07/09/2017
Qu'Allah benisse le Senegal
Un senegalais raconte son aventure:
" J’étais en voiture, sur le chemin du retour
depuis New York pour Montréal, où j’habite
depuis maintenant plus de 20 ans.
Au poste frontière, je remettais mon passeport à la préposée à la douane, et lorsqu’elle lut: « Lieu
de naissance: Dakar-Senegal», elle me
demanda:
- Comment va le Sénégal ?
- Ça peut aller, lui répondis-je. Tout ce que l’on souhaite, c’est que ça continue à aller autant
bien que mal…
- Depuis combien de temps vivez-vous au
Canada?
- Je viens de boucler ma 20ème année.
- A quand remonte votre dernière visite au Senegal ?
- C’était il y a deux ans.
Elle me fixa en souriant et me dit:
- Lequel des deux aimez-vous le plus, le Sénégal
ou le Canada?
- La différence que je fais entre le Senegal et le Canada, est exactement celle que je fais entre
ma mère et mon épouse. Mon épouse, je l’ai
choisie, je suis tombé sous son charme, je
l’aime,
j’en suis amoureux, mais elle ne peut en aucun
cas me faire oublier ma mère.
Je n’ai pas choisi ma mère, mais je sais que je lui appartiens. Je ne me sens bien que dans ses
bras; je ne pleure que sur son épaule.
Elle referma mon passeport, me fixa avec
étonnement, puis me dit:
- On entend souvent dire que la vie est très
difficile au Sénégal . Comment pouvez-vous
aimer autant ce pays?
- Vous voulez dire « ma mère »?
Elle sourit et dit: supposons-le.
- Ma mère est peut-être pauvre; elle n’a pas de
quoi me payer mes soins, encore moins les
honoraires du médecin, mais la tendresse de son
giron quand elle m’étreint, et la chaleur de son
cœur lorsque je suis dans ses bras, suffisent à
me guérir.
-Décrivez-moi le Senegal.
- Le Sénégal n’a pas la beauté blonde, mais la vue de son visage vous apaise, n’a pas les yeux
bleus, mais sa vue vous met en sécurité. Ses
vêtements sont simples, mais il porte dans ses
plis bonté et miséricord, ne se pare pas d’or et d’argent, mais
porte à son cou un collier d’épis de blé, dont se
nourrit tout affamé. Les brigands l’ont spolié,
mais il continue de sourire.
Elle me remit mon passeport et dit:
- Je connais le Senegal à travers les écrans de la
télé, mais je n’y trouve rien de ce que vous
m’avez décrit.
- Vous avez vu le Senegal des cartes géographiques.
Quant à moi, je parle du Senegal enfouie dans mes entrailles.
- Je souhaite que votre fidélité pour le Canada
égale celle que vous ressentez pour le Sénégal …
Je veux dire votre fidélité à l’épouse autant qu’à la mère.
- Entre le Canada et moi, existe un contrat
auquel je dois fidélité, et je ne suis pas de ceux
qui ne respectent pas leur contrat.
Et je souhaiterais que vous sachiez que cette
fidélité, c’est MA MÈRE qui me l’a enseignée….