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16/05/2021

Bon les amis, vous êtes bien sur au courant: ce mercredi les cinés rouvrent leurs portes! Réservez vos places! on se retrouve très bientôt!

Yalda, la nuit du pardon. Film iranien de Massoud BakhshiNé à Téhéran, Massoud Bakhshi a travaillé comme critique de cin...
16/10/2020

Yalda, la nuit du pardon.
Film iranien de Massoud Bakhshi

Né à Téhéran, Massoud Bakhshi a travaillé comme critique de cinéma, scénariste et producteur. Ensuite il a réalisé dix documentaires et un court-métrage Une famille respectable, tourné en Iran, est son premier long-métrage. Nous parlons du second : Yalda, la nuit du pardon
C’est une fiction inspirée d’une émission de télé réalité qui existe vraiment en Iran. Voici Maryam, 22 ans, elle a tué accidentellement son mari Nasser, 65 ans. Elle est condamnée à mort. Ce qui pourrait éventuellement la sauver c’est le pardon que Mona, la fille de Nasser, pourrait lui accorder. Au cours précisément de cette émission de télé réalité, devant des millions de téléspectateurs.

L’accusée c’est Maryam, jeune femme modeste, dépassée par la situation et accompagnée d’une mère très envahissante. Face à elle, Mona, d’une condition sociale bien différente, est sure d’elle. Si le film est bâti sur leur confrontation, il aborde des sujets beaucoup plus vastes et universels. C’est ce qui fait sa richesse et sa complexité.

Complexité d’abord. Le scénario s’enracine dans la culture et las traditions de l’islam. Les références à Allah sont donc nombreuses, et la vertu de justice est sous le couvert du droit islamique, de la charia. Sans oublier que l’Iran confesse l’islam chiite, d’où l’invocation à l’imam Hussein par exemple. Complexité donc d’une autre culture où le prix du sang est réclamé. Mais une culture qui utilise les codes du showbiz. Et c’est ce qui nous emble tout à fait incroyable : cette mise en scène clinquante sur un plateau de télévision d’un drame humain et social.

Mais aussi richesse :
La maitrise de Massoud Bakhshi est frappante : unité de temps, de lieu d’action, tout se déroule en huis clos, avec des rebondissements, des surprises, des personnages clés qui interviennent. L’action progresse avec une vraie maitrise du récit.

Complexité à nouveau : l’émission de télé réalité s’intitule « le plaisir du pardon ».
Le Yalda est l’un des quatre jalons du Calendrier persan. Il s’agit en fait de la célébration du solstice d’hiver, le 21 décembre. Le côté mercantile qui demande aux téléspectateurs de voter par SMS, par la voix d’un animateur avec oreillette est en complète contradiction avec la gravité de la situation, la vie ou la mort par pendaison pour Maryam. En studio, il y a aussi un groupe de 22 étudiants, de l’Université de l’amélioration de la pratique morale, invités à donner leur avis. Le choc entre modernité et archaïsme, spectacle et drame humain, s’articulent sur une mise en scène rigoureuse. Et c’est la richesse de ce film qui s’appuie sur un vrai langage cinématographique.

Richesse aussi par ce que à travers cette histoire singulière, ce film « Yalda la nuit du pardon », pose une réflexion anthropologique sur la justice, sur la place de la femme, sur le pardon, le mariage dans l’islam.
Mais aussi et cela nous concerne sur la société du spectacle. Et là, nous sommes impliqués. Comment en effet, devant certains programmes ne pas être affligés par la pauvreté des échanges, par le ton racoleur d’un prêt à penser sur des sujets graves. Comment ne pas s’interroger sur la place envahissante de spots publicitaires, sur l’étalage de certaines interviews complaisantes.
C’est en cela que le film de Massoud Bakhshi est vraiment puissant. Il montre à quel point ce cinéaste iranien s’intéresse profondément à l’humain.

Laissons lui la parole pour conclure :

« Mon œuvre est très diverse, chaque histoire se construit différemment avec son propre style. Je pense qu’il faut avoir une vision et une imagination forte pour faire un film original. Ce que je trouve le plus intéressant, c’est de connaître la nature de l’être humain. C’est un être avec ses désirs, ses complexes, ses rêves et ses faiblesses. À travers mes films, j’essaie d’approfondir mon regard sur l’homme. Pour moi, chaque film est une nouvelle découverte. »

N’hésitez donc plus et filez au cinéma pour une belle séance avec Yalda, la nuit du pardon ».

Mais oui, nous repartons pour de nouvelles aventures cinématographiques! Et nous commençons avec "Petit pays" d'Eric Bar...
09/09/2020

Mais oui, nous repartons pour de nouvelles aventures cinématographiques! Et nous commençons avec "Petit pays" d'Eric Barbier. Bonne séance!

Adapté du roman éponyme de Gaël Faye. (Prix Goncourt des Lycéens en 2016)
Avec : Jean-Paul Rouve Isabelle Kabano Djibril Vancoppenolle Delya de Medina
Nous sommes au Burundi, dans les années 90, où l’enfance de Gaby, et celle de sa jeune sœur vont basculer. Car la mésentente entre leurs parents ne cesse de se creuser. Le père incarné par Jen Paul Rouve est entrepreneur, la mère(Isabelle Kabano) est une Tutsi du Rwanda, réfugiée au Burundi depuis longtemps. Des parents qui laissent à leurs enfants une grande liberté, que Gaby utilise pour mener sa vie, entre ses copains, l’école, les aventures dans une vieille camionnette désaffectée. Mais il observe ses parents et le drame familial va se conjuguer avec celui du pays, puisque : « La famille est la caisse de résonnance de la grande histoire » précise Eric Barbier.
En effet en 1993, il y a des élections au Burundi. Malgré le choix par le président hutu élu d’une première ministre tutsi, les Tutsis, qui avaient la mainmise sur l’appareil d’État burundais depuis l’Indépendance alors qu’ils étaient minoritaires au sein de la la population, prennent peur et des massacres sont perpétrés dans les deux sens, fruit des haines accumulées . Cinq mois plus t**d, le 6 avril 1994, dans le Rwanda voisin, débute le génocide des Tutsis.

Ce racisme inter ethnique est incompréhensible pour l’enfant, comme l’est la situation politique, sociale. Même si, en classe, entre copains, la tension grandit inexorablement.

Eric Barbier s’est emparé du roman et le met en scène avec une fidélité et une exigence auxquelles l’auteur gaël Faye a été associé.

La caméra suit l’enfant dans sa vie quotidienne et les évènements dramatiques sont ressentis par lui, à travers ce prisme de l’enfance. Ainsi par exemple, Gaby et sa sœur dansent de joie puisque leur mère les rejoint, alors que celle ci désespérée tente vainement de joindre sa famille au Rwanda, et que les rumeurs de massacre s’insinuent de plus en plus. Elle découvrira plus t**d sa famille décimée….Mais ce jour là ce qui compte pour les deux enfants c’est le retour à la maison de leur mère.
Cet angle du récit donne un ton particulier au film, tourné au Rwanda avec 90% d’acteurs non professionnels, ce qui était pour Eric Barbier essentiel.
Son film nous immerge dans une situation de guerre et d’effroi, tout en gardant comme personnage central, ce garçon de 11ans, Gaby. Les acteurs adultes lui laissent la place et le jeu de la comédienne Isabelle Kabano, la mère des enfants, rend bien compte du drame vécu, comme le récit de la grand mère de retour de Kigali, qui sobrement raconte ce qu’elle a vu.

Un film très prenant, qui nécessite de la maturité, a voir avec des adolescents et qui peut générer des réflexions intéressantes.

Le cas Richard JewellClint EastwoodAvec Paul Walter Hauser dans le rôle titre, Sam Rockwell dans celui de son avocat Wat...
03/03/2020

Le cas Richard Jewell

Clint Eastwood
Avec Paul Walter Hauser dans le rôle titre, Sam Rockwell dans celui de son avocat Watson Bryant et Kathy Bates dans celui de la mère du héros….

Enfin héros, c’est peu être vite dit….et si ce héros était en fait un criminel, un psychopathe ?
Voyons cela de plus près.

Eastwood met en scène un e histoire vraie, celle d’un agent de sécurité qui découvre une bombe dans un parc d’Atlanta durant les JO en 1996. Il donne l’alerte et sauve de nombreuses vies. Ce héros va pourtant devenir un coupable parfait aux yeux du gouvernement et du FBI. Aussi la presse, les médias vont-ils s’empresser de le harceler transformant sa vie et celle de sa mère en cauchemar.

Quel est l’intérêt du film ?
Tout d’abord, la belle prestation des acteurs. Paul Walter Hauser qui incarne donc Richard, s’est vraiment coulé dans son personnage décédé en 2007. Il a rencontré sa mère et son avocat.
Sa composition est excellente, et il incarne un américain fier de son pays, certain que la justice veut l’aider et que les instances fédérales font leur travail animé par la vertu de justice. Il pense naïvement que ceux qui l’entourent ont la même droiture. Aussi est-il très surpris au début du film de se faire licencier de son poste de gardien sur le campus universitaire : en effet, on lui a demandé de faire régner l’ordre, et bien fier de cette mission il y met un zèle jugé très excessif et se comporte de façon décalée.
Sa naïveté, son patriotisme, sa confiance aveugle dans les institutions de son pays en font un bouc émissaire parfait.
Dans le rôle de son avocat Sam Rockwell donne aussi une véritable identité à son personnage avec un humour parfois cocasse, il campe la relation d’amitié qui se noue entre les deux hommes. Et Bobi, la mère de Richard complète ce trio, elle aussi avec beaucoup de simplicité.

Le rythme du scénario est bon, et la reconstitution des lieux à Atlanta en plein JO est réussie.
Au delà de cette affaire, que nous dit « le cas Richard Jewell » ?
Il me semble que Clint Eastwood, dans la plupart de ses films s’attache en fait à la complexité des situations, des caractères. Je pense à la façon dont il rend compte des conflits en montrant les 2 versants avec Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima. Mais aussi les drames comme Million Dollar Baby ou Gran Torino en 2008.
Ici, il choisit de mettre en scène un homme bafoué, dont on se moque tranquillement : en effet son surpoids, sa crédulité, son admiration pour la police, pour les armes ne lui laissent aucune chance. Pourtant durant 3 jours c’est un héros, dont la presse, les médias s’emparent avec gourmandise. Avec sa simplicité, il accueille les compliments de manière modeste, presque humble.
Le procès des médias est aussi flagrant. Une journaliste supplie l’avocat de « dire quelque chose, n’importe quoi ». Tout est livré en pâture.
Enfin les institutions elles-mêmes broient celui qui est accusé, trouvant bien commode de manipuler ce brave gars !

Ce film nous invite, à partir d’une histoire vraie à réfléchir sur le pouvoir médiatique, mais aussi politique d’un état aussi démocratique soit-il.. Et en ces temps troublés….ce n’est pas inutile.

« 1917 »Avec Georges Mac Kay et Dean-Charles Chapman dans les rôles principaux.Film Américano-britanique de Sam  Mendès....
24/01/2020

« 1917 »

Avec Georges Mac Kay et Dean-Charles Chapman dans les rôles principaux.

Film Américano-britanique de Sam Mendès. C’set un réalisateur célèbre à la filmographie impressionnante. Notons qu’il a réalisé 2 James Bond par exemple : Skyfall et Spectre.

L’histoire est la suivante : Deux soldats britanniques doivent porter un message d’une importance vitale qui sauvera des milliers de vie (dont celle du frère de l’un des jeunes gens). Mais pour cela ils doivent traverser les lignes ennemies.

C’est ainsi que le film s’ouvre au matin du 6 avril 1917, sur un large plan de champs fleuri. Les soldats bivouaquent paisiblement. Deux d’entre eux, Schofield et Blake somnolent et interrompus par l’appel d’un sergent ils se voient donc chargés de cette terrible mission par leur général qui précise que celle-ci les mènera « vers le linceul ou la gloire ».

Le genre du film de guerre est particulier et permet une grande liberté. Entre « La grande vadrouille », « Le Pont de la rivière Kwaï », « La 317e section » ou « Un long dimanche de fiançailles » pour rester dans le cinéma français, nous mesurons combien ce genre inspire les cinéastes. Que ce soit d’ailleurs pour nous immerger dans les combats ou nous faire partager des destins brisés ou magnifiés par la guerre. Citons encore les deux versants du conflit américano japonais de Clint Eastwood, en 2006 « Mémoires de nos pères » puis en 2007, « Lettres d’Iwo Jima ». On partageait ainsi toute la complexité du conflit, du côté américain, puis du côté japonais. On pourrait en citer beaucoup d’autre bien sur....

Mais revenons au film de Mendès, inspirés des récits que son grand père lui a racontés, qui s’est engagé à 19 ans et qui a combattu dans les Flandres.

Je le disais en commençant, le film s’ouvre sur un large plan. Mais justement c’est bien là que Mendès et le directeur de la photo, Roger Deakins accomplissent une prouesse technique : ce plan séquence dure...2 heures/ Cela signifie, que le spectateur reste dans l’action et suit les jeunes soldats sans interruption. Ce qui donne une force aux images, un rythme très soutenu et un suspens ininterrompu. Ajoutons la bande son de Thomas Newman, qui participe à la qualité de ce long métrage. Il vient d’être récompensé aux Golden Globes avec le prix du meilleur film dramatique et celui du meilleur réalisateur.

Côté acteurs, les deux interprètes principaux, Georges Mac Kay et Dean-Charles Chapman sont parfaits. Ils sont au service de leur mission avec un courage et une détermination totale. Leur amitié est aussi un moteur dramatique du scénario. Ils sont aussi généreux, fidèles.
Et nous ne les quittons pas une seconde. Dans une multitude de situations, de paysages aussi.
Sam Mendès explique son choix de situer l’action de son film justement en 1917 :

« Car c'est le moment de la Grande Guerre où les Allemands se sont repliés sur la ligne Hindenburg. En une nuit, cet ennemi a disparu pour les soldats britanniques et français. Ces derniers ne savaient pas où ils étaient partis, s'ils s'étaient rendus ou s'ils avaient battu retraite. Ils se sont retrouvés à la dérive sur cette terre qu'ils n'avaient jamais vraiment vue auparavant : la campagne française dévastée, des fermes, des vergers, des bois, des villes, des canaux et des rivières. Dans un film qui parle de transmettre un message, tout cela m'a donné un voyage que les hommes pouvaient entreprendre. C'est pour ça que j'ai choisi non seulement cette année mais ce jour en particulier, les deux heures de ce jour d'avril 1917. »

Ce film est donc une immersion dans cette mission si périlleuse qui maintient un souffle épique jusqu’à la fin.
Pour ma part, j’ai regretté que justement l’action prenne toute la place, sans s’arrêter, sans souffler. Les personnages sont sur une trajectoire dramatique dont le seul ressort est l’action. De ce point de vue, le film manquerait d’une dimension disons psychologique. Mais de fait ce n’est pas son propos.
Pour résumer cette immersion dans les tranchées et les combat est très réussie.
A voir en famille avec des ados.... (sauf si vous ne supportez ni les rats, ni la boue....) !

Un drame familial lumineux....Un vrai bonhomme Film français de Benjamin ParentAvec Tom : Thomas GUY Léo : Benjamin VOIS...
16/01/2020

Un drame familial lumineux....

Un vrai bonhomme
Film français de Benjamin Parent
Avec
Tom : Thomas GUY
Léo : Benjamin VOISIN
JB : Nils Othenin Girard
Clarisse : Tasnim JAMLAOUI

Ariane : Isabelle CARRÉ
Vincent : Laurent LUCAS

L’intrigue : le film nous met au cœur de la vie de famille de Vincent et Ariane. Respectivement Laurent Lucas et Isabelle Carré. Ils ont deux fils, Léo l’ainé en passe de devenir professionnel de basket, et Tom qui affronte une nouvelle rentrée au lycée en cours d’année. Pour lui on devine des troubles qui ont affecté sa scolarité....enfin Ariane attend u 3e enfant.

Ce résumé ne rend absolument pas la richesse humaine et psychologique du film. C’est toute la difficulté d’une chronique qui sans rien dévoiler de l’intrigue espère susciter le désir de filer séance tenante au cinéma pour découvrir ce film qui n’a pas bénéficié d’une tonitruante publicité et pourtant !

Le duo des frères est remarquable : l’aîné, sur de lui, beau gosse, sportif aux succès féminins assurés et le second petit, timide, peu sur de lui. Ils sont encadrés par le duo des parents qui portent un deuil, et en sont brisés chacun à leur façon.

Le film est une tragédie qui nous entraine dans cette vie de famille, mais aussi, et de façon que j’ai trouvé très juste, dans le passage de l’adolescence en évoquant des thématiques très actuelles comme par exemple le harcèlement, l’amitié, les rapports de mixité, les soirées trop arrosées.....et cela donne lieu à des scènes drôles, donc un film où l’on rit aussi.
Tragédie autour du duo que forme les deux frères si différents, et sur l’emprise que l’ainé exerce sur le second. Le rôle des parents interprétés par Isabelle Carré et Laurent Lucas est riche de nuances qui les rendent crédibles et attachants.
Notons encore les seconds rôles, tous très convaincants et qui font progresser l’intrigue, ce sont de vrais personnages, qui ont de l’épaisseur et à qui le scénario donne tout le place.

Il n’y a pas de dimension spirituelle au sens propre, dans ce film qui parle pourtant de la mort. Le propos est plutôt d’éclairer les mécanismes de défense mis en œuvre face au deuil, montré comme un cheminement très personnel au sein de cette famille justement.

Un ton très juste, des acteurs talentueux, un scénario précis et intelligent, une mise en scène classique respectueuse de ses comédiens. « Un vrai bonhomme » de Benjamin Parent est à voir ! Pourquoi pas en famille avec des grands ados.

Un polar roumain? Pourquoi pas!Les siffleursRéalisateur et scénariste roumain Corneliu Porumboiu Le flic, Cristi :Vlad I...
16/01/2020

Un polar roumain? Pourquoi pas!
Les siffleurs

Réalisateur et scénariste roumain Corneliu Porumboiu

Le flic, Cristi :Vlad Ivanov
La femme fatale, Gilda :Catrinel Marlon
La juge corrompue, Magda Rodica Lazar
Le maitre siffleur, Kiko Antonio Buil

« Corneliu, que voulez-vous raconter à travers l’histoire d’un flic corrompu et agent double ?
Dans le cadre d’une enquête policière très ambiguë, je raconte l’histoire d’un flic désillusionné, Cristi, qui débarque à La Gomera pour retrouver une femme, fatale, et pour apprendre un langage sifflé. Mais les choses se compliquent et rien ne se passe comme prévu. Le policier va s’embarquer dans un voyage initiatique, une sorte d’aventure aux allers-retours multiples et aux virages surprenants. »

En effet, le film est construit en chapitre portant chacun le nom d’un des personnages et qui livre progressivement des éléments d’une intrigue qui m’a parfois quelque peu échappée.
Le rythme est enlevé, et le film vaut par cette mise en scène particulière très rythmée servie par une bande son tonique. C’est aussi une façon de découvrir un aspect du cinéma qu’on connaît peu. A noter que le langage sifflé est bien réel, il existe et j’en avais fait mention à propos du film SYBEL en mars 2019.

C’est donc un film coup de poing, que nous propose le réalisateur roumain Corneliu Porumboiu. Il est à réserver aux adultes peu sensibles et curieux.
Adultes ? pour des scènes d’intimité très explicites,
Peu sensibles ? Car la violence est réelle et
Curieux ? Ce cinéma roumain très rythmé est à découvrir....

La VéritéHirokazu Kore EdaRéalisateur Japonais  (« notre petite sœur » 2015, « une affaire de famille » 2018)Pour ce fil...
10/01/2020

La Vérité
Hirokazu Kore Eda
Réalisateur Japonais (« notre petite sœur » 2015, « une affaire de famille » 2018)

Pour ce film il signe le scénario, la réalisation, et le montage ce qui donne une belle cohérence à l’ensemble.

Le cinéma d’Hirokazu Kore Eda s’intéresse aux relations familiales, aux nœuds qui se nouent dans une fratrie, aux crises qui surgissent.
On retrouve ici dans « La Vérité » cette thématique. La nouveauté c’est que cette fois le cinéaste quitte le Japon pour poser sa caméra à Paris, et tourne avec des actrices françaises, et non des moindres : Juliette Binoche et Catherine Deneuve respectivement fille et mère.

L’histoire ?
Lumir (Juliette Binoche) scénariste aux USA, arrive chez sa mère Fabienne, Catherine Deneuve. Elle est accompagnée de son mari Ethan Hawk et de sa fille Charlotte 7ans.
Fabienne vient d’écrire ses mémoires et est en plein tournage. Lumir prend connaissance de l’autobiographie de sa mère pour y découvrir tous ces mensonges. Les tensions, les ressentiments, les frustrations, les blessures de l’enfance vont opposer mère et fille, sous le regard inquiet des hommes de la maison et celui de Charlotte, qui comme la fée clochette soupoudre de gaité l’atmosphère plombée des adultes.

Comment ne pas s’ennuyer autour d’un scénario vu 100 fois au cinéma ! Une mère célèbre, égoïste, centrée sur elle même, vieillissante. Puis une fille blessée, partie au loin pour fuir cette mère insupportable. Un mari qui se fait tout petit, pris en otage entre femme et belle mère. Ajoutons l’ami de 40 années, Luc, impresario fidèle entre tous.

Le tout dans une sorte de huis clos entre la maison familiale et le studio de cinéma où a lieu le tournage.....

Et bien...justement, on ne s’ennuie pas, car ce cinéma est tout en touches successives, jamais pesantes avec des aller retour, des personnages qui enrichissent avec justesse le duo mère fille.
Ce duo justement, est tellement crédible. Juliette Binoche et Catherine Deneuve sont parfaites et elles nourrissent leur rôle avec talent. Leurs échanges éclairent le jeu des vérités autour des relations familiales : « tu n’étais pas là quand j’ai joué, au collège, ma pièce de théâtre »
« J’aime mieux avoir été une mauvaise mère et une bonne actrice que l’inverse ».

Les rôles secondaires sont aussi importants et on retrouve la même justesse dans la composition des personnages. Enfin, la vision de l’enfant, celle de Charlotte la fille de Lumir est remplie d’une poésie et d’émerveillement dans sa complicité avec les adultes qui l’entourent. La jeune Clémentine Grenier donne à son personnage une sincérité et une fraicheur étonnants.

Mais ce n’est pas tout, il faut encore souligner le film dans le film, et ce rôle que tient Fabienne dans une fiction futuriste où elle incarne la fille d’une femme qui ne vieillit pas. Ce qui donne lieu à des réflexions, des dialogues, des situations qui ponctuent cette réflexion sur la vérité à chercher entre souvenirs, transposition et mémoire.

Il y a dans le cinéma de Hirokazu Kore Eda, des scènes intemporelles, légères, fluides et pleines de grâce. On les retrouve aussi dans « La Vérité ». Comme celle ou sortant du restaurant, tous se mettent à virevolter au son d’un orchestre de rue....

Voici donc un film que j’ai trouvé riche d’une sensibilité légère servie par deux actrices en pleine connivence, et dont le propos sur les liens familiaux, la mémoire, le vieillissement a une portée universelle qu’on soit au Japon ou en France !

« LA VÉRITÉ n’est autre que le fruit de tous les efforts et de la confiance que m’ont accordée mes acteurs et mon équipe, constituée des meilleurs de la profession, à commencer par mon chef opérateur Éric Gautier. Je souhaite que le plaisir que j’ai pris sur le plateau se reflète à l’écran et que les spectateurs sortent des salles avec ce petit goût de bonheur. » Hirokazu Kore Eda.

Une vie cachée10e film de Térence Malick Avec August Diehl, Valérie Pachner« Si les choses ne vont pas aussi mal pour vo...
17/12/2019

Une vie cachée
10e film de Térence Malick

Avec August Diehl, Valérie Pachner

« Si les choses ne vont pas aussi mal pour vous et pour moi qu’elles eussent pu aller, remercions-en pour une grande part ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes que personne ne visite plus. »

Cette citation de la romancière britannique George Eliot clôt le film de Térence Malick.
Notre chronique pourrait presque s’arrêter là. Tant il est vrai que « une vie cachée » nous concerne de façon très actuelle, élargissant le questionnement du personnage principal à notre propre vie.

Reprenons le scénario de Térence Malick, largement inspiré par l’histoire vraie de Franz Jägerstatter, époux et père de famille autrichien qui refusant de prêter allégeance aux n***s, sera guillotiné en juillet 1943.

Nous allons donc le suivre, dans sa vie quotidienne, entouré de Fani sa femme, de ses trois petites filles, de sa mère aussi au sein de cette communauté villageoise de Radegund.
Le caméraman de Malick, Jorg Widmer, restitue ce petit village perché dans les montagnes autrichiennes avec un lyrisme magnifique. De larges plans donnent à ce film une ampleur apaisante. Nous suivons cette famille modeste dans les durs travaux du quotidien, avec toute la joie et la fierté du travail bien fait, dans une nature qui semble les mettre à l’abri de tout mal.
C’est une vie ample et les séquences de ce bonheur familial sont joyeuses. Quoique....
Franz réfléchit et constate que ses amis du village ont adopté sans hésitation l’anchluss qui date de 1938. La caméra va suivre son visage et capter ses hésitations, ses doutes. Peu à peu son choix d’un refus ferme du régime n**i l’expose lui et sa famille à l’hostilité grandissante de ses voisins et amis.

Ce film par la qualité des images, l’interprétation des acteurs, l’écriture du scénario est une œuvre cinématographique de grande qualité.
Malick nous interpelle d’une manière puissante à travers le personnage de Franz :
« Si Dieu nous donne le libre arbitre, on est responsable de ce qu’on fait. Ou ne fait pas » C’est l’affirmation tranquille que Franz pose devant le juge qui essaie une dernière fois de le faire plier.
Le réalisateur va déployer tous les arguments rationnels qui pourraient ébranler son personnage. Il établit ainsi un scénario où différentes personnes argumentent : le prêtre de la paroisse, l’évêque, l’avocat, le juge.... Leurs arguments sont forts et peuvent s’entendre.

C’est en cela aussi que le film est profondément intéressant, et peut largement donner lieu à des échanges passionnants. Et très actuels.

L’amour conjugal qui unit Franz et son épouse est aussi une belle dimension de ce film. La scène de leur rencontre avant l’exécution est digne, émouvante et profonde.

Il faut encore noter la musique de James Newton Howard qui participe à cette ampleur dont je parlais plus haut.

La maitrise des images, donnent au film un rythme particulier qui serre les visages, notamment celui de Franz et de son épouse au plus près. Dans sa cellule, en proie à la solitude, aux humiliations, Franz s’accroche aux paroles du Ps 23 « l’Eternel est mon berger ». Et son visage éclairé par la flamme d’une bougie nous ouvre un chemin d’éternité.

C’est donc un film puissant qu’il faut aller voir. Franz a été béatifié à Vienne en 2007 par le Cal Schönborn en présence de son épouse âgée alors de 91 ans et de leurs descendants.

Encore un détail. Vous trouverez sur le net un passionnant dossier à la fois historique, philosophique et spirituel en tapant : Une vie cachée, dossier d’accompagnement.

Terminons cette chronique avec l’invitation de François de Lacoste Lareymondie. (Il a publié en 2011 aux éditions de l’Emmanuel, un essai de philosophie morale et politique intitulé : “Je refuse ! L’objection de conscience, ultime résistance au mal“) :

« J’invite donc les spectateurs, à l’issue du film, à prendre le temps de la réflexion, et à s’interroger, non sur les autres, mais sur eux mêmes. »

BROOKLYN AFFAIRSFilm américain de et avec Edward NortonEt bien quoi de plus exquis qu’un bon polar par une triste après ...
16/12/2019

BROOKLYN AFFAIRS

Film américain de et avec Edward Norton

Et bien quoi de plus exquis qu’un bon polar par une triste après midi de pluie ? Donc direction Brooklyn avec un privé très curieux pour une histoire des plus louches bien sur, sur fond de boite de jazz.

Dans ce film nous allons retrouver Edward Norton donc, mais aussi Bruce Willis, Willem Dafoe et Alec Baldwin et Gugu Mbatha-Raw, car bien sur il y a des femmes !

Le scénario est largement inspiré du roman "Motherless Brooklyn" écrit par Jonathan Lethem. Norton déplace l’intrigue dans les années 50.

Le film fonctionne très bien par l’intrigue qui restitue des personnages et des situations classiques du polar : l’agence de détectives privés, l’amitié, le complot des puissants, la corruption, les poursuites de voitures larges comme des autobus, des clubs de jazz et l’asphalte qui brille dans la nuit newyorkaise....

C’est donc un premier plaisir. Mais pas le seul !
Edward Norton donne à son personnage une réelle épaisseur et son jeu est bien ajusté : ce détective est en effet atteint du syndrome de La Tourette. Cette pathologie qui fait que la personne prononce des mots, expressions, bruits de façon inopinée et non contrôlable. Ce qui amène des situations burlesques ou au contraire touchantes. Il campe un personnage qui sans éléments concrets veut venger son patron et ami Frank Minna interprété par Bruce Willis. Les indices sont très minces, mais peu à peu son obstination va le mener sur une affaires immobilière des plus douteuses... et des rencontres qui le sont tout autant !

Edward Norton s’est bien entouré dans ce NY des années 50 : Alec Baldwin incarne un sale type avec une belle conviction, Willem Dafoe est ambigu à souhait et les hommes de mains qui font les sales besognes ont de sales bobines.

Mais direz vous quid de l’élément féminin ? Justement, on trouve dans le scénario la blonde platine, mais pas que ! On y suit aussi une jeune femme de couleur, courageuse, décidée et futée !

Poésie, élégance, musique.... Un chouette polar !

Gloria MundiSYLVIE : ARIANE ASCARIDE RICHARD JEAN-PIERRE DARROUSSIN DANIEL GÉRARD MEYLAN MATHILDA ANAÏS DEMOUSTIER NICOL...
05/12/2019

Gloria Mundi

SYLVIE : ARIANE ASCARIDE
RICHARD JEAN-PIERRE DARROUSSIN
DANIEL GÉRARD MEYLAN
MATHILDA ANAÏS DEMOUSTIER
NICOLAS ROBINSON STÉVENIN
AURORE LOLA NAYMARK
BRUNO GRÉGOIRE LEPRINCE-RINGUET

Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était grand-père : leur fille Mathilda vient de donner naissance à une petite Gloria. Le temps a passé, chacun a fait ou refait sa vie…
Sylvie vit avec Richard et ensemble ils ont une autre fille Aurore.
Daniel découvre une famille recomposée qui lutte par tous les moyens pour s’en sortir. Difficile de faire un résumé du film sans dévoiler l’intrigue et les enchainements des faits. Notons simplement que certains personnages, sont respectueux de l’entraide familiale, d’autres au contraire se montrent terriblement égoïstes et accaparés par leurs pulsions d’argent, de sexe, (d’où des scènes...de sexe !) de biens matériels.

Réalisateur d’une 20taine de films, Robert Guédiguian ne cache pas ses préférences et références politiques :

« Pour paraphraser Marx, partout où le néocapitalisme règne, il a foulé aux pieds les relations fraternelles, conviviales et solidaires pour ne laisser subsister d’autre lien entre les hommes que le froid intérêt, le dur argent comptant. Il a noyé tous nos rêves dans les eaux glacées du calcul égoïste.
Voilà ce que ce film noir veut signifier à travers l’histoire d’une famille recomposée aussi fragile qu’un château de cartes. »

On peut s’interroger sur le fait que Marx peut aussi revendiquer les mêmes eaux glacées où furent engloutis des millions de personnes. Mais là n’est pas mon propos.
Le cinéma de Guédiguian ; donc revendique une portée politique et c’est intéressant, pour cette chronique.
Dans Gloria Mundi, on assiste de fait, à une dénonciation d’un système économique qui écrase les personnes les plus vulnérables.

C’est Sylvie (lumineuse Ariane Ascaride) qui incarne la vision sociale de Guédiguian : elle trime dur en tant que femme de ménage pour une société de nettoyage qui visiblement ne prends pas soin de ses salariés. Elle s’oppose à la grève mise en place par ses , par ce que c’est un luxe qu’elle ne peut accepter. Son compagnon Richard (on retrouve ici Jean Pierre Daroussin) est chauffeur de bus pour la ville de Marseille. Leur fille Mathilda, Maman de Gloria est vendeuse, elle aussi exploitée par un système d’emploi précaire, sans se voir proposer de travail stable. Son mari, Nicolas s’est fait chauffeur UBER, avec des crédits écrasants et une vulnérabilité certaine....

Mais curieusement, ce n’est pas ce que j’ai vu de plus flagrant. Parce que le personnage de Daniel, qui sort d’une longue peine de prison vient par sa présence éclairer la situation. Par ce qu’il va prendre soin de cette famille en proie à un emballement funeste. Sans dévoiler l’intrigue, le couple formé par la seconde fille Aurore, et son mari Bruno, va par sa cupidité, décupler les maux des uns et des autres.
C’est donc par des comportements sans moralité, sans éthique que le mal progresse et engendre le malheur, bien plus que par des décisions économiques . C’est ce regard qui m’a frappé :
En effet, la solidarité familiale portée par les grands parents de la petite Gloria, leur attention, leur courage aussi est balayé par les convoitises et mesquineries de leurs filles : les deux sœurs sont des rivales qui n’hésitent pas pour l’une à tromper son mari avec son beau frère et pour l’autre à entretenir une jalousie sournoise envers son ainée. C’est ce mécanisme là qui détériore et abime les relations intra familiales jusqu’à les faire basculer.

Autre aspect que j’ai noté, car malgré l’affirmation de Guédiguian d’avoir réalisé un film noir,
Il y a beaucoup de poésie dans ce film.
A plusieurs reprises, la caméra prend le temps de s’arrêter pour filmer Marseille, pour des scènes paisibles entre Daniel et Sylvie, des regards sont échangés, des sourires esquissés et cet homme est accueilli par son ex femme et Richard (JP Daroussin, donc) avec bienveillance. La présence de Gloria les émerveille et ils ont avec l’enfant une relation pleine de tendresse et d’attention. Comme si l’enfant dans ce film était le révélateur des comportements internes
Soutenue par les accords mélancoliques de Ravel, ces pauses poétiques ponctuent le scénario.

Un film donc dont la portée sociale est très présente.La liberté est bien cette puissance qui nous est donnée pour faire le bien. Les personnages du film, qui s’en écartent et ceux qui en font une ligne de conduite nous invitent ainsi à réfléchir à la portée morale de nos actes.

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