02/06/2026
D’ARTAGNAN ET LE SANG DES RÉVOLTÉS
Mardi 9 juin à 18h00. Entrée libre
En 1670, la France sort affaiblie de la guerre de Dévolution contre
l’Espagne. Les finances royales sont exsangues et il faut encore financer le
canal du Midi. Un hiver terrible ravage les récoltes : blé, oliviers, tout gèle.
Dans les Cévennes et le Vivarais, la misère paysanne devient extrême.
À la taille, la dîme, la gabelle et les corvées seigneuriales s’ajoutent de
nouvelles taxes, tandis que noblesse et clergé restent exemptés d’impôts. Excédés, les paysans se soulèvent, armés de fourches
et de faux, incendient quelques châteaux et s’en prennent aux collecteurs d’impôts. La révolte gagne le Vivarais, autour d’Alès,
Beaucaire et Le Puy, rassemblant jusqu’à 20 000 insurgés. Les révoltés se choisissent pour chef Antoine du Roure, petit noble
persuadé que le roi entendra leurs doléances. Mais la trêve proposée par les autorités n’est qu’un piège : 8 000 soldats royaux,
dont des mousquetaires commandés par d’Artagnan, sont envoyés réprimer l’insurrection. Dans la plaine de Villedieu, près
d’Aubenas, les troupes surprennent de nuit les paysans épuisés et sans sentinelles. Le massacre est terrible : "On tua autant
qu’on le voulut ", rapporte un document de l’époque. La répression se poursuit avec une extrême barbarie : exécutions, pillages,
pendaisons, villages punis, condamnations aux galères. Roure, arrêté à Toulouse, est condamné au supplice de la roue avant d’être
décapité. Longtemps oublié, cet épisode sanglant du règne de Louis XIV ressurgit grâce aux travaux de Pierre Ribon, historien
amateur ardéchois et descendant d’un insurgé pendu lors de la révolte. Cette violence annonce d’autres drames, notamment la
guerre des Camisards après la révocation de l’édit de Nantes, en 1702.
Projection unique proposée par les archives départementales de
Privas dans le cadre de l'exposition "Un début à tout"