le monde en nous

le monde en nous Le monde en nous est un blog culturel. Autour de nous, le monde se dépêche. Chacun court, chacun accumule, chacun se précipite.

En allant vite, on perd de vue la beauté des choses que l’on traverse, l’intensité des rencontres qui nous forgent, la brièveté du temps qu’il nous est offert d’habiter…

Or, toutes ces choses qui nous échappent sont bien là, à portée de main, à peine visibles, à peine audibles, perdues au milieu du tourbillon d’un toujours plus, plus moderne, plus grand, plus voyant, plus cher. Parce qu’elles rés

onnent en nous de façon obstinée, parce qu’elles nous font vibrer sans faillir jour après jour, parce que nous y voyons une forme de survivance aux grands mouvements qui se font malgré nous, nous avons décidé de les consacrer et de les partager. Nous tous qui sommes animés par cette envie de vivre pleinement, de donner de la valeur au temps et aux choses, de créer du lien entre les cultures et les gens, nous tous sommes désormais riches de cet espace de découverte et d’échange : le monde en nous.

    🎞️ "Mémoires du sous-développement" de Tomás Gutiérrez Alea, film cubain majeur de 1968, découvert en clôture du Fes...
13/04/2026

🎞️ "Mémoires du sous-développement" de Tomás Gutiérrez Alea, film cubain majeur de 1968, découvert en clôture du Festival CLaP organisé par l'association Image et Parole.

Bien que le titre soit énigmatiquement beau, je n'aurais pas eu spontanément envie d'aller voir un film sur le "sous-développement" un dimanche soir. J'ai pourtant découvert un chef d'œuvre – selon mes critères d'appréciation tout personnels, car il ne s'y passe pas grand chose... et pourtant, tout le film est traversé de tensions passionnantes en écho à la crise qui touche Cuba après la Baie des Cochons.

Dans un style Nouvelle Vague, on suit les déambulations oisives de Sergio, un "écrivain raté", dont la famille et l'ex-femme se sont exilées aux États-Unis. Esseulé et séducteur, il pose un regard à la fois lucide et amer, cruel et désabusé, sur la bourgeoisie dont il est issu, autant que sur le sous-développement dans lequel est plongé son pays.
Le personnage, de par son ton désenchanté assez nihiliste et son inconséquence pénible avec les femmes, est plutôt antipathique. Ne se remettant lui-même jamais en question (et pourtant réaliste sur sa "mort" intérieure), il juge les autres de haut, comme une sorte de colon dans son propre pays, comme Hemingway qu'il critique... Sergio m'a semblé une figure très intéressante car intemporelle de "l'intellectuel" qui analyse sans agir et reproduit, inconsciemment (et ironiquement !), des systèmes de domination et d'oppression dont il se croit éloigné !
Qui ne s'y reconnaîtrait pas un peu en faisant sa propre auto-critique ?

Formellement, le film est magnifique (bravo la restauration) : cadrages superbes (notamment sur les visages), plans subjectifs, mêlés à des images ou vidéos d'archives (qui montrent les victimes cubaines). À la fois sensuel et précis. Double critique fine (mais un peu déprimante) d'une société pourrie en devenir et d'un homme passif incapable d'advenir. J'ai été surprise que ce film ait pu voir le jour car il m'a semblé subversif pour l'époque et le lieu.

Parce qu'il tient eveillé et nous oblige à nous interroger sans cesse sur ce que dit Sergio, il mérite d'être redécouvert.

C / Nemo Ito

05/04/2026

🎵 Grosse ambiance hier à la Saint Seiya Symphonic Adventure au Le Grand Rex Paris, hommage de plus de 2h à l'anime culte tiré du manga de Masami Kurumada, qui fit les belles heures du Club Dorothée pour les enfants genXY.
J'aime ce concept de ciné-concert ou concert symphonique autour de musiques de films car, même si c'est assez cher, le public est plus mixte que dans les salles de classique habituelles. Et les œuvres, mêlant orchestration symphonique et mélodies + instruments pop (guitare électrique, basse, batterie...), sont expressives et abordables. Une chouette façon de désacraliser l'orchestre symphonique et de valoriser la culture pop.
La B.O. des "Chevaliers du Zodiaque" de Seiji Yokoama se prête particulièrement à l'exercice, même si on n'a pas vu la série entière : mon fils, qui s'est endormi durant la 1re partie, a apprécié la 2e. 😅 Elle alterne les grands moments épiques, les chants éthérés (par Kazuko Kawahisma, la soprano originale !), les thèmes mélancoliques au piano et les envolées lyriques mélodramatiques, amplifiant la démesure de la série, ultra violente, remplie de morts, de sacrifices, de sang et de larmes...
Elle est jouée ici en parfaite synchronisation avec un montage au cordeau qui résume brillamment les 114 épisodes des arcs "Sanctuaire" (je me suis spoilée car je n'avais jamais vu la fin de l'histoire ! 😂) , "Asgard" et "Poséidon". Un énorme bravo à toute l'équipe créative de Overlook Events car ça a dû être un défi ! Romain Dasnoy, Yoann Berger, Damien Maric, Henry Jockey 👏🏻
L'Ensemble Symphony Orchestra, mené par Adrián Ronda Sampayo sur de magnifiques arrangements d'Alexis de Compreignac était formidable ; dommage que le guitariste électrique et le bassiste très funk n'aient pas été plus visibles.
Le chanteur Kacky a été à la hauteur de NoB sur "Pegasus Fantasy" qui a mis le public (certains déguisés) en délire.
Mon frère, fan absolu, attendait en big surprise Bernard Minet, mais je pense qu'il était le même soir au concert événement de Dorothée Officiel ? 😍
Une superbe soirée qui m'a donné envie de tout revoir !

Nemo Ito

22/03/2026

Découverte pour moi hier de "La Finta Giardinera", opéra de Mozart composé alors qu'il avait... 18 ans ! La générale promet un beau spectacle : le livret, très actuel, mêlant amour, désir de possession, jalousie, violence et folie, se déploie dans une scénographie mystérieuse et magique, aux très belles lumières. 👏🏻 L'amour peut-il transformer ?
Réponse (ou pas) du 24 mars au 1er avril à la MC93 de Bobigny.

Julie Delille
Opéra national de Paris
Orchestre Ostinato

Nemo Ito

ℹ️ https://www.mc93.com/saison/la-finta-giardiniera

    Faut qu'on m'explique la classification des films en France. "Elle" de Paul Verhoeven est déconseillé aux moins de 1...
07/03/2026

Faut qu'on m'explique la classification des films en France. "Elle" de Paul Verhoeven est déconseillé aux moins de 12 ans alors qu'il y a au moins 5 scènes de v1ol (que j'ai trouvées intolérables) ("thriller érotique" : en quoi le viol est érotique ???) et des idées malsaines jusqu'à la nausée (la "bonne idée de faire la morte" pendant une séance de s3xe visiblement violente)... Heureusement, je n'ai pas regardé ce thriller "néo-hitchcokien" (on en est loin) avec mon fils, la seule présence d'Isabelle Huppert - que j'admire - m'en ayant dissuadée.

Dans ce film qui pousse lourdement le glauque à son paroxysme, elle est totalement à son aise, usant et abusant de sa maîtrise de son "absente présence". (Détail sans rapport qui me passionne : calculer les âges dans les films - elle a tourné "Elle" alors qu'elle avait la soixantaine, or son personnage est sans aucun doute beaucoup plus jeune : son père de 76 ans a passé 30 ans en prison et au moment du trauma, elle était ado selon la photo, donc dans le film, elle doit avoir 45 ans).

Je suis ressortie un peu énervée de ce visionnage qui a été très rébarbatif - j'ai failli craquer en cours. Malgré le talent des acteurs (sous employés pour certains), les personnages sont tous assez antipathiques et peu crédibles dans leurs comportements, particulièrement Isabelle, même si on comprend bien l'espèce de distance / dissociation qui la protège du réel. Le film prend une tournure encore plus pénible lorsque l'identité de l'agresseur est dévoilée, nous entraînant dans une sorte de jeu SM dangereux qui règlerait les névroses de l'héroïne. En allant jusqu'au bout du sordide, Verhoeven (ou Djian, puisque c'est une adaptation d'un de ses romans) rend paradoxalement leur vérité et leur dignité à ses personnages. Peut-on se redresser en étant tordue ? Honnêtement, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le propos (surtout avec la phrase de Virginie Efira), mais je trouve que le viol est abordé d'une façon presque comique et dédramatisée malgré tout, en tout cas ambiguë, qui laisse un goût amer - même si ça se veut peut-être féministe ? Un film d'avant plus gênant que transgressif.

C /

03/03/2026

• Superbe travail que celui de .evajospin présenté jusqu'à la fin du mois au (prolongation jusqu'au 29 mars je crois !) Les mondes de "Grottesco", sculptés avec minutie dans du carton, évoquent des ruines souterraines, une civilisation ancestrale perdue au milieu des lianes, les temples d'Angkor et l'Atlantide, Piranesi et Hubert Robert... C'est foisonnant, impressionnant, envoûtant. On voudrait devenir tout petit et gravir ces longs escaliers, regarder à travers ces interstices éclairés de l'intérieur, passer sous ces cascades de fil, se perdre dans ces forêts mystérieuses, pareilles à de la dentelle... Les quelques œuvres exposées sont une splendeur, un mini voyage qui fascinera aussi les plus jeunes. J'ai adoré. 👏🏻

C /

18/02/2026

Un grand merci à et du pour m'avoir permis d'assister à la représentation de "À mots doux" de Thomas Quillardet hier. 🎶
Si j'ai trouvé la pièce plutôt plaisante, elle m'a néanmoins laissée un peu sur ma faim - en tant qu'ancienne ado-dans-son-monde et toujours-fan-qui-essaie-de-ne-pas-être-trop-hardcore 😅 (c'est dur). C'est souvent amusant, surtout grâce aux références, mais en dehors du concert de 1999, très bien retranscrit avec une économie de moyens (supers lumières, supers expressions faciales du comédien qui joue Sylvain), on manque un peu d'enjeux dramatiques, et surtout de... rythme...
Les comédien·nes musicien·nes chanteureuses sont cependant excellent·es et les arrangements des chansons intéressants. C'est toujours un plaisir d'entendre de la musique live sur scène, dans une pièce de théâtre.
En bref, pour moi, un hommage intimiste original qui ravira surtout les fans, je pense.
Super idée : la soirée conviviale autour d'un karaoké avec les membres de la troupe et le personnel du Théâtre du Rond-Point après la représentation. C'était g*i, bon enfant et ça m'a redonné le goût de m'égosiller (comme on peut l'entendre sur la vidéo 😰).
"Tu as trouvé tes vrais amis" comme m'a dit une amie.
Si vous aimez Mylène autant que moi et que vous avez vu le spectacle, n'hésitez pas à partager vos impressions.

C /

08/02/2026

🎹🎻 Magnifique moment en compagnie du pianiste cubain Roberto Fonseca et du violoncelliste Vincent Segal au Théâtre du Châtelet. Deux musiciens virtuoses, une complicité évidente et un son de velours pour un concert malheureusement bien trop court. 🥲

🙏🏻 Nadia pour cette soirée jazzy qui me change de ce que j'écoute habituellement.

C / Nemo Ito

    👑🌞 Magnifique exposition du "Trésor retrouvé du Roi-Soleil", une série de tapisseries immenses commandées en 1668 po...
08/02/2026

👑🌞 Magnifique exposition du "Trésor retrouvé du Roi-Soleil", une série de tapisseries immenses commandées en 1668 pour la grande Galerie du Louvre – projet qui ne se réalisera jamais avant que le Roi ne parte pour Versailles, mais dont nous avons pu admirer une reconstitution sous la verrière du (dernier jour aujourd'hui).
41 tapis sur les 92 illustrés par Charles Le Brun et tissés à la Manufacture de la Savonnerie subsistent, dont 33 seulement complets. Certains retracent des épisodes de la vie du Roi (couronnement, mariage, siège de Douai, prise de Lille, construction des Invalides, visite de la Manufacture des Gobelins...) Instagram avant l'heure ! 😊
Le savoir faire est impressionnant (yeux / regards, cheveux, drapés...) et l'ensemble a heureusement traversé les siècles sans trop de dommages. Détail marrant : dans l'une des scènes, un homme semble "importuner" une dame dans le public.
Le lieu, très éclairé par le soleil, permettait une belle visibilité, même s'il y avait beaucoup de monde à 11h (mais la queue était pire à midi).
Je ne sais pas quand et où cela pourra être à nouveau admiré mais ça valait le coup d'œil.

C /

06/02/2026

🔥 Alors là, alors là 😳... Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris un tel plaisir au théâtre. J'ai découvert par hasard et en dernière seconde "L'affaire l.ex.π.re" grâce à mon amie Baz qui me l'a recommandée avec tant d'enthousiasme (elle voulait que je vienne découvrir lors d'une scolaire) que je me suis motivée pour y aller au débotté avec H. Et quelle découverte !
Une pièce unique en son genre, qui fait la part belle au cinéma, au doublage, au bruitage, à la musique live, à la langue classique (même si je n'ai pas été toujours fan de la diction de l'alexandrin racinien)... Dans un dispositif bifrontal que, personnellement, j'adore, le public est plongé dans un polar à l'atmosphère captivante, autour de la pièce "Phèdre". Le public ne voit pas la même chose d'un côté ou de l'autre (ou du moins, pas dans le même ordre !)
Tout est maîtrisé au cordeau : la synchronisation des images et du son est ludique et surtout fascinante et les 3 films (2 points de vue, 2 destins différents + l'épilogue qui les réunit) sont magnifiques.
Métilde Weyergans et Samuel Hercule sont incroyables d'intensité, les deux musiciens les soutiennent parfaitement. À la fin, j'avais les larmes. 🥺
"C'était magnifique !" m'a dit mon fils de 13 ans qui ne croyait pas que c'était déjà fini. C'est la première fois que je l'entends me dire ça en 10 ans de spectacles ensemble. 😅
⚠️ Dernière demain 7 février au Théâtre de la Ville - Paris (complet mais tentez votre chance !) puis en tournée à La Rochelle, Clermont-Ferrand, Marseille, Le Havre et Lyon. Je crois que c'est complet aussi à Lyon mais inscrivez-vous sur la liste d'attente, emmenez vos ados (racontez-leur "Phèdre" avant), vous allez passer un moment génial ! Moi je veux tout voir d'eux maintenant !
La Cordonnerie

C /

    🎬 Yann Gozlan ne réitère pas la réussite de "Boîte noire", mais son "Gourou" est quand même un peu mieux que "Vision...
04/02/2026

🎬 Yann Gozlan ne réitère pas la réussite de "Boîte noire", mais son "Gourou" est quand même un peu mieux que "Visions" qui m'avait fort déçue (malgré une fin très "La Jetée" de Chris Marker ou "Le locataire" de Polanski).

Il faut dire que Pierre Niney est un bon acteur, qui rend plutôt crédible le personnage de Matt, ce cliché du coach en développement personnel, entre prédicateur télévisuel américain et gourou d'une nouvelle forme de secte. Le film commence en tout cas plutôt bien, avec une scène de catharsis collective hallucinée autour d'un personnage, malheureusement sous-exploité par la suite, joué par le talentueux Anthony Bajon.

Il y aurait tant à dire sur ces influenceurs du bien être qui pullulent sur les réseaux sociaux et font leur beurre du mal-être des autres, au prétexte de les aider... Le film évite, peut-être avec raison, la condamnation trop didactique. Il se concentre sur Pierre Niney, de tous les plans (les autres ont l'air de faire de la figuration, à quoi sert la pauvre Marion Barbeau ?), au départ entrepreneur "sans le bac" relativement sympathique et à l'air sincère, qui se retrouve pris à son propre piège, à ses propres discours...
[SPOIL] C'est intéressant de montrer qu'il est, au fond, atteint lui-même d'une forme de folie, d'une blessure narcissique qui le rend pervers sans qu'il le réalise,[/SPOIL] mais le personnage du frère, introduit bizarrement, rend soudain l'histoire bancale. La machine se dérègle alors de façon artificielle, avec des séquences très répétitives qui finissent par lasser au lieu d'effrayer et un autre personnage qui se dévoile de façon improbable... Il manque un ingrédient (de la dramaturgie, comme dit la copine qui m'a invitée 😊) pour qu'on soit totalement pris dans les filets de ce "Gourou".

Restent néanmoins des scènes très bien vues : l'emballement sur les réseaux sociaux, et surtout une séquence stupéfiante, presque gênante : un passage chez Hanouna où le populisme assumé de l'émission accouche... d'un mensonge et d'un monstre. Je me demande encore quel chèque le mec a touché pour jouer son propre rôle avec tant de cynisme...

Distrayant, sans plus.

C /

    🎬 Déception devant "Resurrection" de Bi Gan (Prix du Jury à Cannes), dont la bande annonce avait attisé mon désir. M...
04/02/2026

🎬 Déception devant "Resurrection" de Bi Gan (Prix du Jury à Cannes), dont la bande annonce avait attisé mon désir. Même si le film atteint parfois des sommets de splendeur onirique, il hésite trop, selon moi, entre une radicalité assumée et la volonté consensuelle de conserver une trame narrative classique, doublée d'un message gentillet sur la magie du cinéma à préserver.
"Resurrection" est donc avant tout une sorte d'exercice de style-hommage appuyé au 7e art, qui puise avec brio dans différents genres et techniques, de la créativité magique de ses débuts à ses tours de force techniques plus récents.

La première partie (la femme qui découvre "le rêvoleur") et le dernier rêve sont à cet égard, pour moi, les deux sommets du film. Tout le début nous ramène à la genèse du cinéma – muet ("L'arroseur arrosé" !), de Méliès, l'expressionisme allemand, avec ses décors aux perspectives biscornues et ses références à Nosferatu. C'est renversant de beauté. Le dernier rêve, dans ses tons de rouge, avant une belle rupture de bleu, est filmé quant à lui quasi en plan séquence et vue subjective. C'est magistral.

Les transitions de plans sont fabuleuses (notamment dans le train) et le travail sur les couleurs, le son et les décors est extraordinaire.
D'ailleurs, les sens sont convoqués au fil des histoires, chacune ayant aussi sa période historique et sa couleur : 30s / l'ouïe / bleu, 60's / le goût / blanc, 80s / l'odorat / jaune, 99/ le toucher (?) / rouge... La vue étant, je suppose, le début (20s) et globalement, l'expérience que vit le spectateur-rêveur lui-même ?
Du polar mystérieux steampunk au film de vampires, en passant par le dialogue philosophique (le temple, partie la plus faible), le film est un peu trop conceptuel et finit par ressembler à une sorte de patchwork best of ce qui s'est déjà fait avant – j'ai pensé à "Shokuzai" de Kiyoshi Kurosawa, "2046" de Wong Kar-Wai...

L'objet est donc objectivement sublime et fascinant, mais un peu trop pompeux et sans émotion réelle. À voir pour les curieux qui peuvent encore rester assis 2h40 devant un film un peu... ennuyeux. (J'ai quand même aimé) (je vais au cinéma seule).

C /

    🎬 Joli film découvert ce soir à la faveur d'une invitation inopinée de Marie-Pierre (vive le Centre Culturel Irlanda...
02/02/2026

🎬 Joli film découvert ce soir à la faveur d'une invitation inopinée de Marie-Pierre (vive le Centre Culturel Irlandais 🍀) : "Christy and his brother", premier film de Brendan Canty.
J'ai un peu soupiré intérieurement devant les premiers plans aussi déprimants que du Ken Loach 😅, comme si l'Irlande se traînait toujours la même imagerie cliché d'un pays grisâtre où tout le monde trime et boit et/ou se bat. On suit donc avec quelque anxiété le parcours incertain de Christy (prénom christique), 18 ans dans quelques jours. Expulsé de sa famille d'accueil, le voici en transit chez son demi-frère aîné, Shane, jeune papa qui s'inquiète de la situation. Christy porte sa croix au sens propre comme au sens figuré, se cherche, se perd, rencontre des personnages atypiques et sympathiques, mais aussi quelques figures du "mal".
Le film tient en équilibre précaire au bord du déjà vu : petites maisons ouvrières, "gueules authentiques", atmosphère prolétaire entre bière et jogging... [SPOIL] On redoute sans cesse la chute, la tragédie inéluctable. Mais, avec une grâce inattendue, qui effleure tendrement les peaux au plus près des visages, des mains, une caméra sensuelle qui caresse les herbes frémissante, la lumière tombante d'une fin d'après-midi, les étincelles d'un feu de joie, le film déjoue avec tendresse le piège du déterminisme et de la reproduction sociale. [/SPOIL] Entretemps, on aura quand même versé une petite larme (moi en tout cas, lors de la scène entre Christy et sa belle-sœur, ou à chaque plan sur le bébé ou Christy enfant... 💔) jusqu'au générique final, à voir.
Délicat, Brendan Canty respecte la pudeur des liens entre les deux frères, laisse flotter l'absence des parents et les souvenirs fantômes, ne stigmatise pas les services sociaux, même s'il montre un système sous tension. Dommage que quelques personnages soient un peu sacrifiés (la jeune ju**ie), mais l'imperfection fait tout le charme de ce film lent,.touchant et attachant, notamment grâce à ses acteurs naturels, au premier rang desquels Danny Power. Souhaitons-lui une belle carrière.

[C / Nemo Ito]

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1 Rue De Belleville
Paris
75019

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