Les chroniques d'un métamorphe

Les chroniques d'un métamorphe Histoire films; série togolais, africain

  - Épisode 6 : La vérité Je pensais que c’était fini avec Ela. Que je l’avais oubliée.Mais ce qui se passe avec Eliora ...
07/06/2026

- Épisode 6 : La vérité

Je pensais que c’était fini avec Ela. Que je l’avais oubliée.
Mais ce qui se passe avec Eliora me prouve le contraire.
5 fois. 5 fois avec Eliora, et rien. Pas une pulsion. Pas un frisson.
Peut-être c’est elle, le problème ?
Alors j’ai testé ailleurs. 3 filles différentes cette semaine.
Même résultat. Le vide.
Donc c’est moi ? Impossible…
Je commence à paniquer. Aller à l’hôpital ? Trop honteux.

Assis dans la cour, j’ai une idée :
Faire venir Ela. Lui demander ce qu’elle m’a fait.
Je l’appelle. Elle ne répond pas.
15 minutes plus t**d, elle me rappelle.

— Enfin te voilà. Ça va ?
— Ça va, Éric. Et toi ?
— Ça ne va pas. Et tu en es pour quelque chose.
— Ne me dis pas que tu veux qu’on se remette ensemble.
— Je pensais que c’était ce que tu voulais, Ela.
— Ah, donc tu as réfléchi à ma proposition ?
— Laquelle ?
— Te remettre avec moi.
— Jamais ! Mais avant ça, je veux qu’on discute. Où je peux te trouver ?
— Je peux venir chez toi.
— Surtout pas. Je ne veux plus jouer à ton jeu.
— Sauf si je décide de ne pas jouer, n’est-ce pas ? T’es aussi faible que je le savais.

Elle a raccroché.
Mais 25 minutes plus t**d, elle sonne à la porte.
Je l’ouvre, et elle est là.
— Je ne t'ai pas demandé de venir.
— Puisque je suis déjà là…

Elle est rentrée.
Je l’ai suivie dans la cour, pour garder mes distances.
Et là, j’ai senti.
Un désir. Un vrai. Comme avant.
Mais je ne suis pas amoureux d’Ela.
Qu’est-ce qui m’arrive ?

— Qu’est-ce que tu m’as fait, jeune fille ?
— Jeune fille ?
— Vas-y, j’écoute. Tu m’as fait quoi ?
— Je ne sais pas de quoi tu parles.

Elle s’est levée pour partir.
Je l’ai retenue par la main.
— Lâche-moi, s’il te plaît !
— Tu n’iras nulle part.

Je me suis levé, face à elle.
Et au lieu de colère, j’ai vu du désir dans ses yeux.
Je l’ai attirée contre moi.
Elle m’a embrassé.
J’ai perdu la tête.
Je l’ai traînée dans le canapé.
Je me suis perdu en elle.

Après, je ne pouvais plus parler.
Elle est partie.
Je pensais que mon mal était fini.
Mais non.
Le lendemain, Eliora est venue.
Même chose. Je suis resté de marbre.
J’ai compris.
Ce n’est pas un hasard.
Ce n’est pas une maladie.
C’est un sortilège.
Ela est derrière tout ça.

À suivre…

 Épisode 5: Les conséquences. Je ne m’attendais à rien d’inoubliable.  Mais ce que j’ai vécu ce soir va rester gravé en ...
29/05/2026


Épisode 5: Les conséquences.

Je ne m’attendais à rien d’inoubliable.
Mais ce que j’ai vécu ce soir va rester gravé en moi longtemps.

Je suis sous la do**he quand j’entends des pas dans la chambre.
Je ne m’inquiète pas. Je coupe l’eau, j’ouvre doucement la porte.
C’est Eliora. Elle me tourne le dos, elle ne m’a pas entendu.

Je m’approche sans bruit.
Elle sursaute quand je suis derrière elle.

Je pose une main sur son épaule.
Rassure-toi, c’est moi.
Elle se détend, puis colle son dos contre ma poitrine.

« Tu m’as manqué, Eric. »
«Terriblement. Je sais. Je suis là pour toi maintenant.
Qu’est-ce que tu veux ?
« Toi. »
« Alors prends-moi.»

Elle se retourne et m’embrasse.
Je lui rends son ba**er. Ses mains glissent, les miennes aussi.
Mais quelque chose cloche.

Depuis qu’elle est là devant moi, je ne ressens rien.
Aucune pulsion. Aucune envie.
Avant, juste sa présence me suffisait à perdre la tête.
Là, je suis vide. Et ça m’effraie.

«Eric, qu’est-ce que tu as ? »
« Hein ? Quoi ? »
«Tu as l’esprit ailleurs. »
« Non, désolé. Viens… »

Je l’emmène au lit.
Et là je panique. Mon corps ne répond plus.
Eliora passe une main sous ma serviette, maladroite, douce.
Tu as quoi aujourd’hui ? Une panne ?
Je ne sais pas ce qui m’arrive.

Je me laisse tomber sur le dos, les yeux au plafond.
La honte me brûle le visage. Je ne comprends plus rien.

Alors qu’elle voit que je baisse les bras, elle s’occupe de moi.
Elle insiste, elle me rassure, jusqu’à ce que je sois prêt pour elle.
Mais pendant tout l’acte, je ne ressens rien.
Pas une étincelle de plaisir. Pas une seconde d’oubli.
Peu importe comment elle me touche, comment elle me prend.
C’est la première fois que ça m’arrive.

Je me lève lourdement du lit.
Eliora s’endort presque aussitôt, épuisée.

Mon téléphone vibre sur la table de nuit.
Je regarde l’écran.
Un message de Ela.
Coucou Éric. Tu ne jouis plus ?

À suivre....

 Épisode 4 : Le messageLa nuit a été longue.  Je ne suis pas rentré. Je suis resté allongé dans le lit jusqu’à 3h du mat...
24/05/2026


Épisode 4 : Le message

La nuit a été longue.
Je ne suis pas rentré. Je suis resté allongé dans le lit jusqu’à 3h du matin.
Je regardais tantôt mes fenêtres, tantôt celles des voisins éteintes.
J’attendais un signe qui ne viendrait pas.

Mon problème n’est pas un chagrin d’amour, loin de là.

À 6h12, mon téléphone vibre.
Un message. Pas d’elle. Je le sais déjà.
Numéro masqué. Une seule phrase :

_"Si tu lis ça, c’est que je te connais encore un peu."_

Je me lève d’un coup, le cœur bat trop vite.
Ce n’est pas une excuse. Ce n’est pas un "je t’aime".
C’est pire. C’est une vérité.

---

Je sais qu’Eliora va se réveiller à 5h30, comme d’habitude.
Je ne sais pas si, comme moi, elle n’a pas fermé l’œil.

Eliora tourne dans son salon, verre d’eau à la main, comme si bouger allait faire taire sa tête.
Elle m’a bloqué partout hier soir.
Mais elle n’a pas bloqué son propre doute.

Le téléphone vibre sur la table.
Numéro inconnu.
Elle hésite 10 secondes. Elle ouvre mon message.

Le message est court. Trop court pour être une manipulation. Trop direct pour être un mensonge.

_"Tu m’as quitté pour ce que j’ai fait.
Je ne le nie pas.
Ce que tu ne sais pas, c’est pourquoi je l’ai fait ce jour-là.
Si tu veux savoir, donne-moi un rendez-vous.
Je ne te retiendrai pas si tu pars.
Mais si tu ne viens pas, tu ne sauras jamais."_

Elle relit trois fois, peut-être. Je ne sais pas.
Pas de supplication. Pas de chantage.
Juste une phrase qui perce : _tu ne sauras jamais._

Eliora ferme les yeux.
Elle repense à la scène d’hier soir.
Elle voit mon visage brisé.
Elle voit sa propre colère aussi.

Elle sait une chose : si elle y va, tout peut basculer.
Si elle n’y va pas, elle vivra avec cette phrase dans la tête.

Elle est peut-être en route.
13h.

---

J’ai attendu au seuil de son portail.
Aujourd’hui j’ai chômé.
Pas à cause d’une femme. Mais une autre fois vous saurez pourquoi elle est si importante pour moi, cette fille.

Je sais juste que c’est ma dernière chance de dire la vérité sans qu’elle passe pour une excuse.

Je pousse légèrement leur portail. J’entre.
C’est sa mère que je trouve.
Cette femme… elle m’offre un grand sourire, un accueil chaleureux.
On fait les saluts, le cérémonial, etc.
Après quoi, elle appelle Eliora. Ma seule raison d’être là-bas.

Elle arrive, l’air complètement désintéressé de ma visite.
Sa mère nous laisse tranquille.
Elle s’installe. Elle ne dit rien.

Moi : « Je suis venu pour te présenter des excuses. J’ai été distrait et un peu mal organisé dans ma vie ces derniers temps. Ce qui s’est passé, c’est une erreur, un imprévu. Je n’ai pas été résilient à cause des difficultés que je traverse ces derniers jours. »

Eliora : « Quel épisode de ta vie j’ai raté, Éric ? Dis-le moi. Tu traverses des choses dont je ne suis pas au courant ? »

Moi : « Oui. »

Eliora : « Ça alors ? Il y a longtemps que tu m’as sorti de ta vie, dis donc. »

Moi : « Jamais. Je ne voulais pas te contrarier. Avec tout ce que tu gères toi aussi, je ne voulais pas ajouter les miens. »

Eliora : « Éric, tu es méchant. »

Moi : « Excuse-moi. Je veux te parler en privé, Eliora. »

Eliora :« Nous sommes en privé. »

Eliora ne comprenait pas. Je voulais qu’on s’éloigne, si possible quitter la maison.
Au lieu de ça, elle m’emmène dans sa chambre.

Eliora : « Maintenant nous sommes en privé. »

Moi :« J’ai perdu mon boulot après avoir accumulé une grosse dette à la compagnie où je travaille, Eliora. »

Elle écarquille grandement les yeux.
Un sentiment de remords. Elle a eu pitié de moi.

Eliora :« Comment ça ? Et tu faisais comme si tout allait bien ? »

Moi : « J’ai découvert que mon ex et son frère aîné sont les gérants de la compagnie. »

Eliora : « Et alors ? »

Moi : « Elle m’a fait une proposition aujourd’hui. »

Eliora : « C’est pour ça qu’elle était là ? »

Moi : « Je n’en sais rien. Elle m’a proposé aujourd’hui de renouer les liens avec elle. En échange, la dette de 5 millions sera annulée. Si je refuse, mon salaire fera office de remboursement jusqu’à ce que la dette soit finie. »

Eliora : « C’est du n’importe quoi. Il faut porter plainte. D’ailleurs ce n’est pas elle qui dirige. Dis-le à son frère. »

Moi : « Son frère est au courant. Lui-même m’en a parlé hier soir. »

Eliora ne semble pas d’accord.
Ses sentiments haineux se transforment en pitié envers moi.
Elle me serre dans ses bras en me rassurant de trouver une solution.

Je lui caresse le bas du dos, puis bien ailleurs.

Eliora : « Pas chez moi, Éric. »

Moi : « Alors je t’attends ce soir chez nous, à la maison. »

À suivre...

*  –Épisode 3: La surpriseJe reste sur mes gardes.  Pour elle, je joue encore le rôle du gentleman parfait. Mais au fond...
23/05/2026

* –
Épisode 3: La surprise

Je reste sur mes gardes.
Pour elle, je joue encore le rôle du gentleman parfait. Mais au fond, je sais que je dois faire mieux. Me rattraper. Mériter une seconde chance.

Alors je prends mon courage à deux mains.
Je la retrouve dans la chambre, penchée sur mes chemises qu’elle plie avec calme.

« Que fais-tu ici ? T’as laissé ton ex seule au salon ? Ou bien… elle est déjà partie ? »

« Mon ex ? »

« Ou devrais-je dire, ton pneu de secours ? »

Sa phrase me transperce.
Pourquoi me parle-t-elle ainsi ?
Eliora ne répond pas. Mais au moins, le sujet est lancé. C’est ce que je voulais. Savoir ce qu’elle sait, ce qu’elle pense, ce qu’elle garde pour elle.

Je tente de relancer la conversation. Elle esquive.
Sans un regard, elle me dépasse et va à la cuisine. Elle commence à préparer le dîner.

Je la suis.

« Je voulais te préparer ta sauce préférée, pour te faire plaisir. »

« Tu avais l’air bien occupé ailleurs. »

Une migraine me saisit d’un coup.
Je m’effondre sur le canapé, juste pour échapper à cette tension qui m’étouffe.
De 18h à 20h, je dors d’un sommeil lourd. Un sommeil de fuite.

« Eric, debout ! »

Sa voix me réveille. Douce. Apaisante. Presque addictive.
Je reste un instant les yeux fermés, juste pour la laisser résonner.
Puis la réalité revient me frapper.

« Le repas est prêt, Eric. Viens. »

Ce qui me trouble, ce n’est pas sa colère.
C’est son calme.
Elle ne me reproche rien. Elle prend soin de moi comme si de rien n’était.
Ce n’est pas la Eliora que je connais.
Avant, elle aurait boudé pendant des jours.
Les gens changent-ils à ce point ?

On mange en silence. Elle sourit. Je force le mien.
Elle range tout, impeccable, comme si son rôle de femme au foyer lui revenait naturellement.
J’attends les reproches. J’attends la scène. Peut-être plus t**d, quand nous serons seuls.

La nuit tombe.
Je reste au salon, dans l’ombre.
Pas par peur d’elle.
Mais par peur de son silence. De cette neutralité qui me condamne sans un mot.

Je finis par me lever. Je suis un homme. Je n’ai pas à demander la permission pour rejoindre mon lit.
Je marche vers la chambre.
Elle m’intercepte.

« Je voulais m’assurer que tu ne dormais pas encore au salon. »

« Non. Je vais me coucher. »

« Pas avant de m’expliquer ce que ton ex venait faire ici. »

Je l’attendais.
« Elle était juste de passage. »

« Juste comme ça ? »

« Juste comme ça. »

« Hmm, Eric… Pour qui me prends-tu ? »
« Quand je suis entrée, j’aurais pu crier. Me battre avec vous deux. Mais je me suis dit que tu ne méritais même pas ça. Pas du tout. »

« Mais… »

Elle pointe le sol du doigt.
Une capote usagée, abandonnée au pied du canapé.

Pu**in.
Quand ai-je pu oublier ça ?
Même l’air de cette pièce semble me juger.

« Tu vois ? Au moins, vous auriez pu nettoyer vos traces. Mais non. Vous… »
Elle s’interrompt.
« Je ne sais même pas pourquoi je parle encore. »

« Eliora… »

« Ça suffit, Eric. C’est fini entre nous. »

Quoi ?
Elle rompt ?
Elle se retourne et part, sans attendre ma réponse.

Je reste figé, le cœur en vrac.
Et à ce moment précis, mon téléphone vibre.
Un message de Ela :

« Alors ? Tu as réglé ton problème d’infidélité ? »

Je comprends.
Tout ça n’était qu’un jeu.
Un piège bien orchestré.

À suivre....

 Episode 2 : Le Doute_Elle est arrivée au mauvais moment… et elle a tout vu_Je pensais avoir maîtrisé la situation. Héla...
22/05/2026


Episode 2 : Le Doute
_Elle est arrivée au mauvais moment… et elle a tout vu_

Je pensais avoir maîtrisé la situation. Hélas, Eliora venait de franchir le seuil, et son regard, chargé de réprobation, s’est gravé en moi à jamais.

Je ne saurais dire ce qu’il en est pour les autres, mais pour ma part, je mesure la portée de chaque écart que je commets. Et contre toute raison, je ne fais rien pour m’amender. Le plus cruel, c’est que j’en ai pleinement conscience.

Que suis-je en train de dire, au juste ?

« Tu n’es pas serein. »
« Non, Ela, je ne le suis point. »
Je me levai alors, et m’empressai d’endosser mes vêtements.

« Habille-toi ! »
« Que te prend-il, Eric ? Nous venions à peine de nous aimer, et voilà que tu te détournes ainsi ? »
« Écoute, Ela, ce qui s’est produit relève de l’imprévu, d’une faute. Sans vouloir te blesser, je n’avais nullement souhaité que les choses prennent cette tournure. »
« Qu’à cela ne tienne, je comprends. Après tout, telle est la vie. »

Nous achevâmes de nous vêtir, puis nous installâmes sur le canapé.

« Dis-moi donc ce qui t’amène ici. »
« Rien de particulier. Tout à l’heure, tu paraissais sincèrement engagé. C’est curieux, je me demandais… »
« Quelqu’un est entré, un instant. »
« Je te croyais seul en ces lieux. »
« Je le suis. Mais Eliora peut surgir à tout instant. Permets-moi de m’en assurer. »

Je n’eus pas le temps de me relever entièrement qu’Eliora, ma compagne, apparut sur le pas de la porte. Elle ne t**derait pas à saisir ce qui s’était joué en son absence. Fallait-il l’accueillir, tenter une explication, ou feindre l’innocence ?

Ela, quant à elle, demeurait impassible. Elle se contenta d’adresser à ma compagne un sourire ambigu, teinté de malice. Un sourire qu’Eliora jugea immédiatement suspect.

« Eric… »
« Oui, mon cœur ? »
« Tu es rentré plus tôt que prévu. Bonsoir, Tata, » dit-elle en se tournant vers Ela.
« Oui. Voici mon amie Ela. Je suis rentré plus tôt car nous avions une affaire à régler. »
« Ah, je vois. Je crois la connaître. Bon, je vous laisse. »

Tandis qu’elle s’éloignait, je lus dans ses yeux une haine contenue. Elle prétendait reconnaître mon ancienne flamme. Mais comment cela était-il possible ?

Je demeurai pétrifié aux côtés d’Ela. L’envie de courir après Eliora pour lui avouer ma faute me tenaillait, mais mes jambes refusaient de m’obéir.

« Eric, je dois vous laisser. »
« Ah… d’accord. Mais… écoute… je… »
« Inutile de t’inquiéter. Je sais que tu auras des comptes à rendre ce soir à ta soi-disant compagne. Je vous laisse. »

Ela s’éclipsa.
Je ne compris pas le sens de sa dernière phrase. Savait-elle exactement ce qu’elle venait d’orchestrer ? Était-ce un piège savamment tendu ? Je le savais. Certaines anciennes amantes ne pardonnent jamais, et Ela en est l’incarnation hypocrite et calculatrice. J’aurais dû m’en douter.

Ela venait de disparaître. Je restai là, perplexe, me demandant déjà ce qu’Eliora pensait de moi.

---

À suivre…
Et vous, que feriez-vous à la place d’Eliora ?

21/05/2026


Épisode 1 : L’Échappatoire

J’aurais aimé m’endormir et ne plus jamais rouvrir les yeux.
Ce sommeil-là était mon seul refuge, ma seule échappatoire à ce vide qui me rongeait.

Ce soir-là, je rentrais plus tôt que prévu. L’idée m’avait traversé l’esprit : lui préparer un plat, comme avant. Ça faisait longtemps que je n’avais pas surpris Eliora avec une de ces sauces dont elle raffolait. Je mettais déjà la casserole au feu quand mon téléphone a vibré.

Je me suis laissé tomber dans le canapé du salon, le cœur battant sans raison.
Un message.

« Coucou, tu es à la maison ? »
Ela. Mon ex.

Il y a des ex comme ça. On les enterre, et elles reviennent toujours frapper à la porte de ta mémoire. Par réflexe, j’ai répondu :
« Coucou Ela. Oui, je suis là. Quoi de neuf ? »

Cela faisait quatre mois que j’avais quitté le nouveau foyer de ma mère pour m’installer dans la maison de mon père. Quatre mois que je ne parvenais pas à me sentir chez moi. Même quand Eliora y passait des jours entiers, il manquait quelque chose. Cette maison me rappelait un père absent, parti refaire sa vie en Europe, entouré de visages plus jeunes que le mien. Je vous épargnerai aujourd’hui l’histoire de cette relation bancale.

Ela a répondu presque aussitôt :
« Tu es chez ta mère ou chez ton père ? J’ai entendu dire que tu t’étais installé seul. »
« Oui. C’est ça. »

Je restais là, figé, le téléphone à la main, à scroller sans but. Eliora ne viendrait probablement pas. Elle arrivait toujours quand elle le décidait, sans prévenir.

À 17h pile, la sonnerie du portail a retenti. Ce n’était pas elle. Eliora avait un double des clés.
Je me suis dirigé vers la grille, nonchalamment.

Et je l’ai vue.
Ela.

« Toi ici ? Qui t’a donné l’adresse ? »
« C’est comme ça que tu accueilles tes visiteurs ? »
« Désolé… Entre. » ai-je lâché, un sourire gêné aux lèvres.

Je l’ai conduite au salon. La voir m’a troublé. Pas seulement parce qu’elle était plus belle qu’avant, plus assurée. Mais parce qu’elle me renvoyait à la version de moi que j’avais voulu oublier. Celle qui l’avait blessée. Celle qui s’était enfui.

« Comment as-tu su que j’habitais ici ? »
« Tu as oublié, Éric ? Tu m’y avais emmenée une nuit. »
« Non… si. »
« Je vois. Tu as oublié ce qu’on a vécu ici. Cette nuit-là, il n’y avait pas de canapé. On s’était écroulés au sol… et après… »

Ses mots ont rouvert une porte dans ma tête. Un souvenir. Une odeur. Une chaleur.
Je suis un idiot. Je l’avais vraiment enfoui.

« Ça suffit, Ela. Je me souviens. Pardonne-moi pour tout ce que je t’ai fait subir. »
« Le passé est passé, Éric. Peu importe. Moi, je t’aime toujours. »
« Arrête. J’ai quelqu’un maintenant. »
« Je sais. Je passais juste te dire bonsoir. »

Un silence s’est installé entre nous. Gênant. Électrique.
Elle s’est rapprochée. Trop près. Mon souffle s’est coupé.
Avant que je n’aie le temps de réfléchir, ses lèvres ont trouvé les miennes. Ses doigts ont glissé sur ma ceinture.

Je n’ai jamais su résister à ça. Peut-être voulait-elle raviver l’ancienne flamme. Peut-être jouait-elle un jeu plus dangereux. Mais moi aussi, j’aime l’adrénaline. Le risque.

« Ela… qu’est-ce que tu fais ? Que veux-tu ? »
« Suis-moi, Éric. Juste suis le mouvement. »

Je me suis laissé emporter. Son ba**er, sa peau, la façon dont elle frémissait sous mes mains… tout m’a ramené quatre ans en arrière. J’ai repris le contrôle un instant.
« Stop. Laisse-moi mener la danse. »

Je l’ai écartée doucement, le temps d’aller chercher ce qu’il fallait, un préservatif. Quand je suis revenu, elle m’attendait. Le regard ne mentait pas.

Ce qui a suivi n’était ni raisonnable, ni prévu.
C’était brut. Chaud. Interdit.
Un rappel de ce que c’est d’être vivant quand tout le reste s’éteint.

Et au moment où nos souffles se sont mêlés, une seule pensée m’a traversé :
Si Eliora l’apprenait, c’était fini.

À suivre…

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