30/06/2026
SUPERGIRL – La Critique d’Anth Au Ciné
(Sans Spoilers) 🦸♀️🦸♀️
J’y allais sans aucune conviction. Pour être totalement transparent, j’avais détesté Superman de James Gunn. C’est même l’un des rares films de super-héros où, à mes yeux, il n’y avait rien à sauver. Krypto était cool, point. Je craignais donc que Supergirl reprenne exactement les mêmes défauts : la même écriture, les mêmes facilités. Finalement, je suis ressorti de la salle agréablement surpris !
Le film redonne de la crédibilité au genre super-héroïque James Gunnien. Son scénario repose sur des thèmes que l’on connaît déjà très bien dans l’univers DC : le deuil, la vengeance, la colère, la reconstruction. L’idée qu’une personne meurtrie ne guérira pas en tuant celui qui a détruit sa vie a déjà été abordée à plusieurs reprises, notamment dans les films Batman par exemple. Pourtant, ici, tout est intégré à l’histoire de Kara.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’évolution du personnage principal. On découvre une Kara complètement perdue, qui erre de planète en planète sans soleil jaune afin de redevenir vulnérable, ressentir la douleur, les effets de l’alcool, et finalement essayer de fuir sa propre souffrance. C’est une héroïne cabossée, nonchalante, parfois vulgaire, parfois immature, mais toujours profondément bienveillante. Plus le film avance, plus elle évolue. Et c’est la plus grande qualité du scénario.
L’origine story est également très bien intégrée. Contrairement à beaucoup de films qui racontent la back story dès les premières minutes. Ici, elle se dévoile progressivement. Plus la relation entre Kara et la jeune fille qui l’accompagne gagne en confiance, plus elle accepte de raconter son passé. On découvre Krypton, son arrivée sur Terre, ses blessures, son lien avec Kal-El… Tout cela s’intègre naturellement au récit sans jamais donner l’impression de ralentir le rythme. Pour un personnage moins connu du grand public que Superman, j’ai trouvé que c’était une excellente décision d’écriture.
J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre les deux personnages principaux . Toutes les deux portent une douleur immense, mais elles ne l’expriment pas de la même manière. Kara comprend progressivement que la vengeance ne soulagera jamais cette jeune fille, tout simplement parce qu’elle connaît elle-même cette souffrance. Ce parallèle fonctionne très bien et apporte à certains moments du film une vraie émotion, sans tomber dans le cliché.
L’autre bonne surprise, c’est Krypto. On pouvait craindre qu’il ne soit qu’un simple élément comique destiné à séduire le public comme dans Superman, il n’en est rien !
Et pu**in, bonne nouvelle !
Visuellement, le réalisateur Greg Gillespie apporte sa personnalité au film. On sent que James Gunn supervise toujours l’univers DC, mais la mise en scène possède une identité propre, et il y a de la mise en scène qui raconte quelque chose cette fois, très bon point donc.
Il y a une vraie volonté d’iconiser Supergirl à travers de nombreux plans très cinématographiques. Les scènes de vol sont beaucoup mieux filmées et évitent les gros plans répétés en mode zoom visage qui m’avaient énormément agacés dans Superman. Les chorégraphies de combat sont réussies et dynamiques. Kara apparaît enfin comme une héroïne puissante et particulièrement badass. Et merci !!
Ce film est généreux en intrigues et scènes d’actions, ça fait plaisir !
Tout n’est pas parfait pour autant. Les effets spéciaux restent parfois inégaux et certaines incrustations rappellent malheureusement The Flash. Quelques ralentis en pleine scène d’action m’ont également paru un peu datés. C’est un procédé qui peut fonctionner lorsqu’il est assumé jusqu’au bout, mais ici il ne m’a pas totalement convaincu.
Mais heureusement, il est très peu utilisé.
Côté musique, j’ai davantage été séduit par les morceaux pop/rock que par la partitions orchestrales, dommage ! Les chansons fonctionnent parfaitement et rappellent évidemment l’ADN de James Gunn, notamment Les Gardiens de la Galaxie.
Concernant les actrices, la nouvelle interprète de Supergirl est un excellent cast. J’étais pourtant très attaché à Melissa Benoist, la Supergirl de la série, mais ce nouveau visage fonctionne parfaitement. Elle apporte une énergie différente, plus brute, plus insolente, tout en conservant une véritable bienveillance au fur et à mesure du film. Elle retranscrit avec succès cette nouvelle écriture du personnage et je pense sincèrement que le public va s’attacher à elle. Le nouveau costume lui va bien aussi.
Jason Momoa, lui, est toujours aussi charismatique dans le rôle de Lobo. Mon seul regret est qu’on continue à lui demander d’interpréter un personnage très proche de ceux qu’il joue habituellement. Je sais pourtant, notamment grâce à la série See, par exemple, qu’il est capable d’aller beaucoup plus loin niveau acting. Ici, il interprète un méchant qui cabotine, même si c’est moins appuyé que d’habitude. Ce n’est donc pas un reproche envers l’acteur, mais davantage envers l’écriture du personnage.
Enfin, les débats autour du ton du film et des comparaisons avec Zack Snyder : Pour moi, cette comparaison n’a pas beaucoup de sens. Le Snyderverse assumait une approche sombre, tragique, mature et premier degré. Ici, James Gunn et Greg Gillespie proposent exactement l’inverse : un cinéma pop, lumineux, coloré, aux images parfois saturées en calorimétrie, parfois irrévérencieux, qui assume totalement son côté comics.
On peut préférer l’une ou l’autre vision, mais elles poursuivent des objectifs totalement différents. Les opposer revient presque à passer à côté de ce que le film cherche réellement à montrer. Eh oui l’époque de Snyder c’était super, la trilogie de Nolan est un bijou de cinéma, et il faudra accepter en entrant en salle que cette époque est révolue, et qu’elle est à jamais dans nos cœurs.
Attendre de ce nouveau DCU l’écriture du Batman de Matt Reeves avec Robert Pattinson est une erreur.
Ici, vous aurez l’occasion d’y voir des inspirations qui oscillent entre John Wick et Furiosa pour les jeunes, et je trouve que c’est à saluer, et non à jeter !
Au final, Supergirl est une bonne surprise : un film de super-héros extrêmement divertissant, rythmé, généreux en action, porté par deux héroïnes attachantes qui bénéficient d’un véritable arc narratif, et d’une évolution notable au sein du récit. Il ne révolutionne pas le genre et les thèmes abordés sont loins d’être inédits , mais il corrige selon moi une grande partie des défauts que j’avais reprochés à Superman, et il y en avait !!!
Son positionnement de cible est étrange, il n’est pas pour les très jeunes et est peut-être trop cartoonesque pour les trentenaires, sans doute pourra t’il diviser ça et là sur ce point, oui mais maiiiis.
Il est beaucoup plus mature dans le ton et dans l’intention, donc pardonné !
Beaucoup moins dans l’auto dérision et la recherche de la petite blague permanente.
Et bravo pour ça aussi !!
Concernant les messages à double lecture, la planète des méchants et uniquement composée d’hommes, d’hommes méchants. Mais c’est effleuré en seconde lecture, pas moralisateur bien que le message soit passé, et Lobo contrebalance les choses d’une manière crédible, donc les opposés au wokisme de basses planètes ne seront pas bousculés.
Il n’est d’ailleurs jamais question d’amourettes ou d’orientations sentimentales, de petit copain ou petite copine, et la seule anatomie qui bouge dans ce film c’est celle de Krypto quand il est content 😉
Je suis ressorti avec le sourire, ce qui n’était franchement pas gagné. Si vous aviez été déçus par Superman, je vous conseille vraiment de laisser une chance à sa cousine. ☄️
Un succès au box-office serait mérité, car l’intention est là, et les corrections attendues aussi.
Je vous conseille d’y aller !!
Ma note : ⭐⭐⭐⭐☆ (3,8/5)
Vu en avant-première public le 29/06/2026