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D’où vient le mot cheminot ? Les Français l’utilisèrent déjà en 1908, pour désigner des manœuvres employés au terrassement des voies sur l’ancien « Ouest-Etat ». André Thérive note à ce propos : « Très probablement, on avait fait un calembour sur CHEMINEAU. Le CHEMINOT fut donc un travailleur errant qui, au lieu de chercher de l’embauche sur les routes, était engagé AUX CHEMINS DE FER. »
Ceci, nous l’écrivions déjà dans notre premier numéro, en mai 1956. Les étymologistes sont d’accord : « cheminot » a bien pour origine une spécialisation de « chemineau », mot de l’Ouest, que Flaubert fut sans doute le premier à introduire dans la littérature en 1853. Chemineau signifia d’abord vagabond, puis ouvrier terrassier qui parcourt les chemins à la recherche du travail. Mais, déjà en 1860, la comtesse de Ségur, dans son roman « Diloy le Chemineau », notait ceci : « Les chemineaux sont des ouvriers étrangers au pays qui travaillent au chemin de fer... » Il faut croire que les chemineaux du rail se sont sentis vite différents des autres et qu’ils ont éprouvé le besoin de s’appeler par un mot distinct. Ce nouveau mot, qui, dans la suite, devait servir pour tout employé du chemin de fer, se révéla d’ailleurs fort pratique : on pouvait facilement en faire un adjectif ayant une forme féminine. On essaya bien çà et là de lui substituer « chemindefériste » ; ce fut sans succès, heureusement ! Cheminot a fait son chemin, un beau chemin qui continue...
P.-S. Source : Le Rail, octobre 1964