Homepopcorn.fr

Homepopcorn.fr Des critiques de films, des chroniques DVD/Blu-ray, des échanges entre passionnés.

Avec Romance, Catherine Breillat connaît son plus grand succès public avec près de 350.000 entrées. Aujourd’hui pourtant...
15/05/2026

Avec Romance, Catherine Breillat connaît son plus grand succès public avec près de 350.000 entrées. Aujourd’hui pourtant, le film s’avère l’un des plus critiqués, pour ne pas dire rejetés de la part des spectateurs. Si ce sixième long-métrage de la cinéaste a surtout bénéficié d’un phénomène de curiosité, qui a poussé les spectateurs à découvrir cet opus dans les salles, il est dur de nos jours d’émettre un bon avis, d’autant plus que celui-ci se trouve entaché par la déclaration en 2024 de son actrice principale, Caroline Ducey (par ailleurs très bien), qui accuse la réalisatrice (qui l’a aussi dirigée dans l’excellent Une vieille maîtresse) d’avoir organisé un viol sur le tournage et de l’avoir manipulée. Catherine Breillat a démenti les propos de la comédienne, qui affirmait que son actrice avait été prévenue que les scènes de sexe ne seraient pas simulées. Si l’on reste concentré sur le film proprement dit, difficile de ne pas rire devant Romance avec ses dialogues pompeux que l’on penserait élaborés en intelligence artificielle (les répliques sont idéales pour une partie de Kamoulox entre amis), le jeu embarrassé de Rocco Siffredi, qui se demande quels propos il est en train dé-bite-r, sans oublier les apparitions de François Berléand, dont le personnage entreprend d’éduquer Marie au bo***ge. La chair est souvent triste chez Catherine Breillat, exposée comme des morceaux barbaque sur l’étalage d’un boucher-charcutier, dans le but d’essayer de comprendre pourquoi on en fait tout un foin, pourquoi c’est bon, pourquoi « on ne pense qu’à ça ». Rétrospectivement, Romance est une fausse route pour son auteure, qui se perd ici dans tous les clichés, dans ses névroses personnelles, au point que ce drame psychologique mute involontairement en comédie…

L’histoire est donc celle de Marie, déchirée entre le sexe et les sentiments, entre celui qu’elle désire et celui qu’elle aime. Ou bien encore une histoire d’amour vue comme une question de pouvoir: « Un mec qu’on aime vraiment assez pour être fidèle, il ne vous baise plus. Quand on les trompe, ils vous baisent, c’est simple. Ce n’est pas qu’ils devinent qu’on les trompe, c’est qu’ils comprennent qu’on leur échappe ». Marie, est institutrice, et Paul, modèle dans la publicité. Ils forment un couple de trentenaires apparemment sans histoire. Mais Paul, narcissique et émotionnellement distant, n’éprouve plus de désir charnel pour sa compagne. Cette dernière en souffre, et sa frustration conduit Marie à tromper son compagnon avec Paolo, rencontré dans un bar.Cette aventure bouleverse la jeune femme et la pousse à enchaîner les relations éphémères, puis à s’adonner à des jeux de domination/soumission avec Robert, le directeur de son école, un homme dans la fleur de l’âge.

« T’es pas obligé d’avoir du plaisir. Tu peux m’en donner. »

Non, la fameuse lettre X qui suit habituellement le mot « Romance », ne fait pas partie du titre, contrairement à ce que pensent certains cinéphiles. Visiblement, Catherine Breillat hésitait entre deux actrices à l’origine, Laure Marsac et Caroline Ducey. La première, magnifique et trop rare actrice vue dans La Reine Margot de Patrice Chéreau, ainsi qu’à la télévision, aurait été parfaite, mais celle-ci aurait refusé le caractère explicite du film. La cinéaste s’est donc projetée sur Caroline Ducey, qui sortait de Trop de bonheur de Cédric Kahn. Si elle n’a assurément pas la même aura à l’écran que Laure Marsac, on ne pourra pas lui reprocher de se donner à fond devant la caméra, au point que le malaise se fait souvent ressentir, surtout au moment des scènes qui la confrontent, non pas à Rocco Siffredi (neurasthé-nique), mais à François Berléand, que l’on a rarement, voire jamais vu ainsi au cinéma. De son côté Sagamore Stévenin campe un personnage aussi repoussant qu’improbable, ou quand ce type reste insensible face à sa petite amie chaude comme la b(r)aise, qui le masturbe et le s**e en attendant qu’il se décide à la prendre (ce qui n’arrivera jamais). Pas étonnant que Marie erre à la recherche de celui qui lui mettra un bon coup pour la sortir de cette torpeur qu’elle n’a pas voulue.

Romance s’avère plus intéressant sur la forme, avec notamment une photo toujours soignée et élégante de Giorgos Arvanitis (À ma sœur !, Anatomie de l’enfer). Mais cette fois, c’est trop peu pour retenir l’attention, ou la coupe est pleine plutôt. Romance apparaît comme une œuvre boursouflée, comme si Catherine Breillat, toujours à disséquer le désir féminin, avait voulu trop en faire pour attirer le chaland ou faire grincer la critique, qui d’ailleurs a été positive.

Mais Romance est sans doute l’opus caricatural de la cinéaste, celui qui lui ressemble le moins (À ma sœur ! qui suivra sera l’un de ses meilleurs) et qui à force de trop de lourdeurs finit par ennuyer rapidement. On parle ha-bite-uellement de br*****te intellectuelle concernant le cinéma d’auteur français. Cela n’a jamais été aussi approprié ici. D’où la nécessité d’en rire tant Romance ressemble à un précipité de toutes les tares attribuées à cette branche du septième art.

et du dispo chez LE CHAT QUI FUME https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-romance-realise-par-catherine-breillat/

Aux côtés de Francis Ford Coppola (Apocalypse Now et Conversation secrète), Bille August (Pelle le Conquérant et Les Mei...
15/05/2026

Aux côtés de Francis Ford Coppola (Apocalypse Now et Conversation secrète), Bille August (Pelle le Conquérant et Les Meilleures intentions), Shohei Imamura (La Ballade de Narayama et L’Anguille), les frères Dardenne (Rosetta et L’Enfant), Michael Haneke (La Pianiste et Le Ruban Blanc), Ken Loach (Le Vent se lève et Moi, Daniel Blake) et Ruben Östlund (The Square et Sans filtre), Emir Kusturica, fait partie de ces réalisateurs récompensés à deux reprises par la convoitée Palme d’Or. Dix ans avant Underground, le réalisateur yougoslave, alors âgé de 30 ans, devait être consacré pour la première fois pour Papa est en voyage d’affaires, alors que concourraient face à lui Birdy d’Alan Parker, Le Ba**er de la femme araignée d’Héctor Babenco, Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood, Adieu Bonaparte de Youssef Chahine, Une nuit de réflexion de Nicolas Roeg, sans compter la présence de Jean-Luc Godard, Ted Kotcheff, Mario Monicelli, Dino Risi, Peter Bogdanovich, Paul Schrader, Claude Chabrol, André Téchiné…du beau monde quoi. Papa est en voyage d’affaires n’est que le second long-métrage du metteur en scène, sorti quatre ans après son premier coup d’essai, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, lauréat du Lion d’or de la première œuvre à la Mostra de Venise en 1981, doublé du Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique. Autant dire qu’Emir Kusturica a toujours été porté par la critique et habitué des prix. Il y a comme un parfum de cinéma italien dans Papa est en voyage d’affaires, avec cette radiographie d’une famille perdue dans la Yougoslavie communiste des années 1950, après la rupture avec l’URSS. Indéniablement, il nous manque certains codes, certaines références, culturelles, sociales, politiques, pour apprécier encore aujourd’hui pleinement ce film qui pourtant fait toujours le bonheur de la critique, surtout française, et des cinéphiles les plus pointus. S’il n’est évidemment pas déplaisant dans toute sa première partie, l’intérêt du film s’émousse dès que le père quitte son « lieu de travail ». Demeurent les acteurs, tous formidables et une belle reconstitution, mais on ne peut nier que l’ennui s’installe assez souvent, d’autant plus que le rythme est très lent. Papa est en voyage d’affaires reste une curiosité quand on se penche sur les films « palmés », mais se révèle trop hermétique sur de nombreux aspects.

Mesa, père du jeune Malik, entretient une liaison. Sa maîtresse, lasse d’attendre qu’il divorce, cède aux avances du beau-frère de Mesa. Au cours d’une discussion, elle rapporte à ce dernier les paroles politiquement ambiguës de son amant à propos d’un dessin de presse représentant Karl Marx travaillant devant l’effigie de Staline. Le beau-frère dénonce alors son rival. À la suite de l’arrestation du père, tous les membres de la famille présentent au petit Malik l’envoi en camp de travail comme un long voyage d’affaires. De son côté, alors que son grand frère passe son temps au cinéma, Malik, le plus jeune, se « réfugie » dans le somnambulisme tandis que toute la famille vit dans l’incertitude…

Papa est en voyage d’affaires avance ainsi, par petites vignettes plus ou moins inspirées. Emir Kusturica s’avère heureusement un solide directeur d’acteurs, soigne chacun de ses plans et peut aussi compter sur son directeur de la photographie Vilko Filac, qu’il retrouvera pour Le Temps des gitans (1988) et Arizona Dream (1991). Même si le spectateur français ne peut avoir de points d’appui sur la véracité historique du film, on se laisse porter par la beauté des images, des décors soignés, par la vie qui anime chaque séquence, ce qui sera l’une des marques de fabrique du cinéaste. Mais quand on évoque Papa est en voyage d’affaires, on pense surtout à l’interprétation de Miki Manojlovic, une présence et un charisme qui rappellent chez nous ceux de l’imposant Simon Abkarian. Celui qui deviendra l’acteur fétiche d’Emir Kusturica (avec lequel il a déjà tourné à cinq reprises), que l’on a par ailleurs vu dans Un week-end sur deux de Nicole Garcia, Les Amants criminels de François Ozon et Mortel Transfert de Jean-Jacques Beineix, s’impose sans difficulté dans Papa est en voyage d’affaires, quand bien même son personnage reste peu attachant. Mention spéciale au petit Moreno D’E Bartolli, dont le récit adopte le point de vue, impeccable et naturel dans le rôle du petit Malik et qui signe ici sa seule incursion au cinéma.

Emir Kusturica s’autorise quelques échappées poétiques et lyriques, là aussi l’une de ses signatures, à l’instar des envolées somnambules du petit garçon, qui lui permettent de s’évader d’un quotidien marqué par l’absence de son père. Mais une fois les retrouvailles faites, le récit ralentit, pour ne pas dire s’arrête et le réalisateur peine à relancer la machine, d’autant plus que nous ne sommes qu’à mi-parcours et que le film dure encore plus d’une heure. Pas étonnant que les amateurs de cinéma se souviennent principalement de la première partie et du final, mais il est difficile de résumer, voir de trouver l’élément qui pourra à nouveau retenir l’attention du spectateur. Tout cela est peut-être trop sage, surtout quand on sait comment Kusturica se lâchera plus t**d.

En l’état, Papa est en voyage d’affaires marque le premier grand succès du cinéaste dans nos contrées, avec 570.000 entrées, une histoire d’amour qui ne se démentira pas jusqu’en 2004, ses derniers films ayant eu du mal à reconquérir le public par la suite.

et du dispo chez Malavida Films https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-papa-est-en-voyage-daffaires-realise-par-emir-kusturica/

La BoutiKa Malavida

Placé entre l’exceptionnel Le Commissaire – Il Commissario et plusieurs films à sketches (Pour trois nuits d’amour, Ma f...
13/05/2026

Placé entre l’exceptionnel Le Commissaire – Il Commissario et plusieurs films à sketches (Pour trois nuits d’amour, Ma femme et Les Poupées), La Ragazza ou La Ragazza du Bube en version originale, rend compte du caractère à la fois romantique et engagé du réalisateur Luigi Comencini (1916-2007). Si l’on devait rapprocher ce film d’un autre opus du cinéaste, ce serait indéniablement Un vrai crime d’amour – Delitto d’amore (1974), plus méconnu certes, mais qui contient pour ainsi dire les mêmes éléments. La Ragazza est ni plus ni moins l’un des plus beaux, l’un des plus grands, l’un des films plus personnels de Luigi Comencini. Le réalisateur découvre le roman éponyme de Carlo Cassola, prix Strega en 1960 et en tombe littéralement amoureux, au point d’en acheter lui-même les droits. Forcément éloigné de ses comédies habituelles, y compris de ses « études de moeurs » qui l’ont rendu célèbre (les deux premiers volets de Pain, Amour, Maris en liberté, Les Surprises de l’amour, À cheval sur le tigre), le metteur en scène a également souvent montré un côté sombre, voire désespéré de l’âme humaine (La Traite des blanches), quitte à mélanger humour et gravité pour que le message « passe » auprès du public, comme un autre de ses chefs d’oeuvre, La Grande pagaille – Tutti a casa (1960). Mais avec La Ragazza, coécrit avec Marcello Fondato (Histoire d’aimer, Attention on va s’fâcher…, Les Complexés) il désire aborder pleinement et au premier degré une histoire d’amour teintée de politique et donc liée à l’Histoire de son pays au moment de la Libération. Raison pour laquelle les financiers ont été quelque peu frileux et ont dans un premier temps rejeté le projet de Luigi Comencini, qui réussira tout de même à monter financièrement son film grâce à Franco Cristaldi. Le producteur de Mario Monicelli (Un héros de notre temps, Le Pigeon, Les Camarades), Luchino Visconti (Nuits blanches), Francesco Rosi (Le Défi, Salvatore Giuliano) permet au maestro de concrétiser La Ragazza, qui connaîtra un immense succès dans le monde entier, avec notamment près de cinq millions d’entrées en Italie et offre à Claudia Cardinale l’un des rôles les plus emblématiques de son illustre carrière. Capolavoro.

Dans la campagne toscane de l’après-Seconde Guerre mondiale, Mara, une jeune paysanne de seize ans, tombe amoureuse de Bube, un partisan de dix-neuf ans. Impliqué dans un double meurtre, il est contraint de se cacher et de fuir l’Italie. Déterminée à attendre son bien-aimé, Mara s’installe en ville où elle rencontre Stefano. Une complicité naît entre eux, qui lui redonne le sourire sans qu’elle puisse oublier Bube, dont elle est sans nouvelles depuis des mois. Les sentiments de Stefano pour Mara sont sincères et elle est sur le point de les partager lorsque son père lui annonce l’arrestation de Bube à la frontière et l’invite à lui rendre visite en prison. Désabusé et éprouvé par sa fuite et sa condamnation imminente, Bube ne laisse pas Mara indifférente. Elle doit alors prendre une décision.

C’est l’histoire d’un amour fort, unique, celui qui remplit de force et de courage, celui de Mara pour Bube, pour qui elle restera fidèle, qu’elle attendra jusqu’au bout, renonçant ainsi à un avenir avec Stefano. Luigi Comencini n’a pas peur du romanesque et par sa virtuosité évite tout pathos, tout en livrant un merveilleux portrait de femme, une romance contrariée par les événements, ainsi qu’une radiographie de l’Italie d’après-guerre. Tout cela en près de 110 minutes, sans aucun temps mort. Mais La Ragazza c’est aussi la première fois que l’on entend (en italien) la véritable voix de Claudia Cardinale, son timbre cassé et sensuel reconnaissable entre tous. La comédienne, apparue dans Le Pigeon – I Soliti ignoti de Mario Monicelli, vue ensuite chez Pietro Germi (Meurtre à l’italienne –Un maledetto imbroglio), Hymne à « la Cardinale », Nanni Loy (Hold-up à la milanaise – Audace colpo dei soliti ignoti, la suite du Pigeon), Valerio Zurlini (le splendide La Fille à la valise – La Ragazza con la valigia), Luchino Visconti (Rocco et ses frères, Le Guépard) et Mauro Bolognini (Le Bel Antonio, Le Mauvais chemin), se voit alors ouvrir les portes du cinéma mondial. En France (Cartouche), comme aux États-Unis (Le Plus Grand Cirque du monde, Les Yeux bandés, La Panthère Rose) et donc évidemment en Italie, toute la planète s’arrache la magnifique Claudia.

Luigi Comencini la transforme à l’écran, lui fait porter les cheveux courts, la filme sous tous les angles et fait d’elle l’égale d’une Sophia Loren, autre actrice qui comme l’indiquait Claude Sautet pour Romy Schneider, était « la somme de toutes les femmes ». Dans La Ragazza di Bube, elle est comme qui dirait un diamant brut, dont la pureté va se retrouver confrontée à l’effervescence de l’Italie, prise entre deux feux en juillet 1944. Malgré tout ce qui va arriver dans son existence, Mara, qui ne sait ni lire ni écrire, est pourtant très intelligente, comprend tout ce qui se passe autour d’elle, écoute, se fait sa propre opinion, découvre (elle n’était jamais allée à la ville, ni au restaurant par exemple), mais demeure campée sur ses positions, reste digne et tient ses promesses, en sacrifiant sa vie pour celle qu’elle aime.

Outre Claudia Cardinale, de toutes les scènes, pour ne pas dire de tous les plans, extraordinairement photographiée par Gianni Di Venanzo (Main basse sur la ville, La loi c’est la loi) et par ailleurs récompensée pour la première fois par le Ruban d’argent de la meilleure actrice (attribuée par le Syndicat national des journalistes cinématographiques italiens), ses deux partenaires sont aussi bien mis en valeur. George Chakiris (qui sortait de West Side Story) et le franco-suisse Marc Michel (Le Trou de Jacques Becker, Lola de Jacques Demy) incarnent respectivement le fiancé et le prétendant de Mara. Si le premier est impeccable dans la peau de celui qui deviendra finalement le seul et unique amour de Mara, le second n’a rien à lui envier et apporte une vraie mélancolie au rôle de Stefano. Le dernier face-à-face entre ce dernier et Mara est peut-être l’une des plus belles scènes de toute la filmographie de Luigi Comencini.

L’Histoire coule dans les veines de La Ragazza, de juillet 1944 à 1953 environ, le temps pour le cinéaste de s’intéresser à la réorganisation (chaotique) de son pays, ainsi qu’au référendum de juin 1946 favorable à la République. C’est à ce moment-là que Mara apprend que Bube est incarcéré et probablement condamné à être emprisonné pour meurtre politique.

Étonnamment, La Ragazza di Bube est rarement cité quand on évoque la carrière, certes prolifique et éclectique du maître italien et l’on a souvent l’impression que le film doit être sans cesse réhabilité. Les cinéphiles savent qu’il s’agit d’un des trésors les plus inestimables de l’immense Luigi Comencini. Ce sont eux qui se chargeront de faire connaître Mara à ceux qui ne la connaîtraient pas encore. Ils en tomberont amoureux instantanément et les accompagneront toute leur existence.

et du dispo chez Tamasa Distribution https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-la-ragazza-realise-par-luigi-comencini/

À la vente sur le site de l'éditeur https://www.tamasa-cinema.com/boutique/produit/ragazza-di-bube-la-combo-blu-ray-et-dvd/

Quand on s’intéresse à Nowhere to Go, plus connu en France sous son titre Le Criminel aux abois, on constate que deux ré...
12/05/2026

Quand on s’intéresse à Nowhere to Go, plus connu en France sous son titre Le Criminel aux abois, on constate que deux réalisateurs sont crédités. Il y a tout d’abord l’éminent Basil Dearden (1911-1971), sur lequel nous sommes déjà revenus à l’occasion de nos articles consacrés à Khartoum, Au coeur de la nuit, Un si noble tueur – The Gentle Gunman et The Ship that Died of Shame. Le second metteur en scène à la barre est Seth Holt (1923-1971), habituellement monteur (De l’or en barre, Tortillard pour Tietfield, La Loterie de l’amour et La Bataille des sexes) qui signera le formidable Hurler de peur – Taste of Fear (1961), thriller dramatico-psychologique, ainsi Confession à un cadavre – The Nanny (1965), tous les deux pour le compte de la Hammer. Si Seth Holt est cité en premier, il y a fort à parier que Le Criminel aux abois doit plus au second, dont l’efficacité et la virtuosité, qui ont souvent été prouvées, sont ici évidentes à plusieurs reprises. C’est le cas pour l’incroyable séquence d’ouverture, celle de l’évasion de prison, cinq minutes sans aucun dialogue (ou presque, juste quelques bribes avec les matons), une vraie leçon de cadrage, de montage, de rythme. Si la suite du film n’aura pas la même puissance, il n’en reste pas moins que Nowhere to Go demeure un superbe exercice de style, qui oscille entre le film de casse et de cavale, et qui marque aussi la première apparition au cinéma d’une des plus grandes comédiennes britanniques, Maggie Smith.

À Londres, avec l’aide de son complice Victor Sloane, Paul Gregory s’évade de prison peu après avoir été condamné à 10 ans pour vol, et s’installe dans un appartement dont le propriétaire est absent pour trois mois. Pendant qu’il se repose, Paul repense au crime pour lequel il a été arrêté. Après avoir gagné la confiance de Mme Jefferson, Paul avait réussi à lui faire signer un mandat pour vendre à sa place une collection de pièces rares. Une fois cette vente effectuée et payée en liquide, Paul a placé l’argent dans un coffre à la banque. Pensant n’être condamné qu’à 5 ans, et bénéficier ensuite d’une remise de peine pour bonne conduite, Paul s’était arrangé pour se faire arrêter, le but étant une fois libre de récupérer l’argent et quitter le pays. Mais comme il a refusé d’aider la police à retrouver l’argent, il a été condamné à 10 ans. Mais rien ne va se passer comme prévu.

La musique jazzy du trompettiste Dizzy Reece (pour sa seule incursion au cinéma) donne à Nowhere to Go un aspect évidemment film noir. Puis, un long flashback nous dévoile ce qui a conduit Paul derrière les barreaux. Celui-ci est interprété par l’américain George Nader, aujourd’hui méconnu, pour ne pas dire complètement oublié, vu dans le western Quatre tueurs et une fille – Four Guns to the Border de Richard Carlson, ou aux côtés de Tony Curtis dans le solide La Police était au rendez-vous – Six Bridges to Cross de Joseph Pevney, cinéaste qui le fera d’ailleurs tourner à plusieurs reprises (Brisants humains, Intrigue au Congo). Assez lisse, il est néanmoins impeccable dans le rôle principal du Criminel aux abois, avec son aspect «Monsieur Tout-le-monde », sur lequel il est facile de se projeter et donc de partager les doutes, les angoisses et les questions qui s’emparent de lui au fur et à mesure des événements, quand Paul se retrouve finalement pris dans une spirale infernale de problèmes.

Mais il se fait voler la vedette par le génial Bernard Lee, quatre ans avant de devenir le légendaire M de la saga James Bond, rôle qu’il tiendra de James Bond 007 contre Dr. No (1962) à Moonraker (1979), que l’on a rarement vu ainsi à l’écran. Rien que la présence de cet immense acteur indique celle de Basil Dearden derrière la caméra pour Le Criminel aux abois, puisque Bernard Lee avait déjà collaboré avec le cinéaste à cinq reprises, y compris pour The Blue Lamp (1950) et The Ship That Died of Shame (1955). Les fans de la franchise 007 reconnaîtront aussi Geoffrey Keen, qui incarnera plus t**d Sir Frederick Gray, le ministre de la Défense, dans une demi-douzaine d’épisodes, de L’Espion qui m’aimait – The Spy Who Loved Me de Lewis Gilbert (1977) à Tuer n’est pas jouer – The Living Daylights de John Glen (1987).

Si Nowhere to Go marque les débuts de Maggie Smith à l’écran, il s’agit aussi d’un des derniers longs-métrages produits par les mythiques Ealing Studios, connus dès les années 1940-50 pour Noblesse oblige, De l’or en barres, Tueurs de dames, Passeport pour Pimlico, L’Homme au complet blanc et autres opus entrés dans l’histoire du cinéma. Les studios Ealing prendront en compte l’évolution des goûts des spectateurs, pour bifurquer vers d’autres genres, du film de guerre au film fantastique. 1958, outre Le Criminel aux abois, Dunkerque – Dunkirk de Leslie Norman devait aussi marquer la fin d’une ère.

Comme si le cinéma anglais ne savait plus où aller, Paul, dans le film du tandem Holt/Dearden, erre de plus en plus à mesure qu’il se retrouve sans soutien, sans aide, sans point de chute, au point où celui-ci finira sa course au milieu de nulle-part, comme si tout devait s’arrêter là, comme si parallèlement l’inspiration des auteurs était asséchée, comme si toutes les idées avaient été exploitées. Un peu plus et l’on verrait s’embraser la pellicule comme à la fin de Macadam à deux voies – Two-Lane Blacktop de Monte Hellman.

Remarquablement photographié par Paul Beeson (Les Anges aux poings serrés, Opération V2, Mutations), Nowhere to Go parvient sans mal à embarquer le spectateur dans la scoumoune de Paul, la tension va crescendo et le final aussi inéluctable que sec et froid, laisse un excellent souvenir.

et du dispo chez STUDIOCANAL https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-le-criminel-aux-abois-nowhere-to-go-realise-par-seth-holt-basil-dearden/

Studiocanal Catalogue STUDIOCANAL

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien ...
11/05/2026

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien chef opérateur (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus) pourront se rediriger vers nos articles consacrés à Vénus en fourrure – Venere in peliccia – Le Malizie di Venere (1969), Section de choc – Quelli della calibro 38 (1976) et Mais…qu’avez-vous fait à Solange ? – Cosa avete fatto a Solange? (1972). Le film qui nous intéresse s’intitule Le Tueur frappe trois fois – La Morte non ha sesso et n’est que le second long-métrage du cinéaste, mis en scène un an après son premier coup d’essai Bandidos. Si on le classe aujourd’hui dans le genre giallo, Le Tueur frappe trois fois appartient surtout au Krimi, mais reprend il est vrai certains codes déjà installés dans Six femmes pour l’assassin – Sei donne per l’assassino (1964) de Mario Bava. Ainsi, la même année que La Mort a pondu un œuf – La Morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi, Le Sadique de la treizième heure – Nude… si muore d’Antonio Margheriti, mais deux ans avant l’avènement de L’Oiseau au plumage de cristal – L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, Massimo Dallamano se concentrait sur un tueur vêtu d’un imper, tenant dans sa main gantée une arme blanche dont la lame est destinée à être enfoncée dans la chair de victimes déterminées. L’intrigue est un rien poussive, mais cet opus vaut le coup d’oeil pour son trio vedette Luciana Paluzzi, Robert Hoffman et John Mills, et s’avère étonnamment plus convaincant dans sa partie dramatique que policière, qui quant à elle tend à s’essouffler.

Un inspecteur allemand enquête sur une bande criminelle impliquée dans le trafic de drogue. En même temps, il soupçonne que sa femme le trompe avec l’un des membres du gang. Aveuglé par la jalousie, il libère un dangereux meurtrier et le guide vers sa femme pour la tuer. Mais les actions ont des conséquences et l’inspecteur connaîtra pas mal de malchance.

Si le scénario est imputable à quatre auteurs, Giuseppe Belli et Audrey Nohra (inconnus au bataillon), Vittoriano Petrilli (Le Grand silence) et Massimo Dallamano, il est fort à parier que Le Tueur frappe trois fois doit beaucoup au réalisateur lui-même. On a parfois l’impression que le récit part un peu dans tous les sens, que le cinéaste sait où il veut aller, mais ne sait pas quel(s) chemin(s) arpenter. Co-production italo-ouest-allemande entièrement tournée à Hambourg, La Morte non ha sesso (ou littéralement « la mort n’a pas de sexe »), peine à décoller, en raison d’un montage (pourtant signé Daniele Alabiso) qui manque singulièrement de rythme et qui pourrait faire penser de nos jours à un épisode de Derrick.

Mais on suit l’histoire tout de même, en partie grâce à la présence et à l’interprétation du britannique John Mills (The Colditz Story, Chuka le redoutable, The Gentle Gunman), qui apporte une étonnante ambiguïté à ce type qui dirige le service des stupéfiants d’Interpol à Hambourg, qui s’est épris d’une ancienne criminelle. On comprend que celui-ci voit rouge, boive pas mal (ainsi, la bouteille de JB est bien en vue) et se demande ce qu’elle fait quand elle ne répond pas à ses nombreux appels téléphoniques, puisque la gent dame est incarnée par la flamboyante Luciana Paluzzi. La mythique Fiona Volpe d’Opération Tonnerre – Thunderball, vue aussi chez Fernando Di Leo (Passeport pour deux tueurs), Jess Franco (99 femmes), Roger Vadim (Le Vice et la vertu) et Fritz Lang (Le Tigre du Bengale) vole la vedette à chaque apparition, tandis que Massimo Dallamano et son directeur de la photographie Angelo Lotti (Le Tueur à l’orchidée) la mettent constamment en valeur.

Cette houleuse relation, basée sur la suspicion et le doute, va muter en haine et c’est là qu’intervient le troisième sommet du triangle, campé par l’autrichien Robert Hoffman, qui démarrait tout juste sa carrière et s’était déjà fait remarquer dans le rôle du chevalier de Lorraine dans les deux premiers épisodes de la saga Angélique. Très demandé par le cinéma italien (il tournera pour Antonio Pietrangeli, Carlo Lizzani, Luciano Salce, Giuliano Montaldo, Umberto Lenzi et consorts), l’acteur promène ici sa belle gu**le et s’impose facilement dans Le Tueur frappe trois fois, qui se révèle être le personnage le plus « attachant » du trio.

L’ensemble est sans doute un poil trop classique aujourd’hui pour emporter complètement l’adhésion. Restent l’ambiance, certains plans solidement composés et le cadre dépaysant, mais il manque un brin de folie pour convaincre pleinement.

et du dispo chez Rimini Editions https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-le-tueur-frappe-trois-fois-realise-par-massimo-dallamano/

Quand il apprend qu’une chauve-souris blanche et sacrée, Shikaka, a disparu au coeur de l’Afrique, Ace Ventura abandonne...
07/05/2026

Quand il apprend qu’une chauve-souris blanche et sacrée, Shikaka, a disparu au coeur de l’Afrique, Ace Ventura abandonne sa retraite himalayenne pour retrouver le petit animal. Deux tribus, les Wachati et les Wachootoo, vénérant l’animal, se rejettent la responsabilité de sa disparition.

Après sa mise sur orbite suite aux trois succès successifs d’Ace Ventura, détective pour chiens et chats, The Mask et Dumb & Dumber, Jim Carrey rejoint le casting de Batman Forever, où le tournage avec son partenaire Tommy Lee Jones se passe très mal. Cela n’empêche pas le film de cartonner, de se placer à la quatrième place du box-office de l’année, entre Apollo 13 de Ron Howard et Pocahontas des studios Disney. Jim Carrey accepte de reprendre le rôle d’Ace Ventura et que cette nouvelle aventure, dont l’action se déroule en Afrique (le tournage se déroulera au Canada, au Texas et en Caroline du Sud), soit écrite et mise en scène par Steve Oedekerk, scénariste et producteur (Le Professeur foldingue, Docteur Patch), qui signera au passage l’excellent et malheureusement méconnu Rien à perdre – Nothing to Lose (1997), avec Tim Robbins et Martin Lawrence. On ne reprend pas là où le premier s’était arrêté. D’ailleurs, point de Courteney Cox au générique. L’ouverture en haute montagne donne le ton, avec une parodie de la scène inaugurale de Cliffhanger : Traque au sommet de Renny Harlin, durant laquelle notre détective animalier s’en va sauver un raton laveur. Action qui ne se passe pas comme prévu (bonjour le trauma pour les jeunes spectateurs) et qui conduit ce bon vieux Ace à se retirer dans une lamaserie au Tibet. Là-dessus, ses talents sont à nouveau demandés. Ace Ventura part en Nibia (pays imaginaire d’Afrique), afin de mettre la main sur une chauve-souris blanche sacrée disparue, Shickaka, avant qu’un conflit n’éclate entre les tribus Wachati et Wachootoo. Tout est évidemment prétexte pour mettre Jim Carrey en valeur, ce que Steve Oedekerk fait on ne peut mieux, au point que cette suite parvient à surpasser le premier opus et s’avère sans doute encore plus culte auprès des spectateurs, qui lui feront un triomphe dans les salles, alors que la critique, comme c’est étonnant, était catastrophique. Chikakaaaaa !!!!

Ace Ventura: When Nature Calls indique le titre original. L’appât du gain aussi, puisque le producteur James G. Robinson (Bad Moon) a très vite décidé de mettre cette séquelle en chantier après avoir amassé plus de 105 millions de dollars, dont 72 millions rien que sur le sol américain avec le premier épisode. Ace Ventura en Afrique « délocalise » le personnage, histoire de mieux le perdre encore une fois au milieu des êtres humains et donc ici une autre culture. Ainsi, Ace Ventura va se retrouver face à quelques tribus (« avec un os dans le nez » comme le dirait Bernard Farcy dans Les Trois Frères) et les affronter au challenge du Cercle de la mort, se fondre dans le paysage (chercher les puces aux singes, manger du zèbre en compagnie des lions), demander de l’aide aux animaux en faisant le cri de Tarzan (via son postérieur), mais aussi parasiter un dîner mondain et piloter…un rhinocéros mécanique. C’est LA scène dont tout le monde se souvient encore aujourd’hui. Une séquence encore ahurissante quand on la revoit en 2026 et par ailleurs coupée, voire censurée dans quelques pays du monde. Mais contrairement à Ace Ventura premier du nom, Ace Ventura en Afrique s’avère plus « grand public », quand bien même la comédie demeure franchement salée et que la scène de baise et celle de la turlutte (« Dans ton caleçon, y’a un gros ‘néléphant’?) du film précédent ont été remplacées ici par une br*****te visible en ombre chinoise.

On retrouve les mêmes points forts que le film de Tom Shadyac, à savoir une réalisation bo***ée d’énergie, une photographie soignée imputable ici à Donald E. Thorin, chef opérateur de Haute sécurité de John Flynn, Tango & Cash d’Andrei Konchalovsky, Midnight Run de Martin Brest, du Solitaire de Michael Mann (un cador dans son domaine quoi), un montage frénétique et une musique pétaradante de Robert Folk (Risque maximum, Rock-O-Rico, la saga Police Academy). On oublie aussi les points faibles (l’enquête qui n’a finalement aucun intérêt, d’ailleurs on n’est pas venu pour ça), pour mieux se délecter et suivre Ace Ventura dans tous ses états, placé dans toutes les situations les plus extravagantes et bien sûr hilarantes. Comme sur le premier, Jim Carrey est très bien entouré par les britanniques Ian McNeice (la série Rome, Valmont de Milos Forman) et Simon Callow (4 mariages et 1 enterrement de Mike Newell, Shakespeare in Love de John Madden) et même si le film reste un vrai one-man show, les personnages secondaires tirent leur épingle du jeu.

Doté d’un budget deux fois supérieur au premier chapitre (dont dix millions rien que pour la star), Ace Ventura en Afrique franchira la barre convoitée des cent millions de dollars de recette aux États-Unis, ainsi que dans le reste du monde. En France, le film attire un peu plus de spectateurs que pour Ace Ventura, avec 675.000 entrées (dont celle de votre serviteur). Ce triomphe permettra à Jim Carrey de remporter le MTV Movie Ward (prix qu’il avait déjà reçu pour Dumb & Dumber) et surtout de devenir l’acteur le mieux payé d’Hollywood, en empochant rien de moins que vingt millions de dollars pour sa comédie suivante. Ce sera Disjoncté – The Cable Guy de Ben Stiller.

et test du dispo chez ESC Films https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-ace-ventura-en-afrique-realise-par-steve-oedekerk/

A la vente sur le site de l'éditeur https://esc-boutique.com/produit/ace-ventura-en-afrique-bd-2/

Adresse

Fontenay-Sous-Bois

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Homepopcorn.fr publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Partager