22/06/2017
demandez la bonne longueur de l élastique, une aventure en HY....en mp sur Manu Ranson, le bon livre a avoir en 2CV, l auteur roule en HY!
"Mes 10 questions à Emmanuel Ranson"
Interview du 7 mars _ La Bibliothèque de Céline
1.Bonjour Emmanuel Ranson. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
- C’est souvent ce que je fais de plus mal : homme ordinaire, la quarantaine. Au début de ma sixième, j’ai subi un affront de la part de mon professeur de français. Alors je me suis tourné vers les sciences. Des collègues, des amis, ma femme disaient que j’avais un don pour l’écriture. C’est un accident de la vie qui m’a remis entre les doigts cette plume laissée autrefois dans une salle de cours au collège…
2.Depuis quand écris-tu ?
- Depuis trois ans (La bonne longueur de l’élastique – Juin 2015 et Quarante jours, le reste d’une vie – Février 2017). Sur le t**d donc. Mais ce qui m’intéresse est l’avenir. Le meilleur roman qu’il me reste à écrire…
3.As-tu des habitudes d’écriture ? Ecris-tu à un moment précis de la journée ? Dans des lieux précis… ?
- Il y a la vie rêvée. Et la réalité. Idéalement, j’aimerais m’isoler à la campagne. Avec un chat blasé pour me rappeler qu’à part lui, mon travail doit intéresser (rires). Mais la réalité est plus grise : j’écris à chaque instant libre que ma vie professionnelle me laisse. Et j’instaure des habitudes pour y replonger plus rapidement : aux mêmes heures (contrairement à la légende, c’est à l’inspiration de s’adapter), à la même table avec la même écharpe, les mêmes chaussures (rires) ! Et au début de chaque séance, la même musique (qui change à chaque nouveau projet).
4.Combien de temps as-tu mis pour écrire ton second roman Quarante jours le reste d’une vie?
- Une année (à raison de 5 heures par jour).
5.Quels sont tes auteurs préférés ?
- Fournier, Garnier, Bobin.
6.Dans ton roman deux mondes, le monde ouvrier (celui des agriculteurs plus précisément) et le monde des affaires se côtoient. Deux mondes que tout oppose et que tu décris si bien. Connais-tu personnellement ces deux sphères diamétralement opposées ?
- Elles résultent d’un travail d’observation et de documentation. J’ajoute qu’il est nécessaire pour moi d’exprimer une forme de respect dans l’écriture à l’endroit des catégories concernées. Parce qu’au fond de moi, je sens qu’il y a des gens que je pourrais blesser. Je suis prêt à déranger mais jamais sans respect.
7.40 jours… se déroulent essentiellement en Picardie. Quelques scènes se passent également au Danemark, qu’à travers Marc ; le protagoniste, tu sembles bien connaître. Deux lieux qui te sont chers ?
- Céline, tu me complimentes : je n’ai jamais mis les pieds à Copenhague! Mais je connais la Picardie ; ses grands espaces iodés, ses couleurs changeantes. Et ce qui m’intéressait était d’en faire émerger un contexte social.
8.Quelles difficultés as-tu rencontrées pendant l’écriture de ton livre ? Comment as-tu réussi à les surmonter ?
- Curieusement, il n’y a pas de difficultés majeures dans la phase d’écriture. Mon obsession est de ne pas ennuyer le lecteur. Pour Quarante jours, le reste d’une vie, je suis passé de 140 000 mots à 70 000. J’appelle ça l’élagage. Il faut de la rigueur et de la détermination. Mon souhait est d’y parvenir.
9.En dehors de l’écriture quelles sont tes passions ?
- L’écriture est chronophage. C’est une femme jalouse et possessive. Ecrire, c’est aussi me mettre en difficulté. Imaginer si fort mes personnages qu’il ne me serait pas étonnant de les rencontrer au coin de la rue. Alors pour décompresser, je contrebalance les séances d’écriture avec des choses simples : la famille, les amis, le travail (celui qui me permet de payer les factures). Et je vais commencer le violoncelle. Peut-être est-ce Lucie qui m’en a donné l’envie ?
10. As-tu quelque chose à rajouter avant la fin de notre petit entretien ?
- Te parler de mon prochain livre et te remercier ?
Quarante jours, le reste d’une vie parle de la violence ordinaire. Probablement la plus pernicieuse. Le prochain opus (prévu pour 2018) clôturera cette trilogie sur la violence sociale en exploitant l’ultra violence au travail mais avec pudeur et retenue : un très beau challenge. Merci Céline pour ce questionnaire si doux et pour ton attention. Je t’embrasse.
Retrouvez la chronique de Céline sur https://labibliothequedecelineblog.wordpress.com/2017/03/07/40-jours-le-reste-dune-vie-demmanuel-ranson/