09/07/2026
"Histoires parallèles" = C +. Pas mal.
En salles au Québec, déjà sorti en salles en France et disponible en VOD en octobre.
En quelques mots: Une oeuvre sur la fiction qui inspire la réalité est un exercice bien plus complexe que son contraire. Farhadi s'y casse un peu les dents dans son ambition avec un film parfois confus, trop long et à la mise en scène un peu tristounette. Cependant, on est loin de la catastrophe annoncée à Cannes: le casting all stars brille de mille feux et on se prend quand même à ce jeu de miroirs se la jouant "Fenêtre sur cour". Décevant peut-être, mauvais non.
Un film franco-iranien d'Asghar Fahradi..
Avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, ...
La sélection cannoise était riche en films francophones cette année (à contrario de la sélection américaine plus que mince faisant penser à une réponse politique). Mais beaucoup se sont révélés clivants ou ont déçu comme « L’Inconnue » d’Arthur Harari et surtout « Histoires de la nuit » de Léa Mysius qui récolte le moins bon score du baromètre cannois 2026. « Histoires parallèles » a lui aussi fait partie des œuvres qui n’ont pas convaincu mais davantage parce qu’elles ont déçu que par le fait qu’elles soient véritablement mauvaises. Car le nouveau long-métrage de l’iranien Asghar Fahradi est loin d’être raté, il est juste à moitié réussi et certainement pas à la hauteur de son ambition et des attentes qu’on portait en lui, notamment avec son casting all stars. Comme si le cinéaste, qui avait déjà tenté le même schéma en Espagne avec le correct mais un peu bourratif « Everybody knows », était moins à l’aise avec ce type de distribution prestigieuse. Il semblerait que les projets plus intimes et/ou dans son pays lui correspondent mieux.
Ici, il se frotte à une thématique un peu complexe dont le rendu à l’écran n’est pas toujours de la première évidence : les histoires où la fiction inspire ou influe sur la réalité. Autant l’inverse est connu et mille fois vus sur les écrans, autant dans ce sens c’est plus rare et plus complexe. Ici, il se mêle parfois un peu les pinceaux. Lors de la première partie du long-métrage, c’est en effet un peu brouillon. Mais une fois digéré la forme et la manière employée, on prend un certain plaisir à ce jeu de miroirs et d’inflexions d’un manuscrit sur le réel et la vie des personnages. On peut trouver aussi que la bascule entre la première partie portée par Isabelle Huppert et Adam Bessa soit si différenciée avec la seconde où apparaissent surtout Pierre Niney, Vincent Cassel et Viriginie Efira. Dans tous les cas, toute la distribution s’en donne à cœur joie et rayonne sur le film, chacun jouant sa partition à merveille. Et la seule scène ou apparaît Catherine Deneuve - face à Huppert - est juste délicieuse d’espièglerie, presque jubilatoire.
« Histoires parallèles » abuse cependant sur la durée. Le film est trop long et une bonne partie au milieu tourne un peu en rond. Et il faut avouer qu’on a l’impression que Fahradi semble perdu parfois dans ce récit à plusieurs couches. Il y a cependant un côté ludique dans cette histoire mais qui frôle parfois un peu le ridicule. Entre ce que l’autrice incarnée par une Isabelle Huppert (qui s’éclate en vieille fille aigrie) imagine, ce que vivent les trois personnages de l’immeuble en face et, enfin, ce que le manuscrit quelque peu transformé par le personnage d’Adam Bessa infuse comme conséquences sur le trio Efira/Cassel/Niney, c’est parfois un peu lourd et chargé. Sans pour autant être déplaisant ou fatigant. Ce « Fenêtre sur cour » à la fois chic et cheap (notamment dans la mise en scène terne et tristounette) possède probablement pas mal de pistes de lecture qu’on ne saisira pas dans leur entièreté. En revanche, on est loin d’un mauvais film et les plus de deux heures passent plutôt bien.