13/09/2026
LES HÉROS DU LOUVRE (2026) — CINÉMA
Il y avait tellement à raconter, à montrer, à dévoiler autour de l’évacuation des œuvres du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, Élie Chouraqui peine à nous convaincre avec une réalisation trop personnelle, qui finit par délaisser la grande Histoire au profit de ses personnages (une histoire de famille). À tel point qu’on en vient parfois à se demander si le film ne s’est tout simplement pas trompé de sujet… ou de titre.
J’aurais largement préféré que le film se concentre davantage sur l’évacuation des œuvres, le protocole mis en place, les enjeux et les risques liés à la sauvegarde de ce patrimoine exceptionnel. Or, cet aspect, pourtant passionnant, est finalement survolé en une dizaine de minutes à peine.
Ce qui dérange également, c’est la mise en scène et l’écriture des dialogues. Le réalisateur fait le choix de mêler images de fiction, images d’archives et séquences de fiction volontairement filmées comme des archives. Sur le papier, l’idée pouvait être intéressante, mais l’intégration manque ici de nuance et de subtilité. Le procédé donne surtout au film une forme bancale, avec des effets de montage qui paraissent parfois peu moderne, sans véritable cohérence esthétique.
À cela s’ajoutent des interprétations assez irrégulières et surtout des personnages auxquels il est difficile de s’attacher. Tout va trop vite, tout est survolé, y compris le contexte du confinement, qui aurait pourtant pu apporter une vraie tension dramatique.
Au final, Les Héros du Louvre possède un sujet historique et cinématographique passionnant, mais ne parvient jamais réellement à lui donner l’ampleur qu’il méritait. Dommage, car derrière ce film, il y avait sans doute une grande histoire à raconter. 5/10