22/05/2026
Vu AUTOFICTION de Pedro Almodóvar. Après une parenthèse (ratée selon moi) outre-Atlantique ("La Chambre d'à côté", 2025), le maître espagnol revient sur ses terres et, contrairement à ce que le film raconte, retrouve l'inspiration. Cette histoire d'un réalisateur à court d'idée pour son prochain film, qui se sert du drame vécu par son assistante pour nourrir son nouveau scénario est un condensé des motifs de son cinéma : le mélo, les couleurs vives, les femmes, la sublime musique d'Alberto Iglesias… On y retrouve l'essence de son œuvre, sa patte inimitable, ce ton très "télénovelas" qui m'enchante parce que c'est lui mais qui m'horripilerait chez qui que ce soit d'autre. L'idée du film dans le film n'est pas nouvelle (il l'avait d'ailleurs déjà exploitée dans "Douleur et gloire" en 2019 que je tiens pour son chef d'œuvre) mais permet une mise en abîme troublante et un autoportrait peu flatteur qui rend l'entreprise assez "couillue". Je ne me lasse pas de ce magnifique travail sur les décors, de la magie de certains plans, de tous les acteurs.rices si spectaculairement beaux dont il sait s'entourer (et qui vendraient leur âme pour tourner avec lui) et j'ai retrouvé l'émotion et le plaisir qui m'avaient tant manqué dans ses deux films précédents. Alors ce n'est certainement pas son travail le plus flamboyant mais passer 1h50 dans le cerveau bouillonnant de cet esthète mélancolique a suffi cette semaine à mon bonheur.
Pathé Festival de Cannes