06/09/2026
Ciné-club en baie présente un film Australien de Nicolas Roeg "Walkabout" (La randonnée) Sortie en 1971.
Librement inspiré du roman Walkabout de James Vance Marshall, il a été écrit par Edward Bond. Il a fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 1971
Diffusions dimanche 20 Septembre à 16h à l'Espace François Simon 45 rue Division Leclerc Carolles 50740
Synopsis : Deux adolescents Australiens, un frère et une soeur, se retrouvent abandonnés dans le bush. Survivant tant bien que mal dans le désert hostile, ils rencontrent un jeune Aborigène en plein « walkabout », une errance initiatique rituelle.
Sorti en 1971, La Randonnée s’impose comme une œuvre majeure du cinéma des années 1970 et comme un jalon essentiel du renouveau du cinéma australien. À travers le récit simple de deux enfants abandonnés dans le désert australien qui rencontrent un jeune Aborigène en plein rite initiatique, Nicolas Roeg construit un film d’une profondeur et d’une modernité remarquables.
La première valeur du film réside dans sa puissance visuelle. L’Outback australien y est filmé avec une intensité rare : lumière éclatante, immensité minérale, faune et flore saisies dans leur beauté brute. La nature n’est pas un décor mais une force vivante, presque spirituelle, qui façonne les personnages et révèle leur vulnérabilité. Chaque plan témoigne d’un sens aigu de la composition et du rythme, faisant de l’image le véritable moteur narratif.
Mais La Randonnée dépasse la simple contemplation esthétique. Le film interroge profondément la notion de civilisation. Face à l’hostilité du désert, les certitudes occidentales vacillent. Le jeune Aborigène, en harmonie avec son environnement, incarne une autre forme de savoir, instinctive et organique. Roeg évite tout didactisme : il suggère, oppose, met en tension deux visions du monde sans jamais trancher explicitement. Cette ambiguïté donne au film sa richesse et sa modernité.
La narration, elliptique et sensorielle, constitue une autre dimension essentielle de sa valeur. Les silences, les regards, les gestes prennent le pas sur les dialogues. Le montage fragmenté, caractéristique du style de Roeg, crée une expérience presque hypnotique où le spectateur est invité à ressentir plutôt qu’à analyser. Cette audace formelle a fortement influencé le cinéma d’auteur contemporain.
Enfin, la portée universelle du film explique sa longévité. Derrière l’histoire d’une survie dans le désert se dessinent des thèmes intemporels : le passage à l’âge adulte, la perte de l’innocence, la difficulté de communication entre les cultures, la nostalgie d’un monde en harmonie avec la nature. Plus de cinquante ans après sa sortie, La Randonnée conserve une résonance particulière à l’heure des questionnements écologiques et identitaires.
Le succès et la valeur artistique de La Randonnée reposent en grande partie sur la justesse et la sobriété des performances. Le film exige un jeu minimaliste, presque instinctif. Les silences, les regards et les gestes remplacent les dialogues explicatifs.
La rencontre entre Jenny Agutter et David Gulpilil incarne la tension entre deux mondes — occidental et aborigène — tandis que la présence de Luc Roeg renforce la dimension initiatique et universelle du récit.
Ensemble, ces interprètes contribuent à faire de Walkabout une œuvre profondément humaine, où l’émotion naît de la simplicité et de la vérité des corps face à l’immensité du monde.
Œuvre contemplative, poétique et troublante, La Randonnée demeure un film d’une grande valeur artistique et culturelle. À la croisée du cinéma britannique et du cinéma australien, il continue d’impressionner par sa beauté plastique, sa profondeur symbolique et son pouvoir d’évocation.
Se réapproprier le monde !
Bande annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=1gCaR4F9MfU