déconvenues, il tombe par le plus grand des hasards sur un gadget dans une boutique d'ésotérisme, censé exaucer un vœu.
Miraculeusement, son vœu se réalise instantanément et déclenche malgré lui, le début d'une relation toxique cauchemardesque.

Quel coup de génie de proposer un film d'épouvante si efficace et tellement dans l'aire du temps, avec un concept si simple.
Curry Barker, jeune talent émergeant du cinéma d'horreur, frappe un grand coup à seulement 26 ans, un assenant une gifle à toute une génération de salles gosses pourris gâtés biberonnés aux comédies sentimentales mielleuses, avec cette histoire morbide de dépendance affective, qui va loin, très loin dans les excès.

Déjà, pour ce qui est de l'aspect horrifique, le mec a tout compris, dans les cadrages, la photographie, la direction d'acteurs (on y reviendra), tout est pensé à la perfection pour pousser le spectateur hors de sa zone de confort, notamment avec certaines scènes où le malaise est palpable, presque gênant. Et il n'en oublie pas pour autant de doser intelligemment l'humour noir, et les saillies gore bien vicieuses (il fait d'ailleurs un clin d'œilàson premier court THE CHAIR dans une scène d'anthologie), pour rappeler que l'horreur, c'est d'abord fait pour bousculer le spectateur, le pousser dans ses retranchements.

En ce qui concerne la dramaturgie, là encore, le cinéaste frappe fort, avec cette fausse comédie sentimentale à base de romance nocive, qui illustre à merveille les dérives de la toxicité qui peut s'installer dans le couple.
On inverse les rôles, l'homme devient victime de l'emprise de sa compagne et de sa nature dangereuse, et sa timidité, couplée à la lâcheté de mettre fin à cette relation pour la seule et unique raison que c'est son vœu le plus cher, le pousse à accepter cette relation toxique.

Mais on peut aussi analyser la toxicité de ce couple par le personnage de Nikki, elle est sous envoûtement, donc irresponsable de ses actes, et également privée de son libre-arbitre. De plus, elle est la victime d'une situation à laquelle elle n'est ni responsable, ni consentante. Là encore, on a un bel exemple des dérives d'un pervers narcissique. Ok, le mec est victime des exactions de sa copine, mais c'est lui seul qui s'est mis dans cette situation par pur égoïsme.
Le personnage de Nikki quand a elle, interprétée par la révélation Inde Navarette, qui livre une prestation mémorable qu'on n'avait plus vu depuis Mia Goth dans la trilogie X, où encore plus depuis Toni Colette dans HÉRÉDITÉ, est incroyablement effrayant.
La palette d'émotion utilisée par la jeune actrice est tout bonnement délirante, tantôt fragile et apeurée, tantôt f***e furieuse au summum du malaisant, quand elle n'est tout simplement pas une menace pour l'intégrité des autres protagonistes, son personnage ne laisse pas indifférent.

OBSESSION est en définitive une agréable surprise, pas étonnant de voir toutes les critiques très élogieuses qu'il a reçu, son très jeune réalisateur prouve qu'avec de l'imagination on peut très bien faire un grand film d'épouvante, avec son lot de frissons et de séquence iconiques, sans pour autant blinder le budget effets spéciaux.
Faire un film aussi percutant et intelligent dans son propos en tout début de carrière, voilà qui promet de belles choses pour la suite, surtout que le mec a déjà 2 projets en cours d'écriture.
Décidément avec cette nouvelle vague de jeunes réalisateurs émergeants et ultra talentueux, le cinéma d'horreur a de beaux jours devant lui.

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UNDERTONEDe : Ian TuasonAnnée : 2026Pays : CanadaGenre : Épouvante-HorreurUn huis clos tendu et intimiste qui mélange th...
05/12/2026

UNDERTONE
De : Ian Tuason
Année : 2026
Pays : Canada
Genre : Épouvante-Horreur

Un huis clos tendu et intimiste qui mélange thriller psychologique paranormal et film de possession, une économie de moyens au service d’une ambiance anxiogène, c’est ce que nous propose UNDERTONE, premier film plein de promesses du réalisateur canadien Ian Tuason, que l’on retrouvera aux commandes du prochain PARANORMAL ACTIVITY.

Alors qu’elle reste à la maison pour veiller sur sa mère mourante, une jeune femme participe à un podcast d’histoires paranormales qu’elle anime avec un collègue. Tandis qu’ils reçoivent des enregistrements audio d’un mystérieux auditeur, des évènements troublants surviennent.
Voilà une modeste production (distribuée par A24 tout de même) qui vaut le coup d’œil, à regarder seul, dans le noir, avec de préférence un casque sur les oreilles pour s’imprégner totalement de l’atmosphère inquiétante qui infuse le film sur toute sa durée, jusqu'à son climax peut être prévisible, mais inévitable.

Dès les premières minutes, on se retrouve prisonniers avec la protagoniste dans cette grande bâtisse sombre et peu rassurante, puisque la totalité du film va se dérouler entre les murs de la maison, isolés du monde extérieur.
La présence d’une mère en fin de vie au sein du foyer apporte cette ambiance morbide qui règne pendant tout le visionnage, son décès est imminent, la question est, quand cela va t-il arriver ?
Notre héroïne est alors prisonnière de sa condition, seule, face à ses démons intérieurs, et le seul lien qu’elle entretien avec la vraie vie est cette émission de radio qu’elle co-anime avec son ami, qui ne restera pour nous qu’une voix à l’autre bout du téléphone, comme tout les autres personnages du récit.
Pas de quoi nous rassurer, puisque nous sommes donc les seuls témoins visuels de ce qui va se passer dans cette sinistre maison, le point de vue de la caméra est à la fois complice, mais aussi victime du mal qui s’apprête à frapper.

Contrairement aux films classiques de fantômes/possession dont on est gavés chaque année, UNDERTONE prend le contrepied de ne pas surenchérir en jumpscares et autre clichés du genre, mais préfère à l’inverse prendre le parti de faire patienter le spectateur jusqu'au point de non retour. De longues scènes contemplatives d’un décors sinistre, mourrant, s’alternent aux saillies sonores anxiogènes pour faire monter la tension.
L’ambiance qui en ressort n’en ai que plus suffocante, et les seuls moments censés reconnecter le personnage principal à la réalité, lors de ses appels téléphoniques, sont au contraire les scènes où l’action prend une tournure dramatique, de quoi démolir tout les repères de l’héroïne, mais également faire tomber tout les verrous de notre zone de confort.

Si le final tend irrémédiablement vers ce que l’on attendait, le film n’en perd toutefois pas son efficacité et son intensité dramatique.
Grâce à un habillage sonore inquiétant, encore une fois munissez-vous d’un casque pour réellement ressentir l’immerison et les émotions, mais aussi avec des cadrages et des mouvements de caméra renforçant le malaise diffus. Entre plan-séquence qui se ballade dans les pièces de la maison, et plan qui balaie le champ de vision tel une vidéo-surveillance, on s’attend à tout moment à voir surgir quelque menace de ces ténèbres environnants que constituent les pièces de la maison.
Le diable se cache dans les détails dit-on, ici au sens propre comme au sens figuré.

On pourrait faire la comparaison avec l’excellent THE SURRENDER sorti l’an dernier, quoique moins spectaculaire, mais tout autant diabolique, UNDERTONE mise avant tout sur l’oppression du spectateur captif, en mettant le paquet sur les effets sonores, et en laissant bien traîner le suspens de longues minutes pour faire monter crescendo le malaise, comme l’avait si bien fait à son époque LE PROJET BLAIR WITCH.
Peu avare en démonstration de force dans ses effets visuels, le réalisateur maîtrise à merveille les ambiances pesantes et les frissons avec peu de moyen, quelques bruits inquiétants et un décors austère, suffisent à donner ce qu’il faut de frissons dans le dos, pour garder en mémoire un film simple mais diablement efficace.
À voir en VO bien évidement pour conserver l’impact de certaines tournures de phrases.

UOZYBA NI EMOC | COME IN ABYZOU

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HEADLESSDe : Arthur CullipherAnnée : 2015Pays : États-UnisGenre : SlasherEncore un slasher bourrin à base de tueur masqu...
05/07/2026

HEADLESS
De : Arthur Cullipher
Année : 2015
Pays : États-Unis
Genre : Slasher

Encore un slasher bourrin à base de tueur masqué tourmenté, d’ultra-violence crue à la limite du supportable et de politiquement incorrect.
Mais alors, qu’est ce qui pourrait bien le différencier de la pléthore de pellicules analogues qui sortent ces derniers temps, et susciter l’intérêt du spectateur, averti bien sûr, à jeter un œil à ce brûlot infâme de cruauté ?

Ce n’est pas l’originalité de son scénario en tout cas, puisque dans HEADLESS, celui-ci tient sur un post-it. Nous suivons un tueur en série masqué, torturé par un trauma d’enfance lié à sa mère, qui se transforme en vengeance contre le sexe féminin, dans une épopée sanglante à la recherche de victimes pour expier son traumatisme.
Rien de bien nouveau, surtout qu’au niveau de l’intrigue et du développement des personnages, c’est le néant total. Le film n’apporte aucune réflexion, ni aucune chute ou relief à la psyché de son tueur.
C’est un enchaînement de violence gratuite, frontale et déviante, le but recherché est d’abord de bousculer le spectateur par ce côté viscéralement dérangeant, et aussi de faire dans la démonstration de sévices, pour séduire les amateurs de splatter movie.

Vous aimez le cinéma underground violent, riche en hectolitres de sang et à la lisière de l’immoralité, limite du s***f movie ? Voilà qui devrait piquer votre curiosité.
Au programme, des décapitations, des démembrements, de la nécrophilie/nécrophagie, et même des énucléations à la petite cuillère, ouais, ça va plutôt loin, je vous avais prévenu, c'est pour un public averti.
La scène introductive donne en seulement quelques plans, le ton général du film, méchanceté gratuite borderline à en faire pâlir plus d’une féministe, mais pas de souci de ce côté là, la gente masculine fini par prendre cher elle aussi.

Là où HEADLESS apporte un peu de fraîcheur, c’est dans son esthétisme. L’image granuleuse, les costumes et les décors d’époque nous ramènent dans les années 70, là où le cinéma était libre et expérimentait beaucoup, c’est d’ailleurs ma décennie préférée pour le cinoche, tout genre de film confondu. Un film d’époque donc, mais tourné au XXIe siècle.
De la fausse bande-annonce de nanar avec un loup-garou, au générique typé seventies, on peut d’ailleurs voir le copyright daté de 1978 sous le titre du film.
On est clairement dans un hommage assumé aux série B horrifiques subversives et f***ement inventives de cette décennie.
Mais pas que... HEADLESS se la joue aussi "video nasty", avec cette mise en scène très amateure tout droit sortie d’un s***f movie fictif.

Vous l’aurez donc compris, l’intérêt premier de HEALDESS, seul film de son réalisateur jusqu'à maintenant, est de divertir par des scènes choquantes, gore et de carresser la nostalgie de l’amateur de ciné underground dans le sens du poil, même si l’on reste quand même plus sages que certains films présentés dans des festoches du type Sadique-Master (petit clin d’oeil).
Nous avons affaire à un mélange de LAID TO REST, pour la brutalité de l’antagoniste et la quantité d’hémoglobine versée, et à un film gore amateur fauché.
Le contenu très pauvre du film pourra en rebuter plus d’un, surtout qu'à l’inverse d'un TERRIFIER par exemple, le tueur n’est absolument pas charismatique.
Uniquement pour ceux qui ont l’estomac accroché, HEADLESS, est une succession d’une heure et demie, de scènes de charcutage, qui bien qu'elles peinent à créer le malaise en raison de leur gratuité et du manque d’empathie pour les personnages, restent relativement inventives et graphiquement très réussies.

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05/05/2026

La hype de diiiingue !

HOKUMDe : Damian McCarthyAnnée : 2026Pays : États-Unis, IrlandeGenre : Épouvante-HorreurÀ peine plus de 2 ans après son ...
05/01/2026

HOKUM
De : Damian McCarthy
Année : 2026
Pays : États-Unis, Irlande
Genre : Épouvante-Horreur

À peine plus de 2 ans après son génial ODDITY, le réalisateur irlandais Damian Mc Carthy, est déjà de retour avec son troisième long-métrage d'épouvante, HOKUM. Une plongée ténébreuse dans les méandres de la folk horror "à la britannique", avec ce mélange complexe de thriller rural et de film de maison hantée.
Et c'est une franche réussite.

Un écrivain désabusé qui peine à terminer son prochain ouvrage, se rend sur les lieux de son enfance dans un hôtel isolé, dont l'une des chambre serait selon les croyances locales, hantée par une sorcière.
Ok, donc écrivain sceptique et chambre d'hôtel hantée, on a déjà vu ca avec CHAMBRE 1408 et encore bien avant avec l'immanquable SHINNING, c'était ma plus grosse crainte avant de voir le film, d'assister à une copie sans âme de ce genre de film. Mais en fait pas du tout, HOKUM ("foutaises" en vieil argot irlandais), puise son originalité bien ailleurs, en tentant un mélange des genres assez risqué, une cohabition qui fonctionne du tonnerre.

C'est avec une maîtrise assez rare des éléments horrifiques pourtant banals, que le réalisateur nous embarque dès la scène d'intro, dans un tour de train fantôme diaboliquement efficace, tout comme l'avait été ODDITY. Cette science du frisson, de l'angoisse, est dûe non seulement à l'implication dont doit faire preuve le spectateur, mais aussi à des patterns de l'épouvante utilisés a bon escient, de façon vraiment intelligente. Des grincements, des rires et chuchotements, des jeux de lumière, quelques jumpscares, tant d'éléments dont on a l'habitude, mais qui sont ici tellement bien mis en scène, qu'ils installent une tension continue.
On ne se sent en sécurité dans aucun plan du film. Même un vulgaire élément de décors peut provoquer le malaise.

L'intrigue, dont le postulat de départ est assez simpliste, se développe à mesure que le récit avance, lorgnant d'abord du côté de l'épouvante classique avec cette histoire de chambre d'hôtel hantée, puis évoluant en thriller suite à la disparition d'un protagoniste et de l'enquête façon Sherlock Holmes qui va s'en suivre.
On n'en oublierai presque la partie horreur, qui revient ensuite en force dans une démonstration de scènes de flippe.
L'autre élément du récit qui joue également beaucoup dans ce sentiment d'angoisse constant, c'est le folklore autour des histoires locales de sorcières, qui remet constamment en doute le scepticisme du personnage principal, et par la même occasion le nôtre.

C'est très malin, d'autant plus qu'on en vient à avoir peur pour les personnages alors que ceux-ci ne sont pas du tout attachants, à commencer par le protagoniste principal incarné par Adam Scott, dont la nonchalance et son attitude délétère envers les autres le rend détestable au possible. Même si l'on comprend qu'un mal-être lié à un trauma d'enfance influence beaucoup sa perception des choses et des gens, on se doute bien que le récit va évoluer dans sa psyché, et là encore, la façon dont le réalisateur apporte des réponses est étonnante. Avoir peur pour un personnage détestable, c'est plutôt fort non ?

On pourrait classifier HOKUM dans le genre de la folk horror, mais ce genre sert plus de contexte, d'ambiance générale du film, que de réel contenu lié à proprement parlé.
La bonne idée de Damian Mc Carthy de ne pas trop en dévoiler sur ces histoires de sorcière, et de ne montrer cet antagoniste que de façon sporadique en gardant le maximum de suggestion, est bougrement futée. On se passera d'explications pour se concentrer sur le présent, l'atmosphère pesante et les solutions plus que limitées pour trouver une issue de secours, quand on y pense la seconde partie du film est un survival avec du surnaturel. En fait le réalisateur sait tout faire, ou plutôt jongle avec une aisance f***e entre des sous-genres de l'horreur qui ne cohabitent pas forcément ensemble.

Pour son troisième film après le très cool CAVEAT, et la bombe ODDITY, Damian MC Carthy frappe fort encore une fois avec HOKUM, et prouve qu'il est le nouveau réalisateur à suivre attentivement pour les amateurs d'épouvante. Il maîtrise les codes de la frousse, la vraie, celle qui nous fait froid dans le dos, et nous fait nous retourner au moindre petit bruit suspect à la sortie du ciné. En mélangeant des styles plutôt différents dans ce qui ressemble à un rêve fiévreux où la réalité se tord, et en plantant son récit dans un décors atypique, il arrive à emmener le spectateur dans son univers singulier. La "patte" Mc Carthy est née il y a 5 ans avec CAVEAT, s'est poursuivie avec ODDITY, et continue son aventure dans l'épouvante avec HOKUM. Un sans faute pour le moment.

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CHAINSAWS WERE SINGINGDe : Sander MaranAnnée : 2024Pays : EstonieGenre : Comédie Musicale / SlasherPendant presque 10 an...
04/28/2026

CHAINSAWS WERE SINGING
De : Sander Maran
Année : 2024
Pays : Estonie
Genre : Comédie Musicale / Slasher

Pendant presque 10 ans, quelque part aux abords de la mer baltique, un cinéaste estonien a réalisé dans son coin avec une poignée d’amis, une adaptation officieuse de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, en version comédie musicale.
Cette dinguerie aussi loufoque que jouissive, sortie il y a 2 ans dans son pays d’origine, vient de débarquer en France encore une fois grâce à Shadowz, les dénicheurs de pépites. Et c’est peut être le film le plus cool vu cette année.

Alors qu’ils viennent de se rencontrer et qu’ils pensent être fait l’un pour l'autre, deux jeunes amoureux voient leur courte idylle interrompue par un tueur à la tronçonneuse croisant leur chemin.
C’est ainsi que l’on peut pitcher le film, ou du moins son intrigue de départ, car on va partir loin, très loin, dans l’absurde.
Une famille de redneck cannibales décérébrés qui pourchasse les promeneurs égarés pour en faire leur repas, et dont l’un des fils est armé d’une tronçonneuse pour agresser ses victimes, ouais, on est bien dans une copie conforme de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE.
À la différence près qu’ici, rien n’est pris au sérieux, et qu’on va très loin dans la créativité, surtout quand il s’agit de tourner en dérision les clichés habituels du slasher. Avalanche de gags, et bon gros délire gore qui tâche au programme.

Je ne sais pas si c’est l’originalité du pays de production et son langage amusant, ou bien le manque de renouveau dans les slashers d’aujourd'hui, mais ce CHAINSAWS WERE SINGING arrive comme un vent de fraîcheur, une revisite bienvenue des plus grands classiques du genre, avec ce supplément d’âme propre aux petites bobines indépendantes, faites
avec amour et beaucoup de débrouillardise, par leurs créateurs.
Le réalisateur derrière celui-ci, aura d’ailleurs mis du temps avant de proposer cette version finalisée, objet filmique non identifié, qui mélange les codes du slasher, à la comédie musicale et à la parodie de mélodrame mielleux. Le bonhomme est à la réalisation, mais aussi à l’écriture du script, et aussi la co-production, un véritable homme-orchestre, qui s’est entouré de ses proches pour peaufiner son œuvre.

Et le résultat est un énorme délire jubilatoire: personnages hauts en couleur et attachants (bons comme mauvais), gore qui tâche, humour noir et blagues de mauvais goût, dans un déluge d’hémoglobine et de tripailles, où se mêlent habilement l’absurde et le dramatique. Une sorte de parodie assumée, croisement improbable entre les Monty Python et le Peter Jackson des débuts. À ce propos, la comparaison avec BAD TASTE n’est pas tirée par les cheveux, on retrouve les mêmes éléments que ceux qui ont fait la réputation du réalisateur néo-zélandais à ses débuts. On ne peut que souhaiter à Sander Maran la même success story.

Bien que la durée du film approche les deux heures, on n’à pas franchement le temps de s’ennuyer, il ne souffre d’aucun temps mort, l’attention du spectateur est constamment requise, tant les fulgurances narratives et péripéties sont inattendues.
Entre deux chansons sur les bienfaits de la consommation de viande humaine, ou sur le fait de positiver même quand on se fait découper les pieds à la scie (et ce n’est ici qu'un échantillon), on a le droit à du mélodrame digne des novellas les plus stereotypées, quand on ne nous sert pas des pitreries burlesques à en faire rougir Art le clown de TERRIFIER. Car oui, on est tout de même dans un film d’horreur à ne pas mettre devant n’importe quel public, les scènes de meurtres sont assez imaginatives en plus d’être très graphiques, la couleur du sang tendant vers le rose bonbon et les réactions des victimes, nous rappelent toutefois qu’on est devant une comédie, une comédie gore bien sur.

CHAINSAWS WERE SINGING est en définitive un gros délire hystérique, excessif, dans le genre comédie musicale gore, à la frontière entre le splatter movie et la rom-com nanardesque.
Une démonstration de cinéma Do It Yourself, qui a énormément de tendresse pour ses personnages, et dont on sent que l’équipe du film y a mis du cœur, en faisant avec les moyens du bord.
L’amateurisme de la pellicule pourra en rebuter plus d’un, mais une fois séduit par la générosité et la sincérité de cette proposition de renouveau du slasher, on ne peut qu’adhérer à de telles idées de mises en scène. Il s’en dégage une bonne humeur contagieuse, due à l’inventivité f***e du réalisateur et à son amour non dissimulé pour le cinéma d’exploitation.
Cette œuvre a tout pour devenir culte.

Toutes mes critiques de film sont à retrouver sur ma page Facebook Terreur Indicible et sur SensCritique.

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